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 NOEL ♠ Parce que les amis, ça n'apparaît pas comme par magie.

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CE QU'IL FAUT SAVOIR
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MessageSujet: NOEL ♠ Parce que les amis, ça n'apparaît pas comme par magie.   Mar 9 Aoû - 16:36


Noel est un sang-pur, né le 13 janvier 2005 à Lerwick en Angleterre. D'ailleurs il y vit un peu partout puisqu'il habite dans une roulotte au sein d'une troupe de cirque. Aujourd'hui, Noel a donc 17 ans et est en septième année. Et juste pour ta culture personnelle, sache qu'il a un chat roux et blanc qui s'appelle Njut.

Il est bon de savoir que Noel est drôle, serviable, protecteur, courageux, attentionné, sympathique, ouvert, attentif et optimiste mais également impulsif, fainéant, complexé, lunatique, téméraire, rancunier, voleur, commère et enfantin. Il a des goût étranges, par exemple il aime la cartomagie, la prestidigitation, les jeux vidéos, la divination, les animaux, plaisanter, les ragots ou encore l'informatique alors qu'il déteste ses prénoms, se lever tôt, les cours, le sport, être surveillé, l'alcool, ne pas savoir et qu'on s'en prenne à sa famille.

Sa baguette est composée de bois d'Épicéa avec une plume de phénix et mesure 27,9 centimètres. Grâce à elle, Noel a le malheur de suivre les cours de Divination, Potions, Soins aux Créatures Magiques et de Sortilèges.

Noel Tinsel Shiver
feat. Luke Worrall

ET EN VRAI ?
J'ai 22 ans. Je suis arrivé(e) sur NYL je ne sais plus comment et je devrais être là en moyenne sept jours par semaine.


Tout le monde a une histoire

De : joyeuxnoel@gmail.com
A : magic.child@gmail.com

Objet : Re: Pas de secret entre nous ! ;-P

Sérieux, tu crains ! Quand j'ai dit que « j'aimais bien connaître la vie des gens », c'était genre « j'aime bien connaître les trucs intéressants de la vie des gens » pas toute leur vie dans les moindres détails ! Qu'est-ce que j'm'en fous, honnêtement, que tu sois né à 15h14 ou que tu aies perdu ta première dent à trois ans et demi... Surtout que pour le coup, je suis sûr que t'attends que je fasses pareil et que je te raconte tout dans les moindres détails. J'ai franchement pas envie de te raconter ma vie. Elle est trop bien pour toi, tu comprendrais pas. Bon, d'accord... Mais imagine pas que t'auras le droit à la même précision, je me souviens pas de l'heure exacte de ma naissance, et je n'irai pas faire chier mes parents pour un truc comme ça. Enfin je crois pas... Bien sûr, je te fais confiance, tu ne revendras aucune de ses informations quand je serais riche et célèbre. J'aimerais bien faire comme les agents secrets : cet e-mail s'autodétruira dans 60secondes, ce serait classe. Au pire, on pourra toujours trouver un truc pour que ce soit l'intégralité de ton ordi qui s'autodétruise, ça m'évitera d'avoir à céder à tes caprices une fois de plus. Non mais vraiment, est-ce que j'ai l'air d'avoir envie de raconter ma vie...

Bon... Je suis né le 13 Janvier 2005 à Lerwick, dans les îles Shetland, un trou paumé de même pas 8000 habitants. Je te laisse imaginer la scène, une ville plus au nord que tout ce que t'as jamais connu entre nos frontières, plus au nord que ça même, en pleine mer, et en plein hiver. Du vent, du froid, de la neige, bref le chaos total quoi. Y'a des gens, ils naissent dans des trucs de malade, genre les tropiques et tout, et y'en a d'autres c'est dans des coins dont les gens n'ont même pas conscience de l'existence tellement c'est pourri. Visiblement, j'étais quand même assez pressé de découvrir cette ville/village/tas de maisons parce que sur trois, j'ai été le premier à voir le jour. Un peu après, c'est ma sœur, January, et puis enfin mon frère, Snow. Tu noteras que dans la famille, on a pas eu beaucoup de chance à la loterie des prénoms. Ces quelques minutes de plus ont le mérite de faire de moi l'aîné de nous trois, après, je suis pas sûr qu'ils le voient de la même manière que moi – quelques minutes c'est quoi ? – mais il n'empêche que j'aime leur rappeler qu'on doit toujours écouter les plus vieux, tout ça tout ça. Ça marche pas trop bien, mais au moins on ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir essayé. Quand j'étais môme, j'utilisais le prétexte d'être le plus grand pour garder un œil sur les deux autres, j'avais encore à peu près le droit. Même maintenant, j'aime bien savoir où ils sont, ce qu'ils font... Va pas leur dire ça, j'suis sûr que ça hurlerait au scandale, au viol de vie privée !

Si on a hérité de prénoms de merde, c'est bien le seul truc pour lequel on a pas eu de chance. On a toujours vécu dans un milieu génial. Combien de gens peuvent dire qu'ils ont grandi dans un cirque, hein ? Nos parents ont tout fait pour nous faire aimer ça, et je crois qu'ils ont plutôt bien réussi. Enfin, plus ou moins. On est pas tous sur la même longueur d'ondes de ce côté-là, mais personnellement, c'est une vie qui me convient. Bien sûr, j'aurais bien aimé que ce soit un peu plus « normal » parfois, mais ça n'a jamais duré très longtemps. Dans le fond, je pense que c'est logique, on a grandi coupés du monde. On a jamais eu de vraie maison, et en dehors du reste de la troupe qu'on connaissait plus que bien, on a pas eu beaucoup contacts avec l'extérieur. On pouvait bien jouer avec les enfants qu'on croisait quand on se posait quelques jours mais on repartait presque aussi vite donc aucun lien, pas d'amis, rien de tout ça... En même temps, j'ai jamais vraiment cherché à avoir des copains que je verrais une fois dans ma vie et qui allaient disparaître par la suite. C'est peut-être de ma faute si j'ai jamais vraiment eu d'amis étant gamin... ? D'un autre côté, on a même pas été à l'école, dans une école comme toutes les autres en tout cas. Je dois reconnaître que c'est quand même difficile d'évoluer quand ton monde est aussi petit, surtout quand tu sais que tu vas rejoindre Poudlard par la suite. Tu ne peux que te demander comment tu vas réussir à la fois à vivre au même endroit pendant des années, mais également à tisser des liens avec les gens qui vont t'entourer alors que t'as jamais eu à le faire jusque là...

Parce que ouais, on a toujours su qu'on était pas « comme tout le monde ». Notre famille est sorcière depuis aussi longtemps qu'elle existe donc il n'y avait aucune raison qu'on ne le soit pas. J'ai toujours vu mes parents utiliser la magie, de toute façon, dans l'intimité de notre roulotte en tout cas puisqu'en dehors c'était plus compliqué. On a toujours eu conscience de l'existence des deux mondes, et on avait un peu un pied dans chaque. Je pense que c'est ça qui m'a poussé à me tourner instinctivement vers la prestidigitation. Le fait de vouloir faire comme mes parents, même si je n'avais pas de baguette magique. Bon, d'accord, j'ai toujours eu une très large préférence pour la cartomagie, ce qui s'éloigne beaucoup des « tours de magie » qu'ils faisaient grâce à leurs pouvoirs, mais c'était ce qu'il y avait de plus pratique, en tant que gamin, pour pouvoir m'entraîner tout le temps. Même aujourd'hui, je me balade jamais sans mon jeu de cartes dans ma poche, déformation professionnelle, je suppose. Et puis, c'est pas pour me jeter des fleurs, mais je suis devenu pas mal doué avec le temps. Déjà gamin, on m'a proposé de participer à l'un des plus grands concours mondiaux de magie junior. Mes parents ont accepté que je le fasse, et j'ai fini deuxième. D'accord, c'est pas premier, mais tout de même ! On était nombreux à participer en plus ! Par contre, c'était plus pour le plaisir de participer qu'autre chose parce que j'ai pas gagné grand chose : une coupe argentée qui est posée sur ma table de nuit à Poudlard, et quelques centaines de livres sterling bloquées sur mon compte jusqu'à mes dix-huit ans. Autant dire que c'est loin d'être la gloire et les paillettes, hein.

Par contre, tout le monde a cru que j'étais cracmol. Heureusement, personne ne semblait m'en tenir rigueur. L'idée me dérangeait pas tant que ça en même temps, Poudlard me semblait un peu flippant quand même. Avec le recul, j'ose pas trop imaginer ce que ça aurait donné loin de Snow et January pendant sept ans. Ca aurait été l'horreur ! Même si on est pas dans la même maison, leur présence est rassurante alors sans eux, je crois que j'aurais été complètement paumé. Finalement, ça n'a été qu'une hypothèse parmi tant d'autres puisque la magie à l'intérieur de moi a fini par se manifester quelques mois avant mes onze ans. Juste à temps pour recevoir ma lettre quoi. C'était beaucoup d'attente pour pas grand chose parce que c'était pas grandiose comme façon de faire mes preuves, tu peux me croire ! On se baladait quand j'ai entendu un petit « miaou », enfin c'était même pas « miaou » mais plutôt « miii », du coup je suis parti à la rechercher du chat qui miaoutait. J'ai fini à quatre pattes près d'une voiture à essayer d'attraper une minuscule boule de poils complètement terrifiée, mais manque de chance j'avais pas le bras assez long et ma mère râlait alors j'osais pas trop passer vraiment en dessous... Alors c'est le chat qui est venu jusque dans mes bras. Bon, il a pas trop compris le pauvre puisqu'il faisait des « miiii » pas content en essayant de se retenir au sol avec ses petites griffes. Bref, j'étais un sorcier quoi. J'ai finalement eu le droit de garder le chat à condition qu'il ne reste pas dans la roulotte mais j'arrive à truander parfois, je vais le chercher quand tout le monde dort et il reste sur mon lit. C'est pas de ma faute si on a pris l'habitude de se tenir chaud à Poudlard quand même !

Tu comprendras sûrement que le fait d'avoir des frères et sœurs, avec la vie qu'on a, c'est vraiment un point positif. Enfants, on était toujours fourrés ensemble, quand t'en voyais un, tu pouvais être certain que les deux autres étaient dans le coin. Et puis on a découvert un truc qui nous paraissait trop bien à l'époque – moins maintenant, hein – : on est capable de savoir ce que pensent les autres, mais genre au mot près quoi, mais c'est totalement aléatoire malheureusement donc on tombe souvent sur des trucs complètement inutiles. Après, je pourrais pas te dire si « j'entends » ce qu'ils pensent ou si « je le ressens » mais dans les deux cas, ça a jamais loupé. Le problème, c'est qu'ils sont capables d'en faire autant, donc faire tout le temps attention à ce que tu penses, c'est carrément pas possible. Par contre, au fil du temps, on a fini par s'éloigner un peu. On a pas du tout le même caractère, et pas forcément les mêmes envies ni rien donc bon... Je dois reconnaître qu'ils sont quand même un petit peu plus proches tous les deux qu'ils ne le sont avec moi, mais au final, ça me va. Ca me permet de faire autre chose, de temps en temps. Je passe pas mal de temps avec les animaux, j'avais pas trop le droit quand j'étais petit mais maintenant, j'ai parfois l'autorisation de m'en occuper. Quand je suis pas près des cages, je glandouille sur l'ordi, mon cadeau d'anniversaire et de Noël de mes 10ans, j'ai tellement enquiquiné mes parents pendant des mois qu'ils ont fini par céder. On a pas le wifi dans la roulotte, bien sûr, mais dès qu'on se pose quelque part, c'est la première chose que je cherche. D'un autre côté, c'est vrai que je les envie un peu alors c'est bien de passer du temps loin d'eux. Quand tu regardes, ma sœur est vraiment intelligente, toujours plongée dans ses bouquins, elle sait plein de choses sur plein de sujets, et puis elle est vraiment jolie, y'a toujours des gens qui se retournent sur son passage, où qu'on aille ; et puis mon frère, bah il est un peu tout ce que les filles peuvent espérer, non ? Il ressemble aux héros des films, viril, musclé, tout ça... Je suis sûre qu'elles doivent toutes tomber comme des mouches. Faut bien reconnaître que je risque pas de leur faire de l'ombre, hein...

Puisqu'on en est aux confidences, y'a un truc dont je suis vraiment pas fière mais bon... Je compte sur toi pour rien dire. Il y a quelques années, je me suis mis au vol à la tire, au début c'était juste pour distraire les spectateurs qui attendaient les numéros du cirque, ça amusait plutôt bien, et personne ne me surprenait jamais alors au bout d'un moment, j'ai trouvé un peu bête de n'en faire qu'un divertissement comme ça... J'ai tenté le même truc dans la rue, il y avait du monde, les gens faisaient attention à rien, c'était un peu effrayant mais super excitant en même temps. Le gars à qui j'ai poqué le porte-feuille n'a rien remarqué, et du coup, j'avais un peu l'impression d'être le roi du monde. J'le fais pas souvent, hein, juste pendant les vacances de fin d'année parce que j'ai toujours envie de faire des jolis cadeaux de Noël et d'anniversaire à tout le monde et que j'en ai pas franchement les moyens autrement, et parfois lors des sorties à Pré-au-Lard quand j'ai plus d'argent de poche. Mes parents m'ont pas grillé encore, ils doivent sûrement penser que je sais merveilleusement bien économiser l'argent qu'ils nous donnent quand on est à l'école... Heureusement d'ailleurs, je me ferais massacré s'ils savaient, c'est sûr et certain. Jan' et Snow, je sais pas trop, pour être honnête. C'est plus difficile de leur cacher des trucs donc peut-être qu'ils se doutent de quelque chose, mais après, ils peuvent pas avoir de preuves donc c'est pas dramatique non plus. Enfin je crois... Pas un mot, hein... ?

Enfin voilà... Je crois que j'ai tout dit. Tu ne pourras pas dire que j'ai pas joué le jeu ! Je sais même pas combien de temps j'ai passé à t'écrire ce pavé de dix kilomètres... Une heure et demi ou deux heures, je pense, parce que j'entends qu'on met la table là... Il est déjà l'heure de manger ! J'espère en tout cas que ça t'ira, que j'aie pas fait tout ça pour rien, quand même. Je ne doute pas de ton exigence alors autant prévenir. Bon courage pour la lecture, tu vas en avoir pour un moment. N'hésite pas à m'imaginer en train de ricaner derrière pendant que tu te tues les yeux sur ton écran, c'est un peu ça. Passe une bonne fin de soirée. Et par pitié, évite de tiquer sur ce que je dis et de le retourner contre moi comme ça, c'est pas cool !

Noel


Famille et compagnie

Jaden Shiver, trapéziste et ancien Gryffondor, a gardé quelques séquelles de son éducation de Sang-Pur, telle que son exigence et sa fierté souvent mises à mal par sa progéniture... Il n'en est pas moins un homme très amical et un peu excentrique. Son cirque est toute sa vie et il n'a pas hésité une seule seconde à quitter le monde magique pour cette vie marginale qu'il n'abandonnerait pour rien au monde. Il a eu un peu de mal à voir ses enfants partir à Poudlard, et n'a pas caché son espoir que Noel soit cracmol alors que son onzième anniversaire approchait sans la moindre trace de pouvoir magique, imaginant déjà que l'un d'eux resterait au cirque malgré tout. Il ne lui tint pas rigueur de son espoir déçu et fut ravi de voir les signes de magie se manifester chez son aîné, bien qu'un peu tardivement. Ces dernières années, il a en tête de faire prendre conscience à sa progéniture qu'il leur faudra un jour reprendre le flambeau et, après avoir cru voir en Snow le jeune Shiver idéal, il a vite compris que celui-ci souhaitait davantage qu'un cirque, il s'est donc naturellement tourné vers Noel qui semblait à sa place dans leur univers particulier. Depuis, il n'hésite pas à mettre toute la pression du monde sur les épaules du jeune garçon, attendant simplement qu'il finisse par accepter purement et simplement de prendre la direction du cirque quand son père n'aura plus la possibilité de le faire.

Hannah Shiver a marqué les esprits de ses camarades lors de sa scolarité à Poufsouffle tant elle est hors du commun, mais pas forcément dans le bon sens... C'est une femme à part, joyeuse et adorable, vivant souvent dans un monde parallèle qui n'appartient qu'à elle, et elle se fiche pas mal de ce que les gens peuvent en penser. Aussi loin qu'il puisse se souvenir, Noel ne l'a jamais vu s'énerver, et elle prône l'amour et l'entente à tout va. Elle a toujours inventé des histoires abracadabrantes à ses enfants pour les endormir le soir, histoires que l'aîné des triplés réclame souvent de réécouter quand un moment calme se présente au sein de la famille. Son instinct maternel supporte mal le fait que Snow et January grandissent et se montre plus indépendants au fil du temps, mais elle se rassure en voyant que Noel traîne encore souvent dans ses jupons et se laisse dorloter comme lorsqu'il était gamin. Ils en profitent aussi bien l'un que l'autre, et une vraie complicité s'est installée petit à petit. Elle cherche à lui transmettre tout ce qu'elle peut savoir et apprécier, et il s'y intéresse avec bonheur. Lorsqu'ils étaient petits, Hannah cousait elle-même les vêtements de ses enfants, et continue encore aujourd'hui, tout du moins pour les costumes de scène de Noel, qui adore tout simplement le travail de sa mère et qui ne se verrait pas aller voir ailleurs pour cela. C'est un vrai fils à maman, et il l'assume parfaitement.

January Holly Shiver & Snow Storm Shiver sont les triplés de Noel, nés quelques minutes après lui, et ils ont tous les trois une connexion un peu particulière leur permettant parfois de savoir ce qu'ils pensent, une chose intéressante mais pas forcément facile à vivre. Ils sont toute sa vie et même s'ils sont aussi différents qu'on puisse l'être, ils ne se verraient pas vivre les uns sans les autres. Malheureusement, avec le temps, l'aîné a fini par s'éloigner un peu des deux autres. Il ne comprend pas vraiment le problème que leur pose la vie itinérante que leur impose le cirque puisque lui ne se verrait pas vivre autrement. Il n'a pas grand chose en commun avec son frère et sa sœur, et n'a pas non plus grand chose à leur dire quand il se retrouve seul à seul avec l'un d'entre eux sans but précis mais ça ne les empêche pas de s'entendre à merveilles et de passer autant de temps ensemble que possible. Après, il est vrai qu'il les envie un peu, Snow parce qu'il est grand et fort, qu'il ressemble un peu à l'image de « garçon idéal » qu'il se fait et à laquelle lui-même ne ressemble en rien ; et January parce qu'elle est belle et intelligente et que tout le monde s'accorde sur ce point. Vivre dans l'ombre de sa fratrie, ombre qu'il s'invente peut-être un peu, n'est pas chose facile mais il commence un peu à s'y faire et ne leur en veut absolument pas. Son rôle d'aîné le pousse à garder un peu un œil sur eux, sans qu'ils en aient forcément conscience...


La première fois ici

Les rues de Londres défilaient devant les yeux du jeune Noel, dont le visage était collé à l'une des vitres depuis que la famille était entrée dans la capitale. Ce n'était pas la première fois qu'il mettait les pieds en ville, bien sûr, mais aujourd'hui était un jour particulier et les bagages qui peuplaient l'intérieur de la roulotte n'avaient de cesse de le rappeler à qui pouvait les voir. Pour la première fois de leur courte existence, les triplés Shiver allaient faire leur entrée à Poudlard, la grande et belle école Poudlard. Il n'en avait pas vraiment rêvé jusqu'à faire ses courses de rentrée au Chemin de Traverse, depuis tout s'était accélérer et il n'avait plus qu'une idée en tête : découvrir tout ce que le château avait à offrir. Ses parents l'avaient prévenu, il ne pourrait pas emmener ni ordinateur ni jeux vidéos puisque les objets moldus n'y fonctionnaient pas mais ça ne le dérangeait pas plus que ça. Probablement parce qu'il n'avait pas encore conscience qu'il ne rentrerait pas avant longtemps... Des gens posaient des regards surpris et curieux sur leur habitation, qui ralentissait tranquillement à l'approche de la gare King's Cross, mais le jeune garçon n'en avait que faire, trop excité à l'idée de ce qui l'attendait. January semblait avoir tous les malheurs du monde sur les épaules, ce qui ne le perturba pas plus que ça. Son regard se posa sur son frère et il fut rassuré de voir que lui, non plus, ne semblait pas dérangé par tout ce qui arrivait depuis ce matin. Njut miaouta dans son sac de transport quand Noel le mit sur son épaule et gigota un peu, mais le pauvre n'avait pas le choix pour l'instant... Il sauta hors de la roulotte et afficha un sourire des plus ravis.

« Dis, tu veux bien porter ma valise Snow ? Elle est bien trop lourde pour moi. »

Il leva les yeux au ciel et courut aller chercher un chariot à bagages dans la file des chariots à bagages qui attendaient plus loin pendant que son père criait quelque chose à son intention, quelque chose qu'il ne prit pas la peine d'écouter. Il revint fièrement auprès de ses proches et y installa sa valise avant de s'asseoir dessus, attendant sagement qu'on le pousse comme s'il avait encore cinq ans. C'était la première fois de sa vie, du moins le pensait-il, qu'il prenait le train, et tout lui semblait incroyable. La gare, les gens qui marchaient tous hâtivement dans la même direction, les taxis qui pullulaient un peu partout, les bruits qui lui parvenaient de loin... Son cœur battait un peu plus vite qu'à la normale, et il sentait une petite angoisse mêlée d'excitation le prendre pour victime. Le temps donnait l'impression de s'être arrêté. Manque de chance, la douce voix de sa sœur le ramena à  la réalité.

« Tu veux pas aller chercher un deuxième truc au lieu de faire l’enfant ? »

Il posa correctement le sac de Njut sur ses genoux, afin de bien lui montrer que non, il n'avait pas l'intention d'aller en chercher un deuxième. Et puis, c'était une valise, pas non plus une maison, qu'il avait posée dessus. Elle ne prenait pas toute la place sur son chariot, et il n'était pas gros au point de prendre toute celle qu'il restait. Il s'attendait à entendre sa sœur dire que sa valise méritait bien un véhicule à elle toute seule, mais dans ce cas, elle pouvait aller le chercher toute seule. Et puis, il ne faisait même pas l'enfant ! Il voulait juste profiter des derniers moments hors de Poudlard pour ne pas avoir à être totalement grand, il avait le droit. Elle n'était pas très amusante quand elle faisait sa chef, comme ça...

« Y'a encore de la place, hein. » lui fit-il simplement remarquer avant de lancer un regard suppliant à son père pour qu'il accepte de le pousser jusqu'au train.

Snow installa sa valise sur le chariot sous les yeux d'un Noel impassible. Il n'avait pas l'intention de bouger plus qu'il ne l'avait fait jusque là. Il s'était occupé de sa malle, et même d'aller chercher le chariot, alors il n'allait pas en plus le faire avec les affaires des autres ! Non pas qu'il n'aimait pas les aider quand il le pouvait, bien sûr, mais là ça faisait beaucoup pour une seule matinée, et les valises étaient lourdes alors autant que quelqu'un d'autre s'en occuper. De toute façon, il fallait qu'il ne fasse pas trop de gestes brusques parce que Njut pendait négligemment à son épaule quand il était debout et qu'il ne devait pas trop aimer ça. C'était facile d'espérer qu'il bouge son popotin toutes les deux secondes pour faire le travail des autres, mais il y avait son chat dans l'histoire ! Personne n'y faisait attention à cette pauvre petite bête...

" Si tu dégageais du chariot, il y aurait de la place pour nos trois valises. Vous me fatiguez tous les deux, y'en a pas un pour rattraper l'autre."

Il le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il attrape un deuxième chariot et leva le nez en l'air, comme s'il boudait, alors que dans le fond, il s'en fichait éperdument. Son frère posa la dernière valise sur le nouveau chariot et décida de s'en occuper pendant que sa sœur allait se placer près de lui avant de hurler afin d'attirer l'attention de leurs parents qui étaient trop occupés à regarder ce qu'il y avait à regarder pour se soucier de ce qu'ils avaient fait jusque là. Ils finirent heureusement par les rejoindre, commençant d'abord par suivre leurs deux plus jeunes enfants. Mais voyant que Noel n'avait pas bougé de son chariot, et qu'il attendait toujours à l'endroit où on l'avait laissé, Jaden Shiver lâcha un soupir exaspéré et finit par venir pousser le chariot sur lequel son fils aîné était toujours assis. On ne pouvait pas espérer un enfant parfaitement normal dans une famille comme celle-là, il fallait assumer.

« C'est parti ! »

Ils entrèrent enfin dans la gare, où régnait un brouhaha pas possible... Combien de ces gens allaient au même endroit qu'eux ? Peut-être qu'il voyait sans le savoir ses futurs camarades, ou les meilleurs amis qu'il aurait au monde. Les seuls, aussi... Son chat s'agita, effrayé par l'atmosphère tendue et pressée qui s'était installée dans l'immense hall, si bien qu'il gratta du bout du doigt le petit grillage du sac dans l'espoir de le calmer. Un dernier miaou puis il se coucha silencieusement. Victoire ! Pendant ce temps, son père s'était dirigé vers les voies neuf et dix. Sur son billet, il avait bien vu qu'il y avait écrit 9 ¾ , sauf que c'était écrit nulle part. Il y avait neuf et dix. Dix et neuf. Rien d'autre. Noel fronça les sourcils, son regard passant du panneau neuf au panneau dix, comme s'il allait apparaître comme par magie un nouveau panneau au milieu. Inutile de dire que ça n'avait pas marché.

" Et ... on fait quoi maintenant ? Il est où votre quai 9 3/4 ?"

Son frère marquait un point. Les gens autour d'eux ne semblaient pas déranger par la non-existence d'un petit bout de voie supplémentaire. Peut-être qu'il y avait eu une erreur d'impression, que ce n'était pas voie 9 ¾ mais que leur train était à 9h45 et qu'ils l'avaient loupé ? Parce qu'à bien y regarder, il n'y avait pas de grosse locomotive rouge comme leur avaient raconté leurs géniteurs. Et une grosse locomotive, ça ne passait pas inaperçu dans une gare où tous les trains étaient gris et moches. Non pas que le rouge était forcément beau, mais c'était mieux que le gris sale.

« On va traverser le mur, là. »

L'aîné des enfants Shiver ne put s'empêcher de ricaner en entendant sa sœur déclarer un truc aussi stupide avec un sérieux aussi grand. Les murs, c'était du dur, ça ne se traversait pas. Tout le monde savait ça ! Pourtant, un regard à ses parents lui apprit que c'était bien ce qu'ils comptaient faire. Son père hocha la tête d'un air entendu et commença à marcher droit entre les deux murs, poussant toujours le chariot sur lequel il était assis. Il se retourna brusquement, jetant un regard désespéré à son frère et à sa sœur, ses yeux grand ouverts sous l'inquiétude qui l'avait soudainement assailli. Il espérait que l'un des deux ne l'arrête mais voyant que rien ne venait, il ne put que se résoudre à regarder le mur approcher bien trop vite à son goût.

« Aïe ! » hurla t-il par anticipation alors qu'il s'attendait à se le recevoir en pleine tronche.

Il rouvrit prudemment ses paupières quelques secondes plus tard en réalisant qu'il n'avait rien, qu'il n'y avait pas eu la moindre collision. Bref, qu'il était en vie. Il venait de passer au travers d'un mur... D'un mur dur. Au travers, comme ça, PAF ! Il cligna des yeux plusieurs fois tout en reprenant ses esprits et s'intéressa enfin à ce qu'il y avait autour de lui. Un véritable quai de gare contre lequel reposait une incroyable locomotive rouge et fumante dont les panaches de fumée s'envolaient jusqu'au plafond. C'était une vraie petite gare dans la gare. C'était un truc de dingue ! Des dizaines et des dizaines de familles étaient en train de se dire au revoir au milieu de tas de valises et de hiboux en cage hululant avec désespoir. C'était donc là que sa vie allait s'arrêter, et dans ce train qu'elle recommencerait. Il allait aller à Poudlard. Si ce matin, il avait du mal à le réaliser, là, il commençait un peu à paniquer, d'autant plus que Snow et January n'étaient toujours pas dans son champ de vision. Il devrait quitter ses parents, quitter le cirque, quitter sa roulotte... Il fourra la main dans la poche de son blouson et serra de toutes ses forces le jeu de cartes qu'il y avait glissé avant de descendre de chez lui. Son père n'avait pas pris la peine de s'arrêter avant d'avoir atteint la porte du wagon le plus proche. Noel descendit de son chariot et attrapa sa valise, un peu à contre-coeur, juste au moment où ses deux autres tiers fendaient la foule jusqu'à eux. Il était sauvé ! L'heure tournait, malheureusement, et les adieux furent expédier. Un bisou sur la joue de son père, un câlin à sa mère et il grimpa dans le train en tirant sa valise derrière lui. Celle-ci traînait sur le sol, empêchant quiconque de passer dans le petit couloir, mais il s'en fichait pas mal. Un au revoir de la main au travers de la vitre du corridor et le train s'ébranla. Il eut juste le temps de rejoindre son frère et sa sœur dans le compartiment qu'ils avaient trouvé et de se laisser tomber sur la banquette...

Une banquette qu'il ne quitta pas de tout le trajet. Les heures s'étaient écoulées lentement au milieu des discussions en tout genre et de la curiosité naissante sur ce qu'était réellement Poudlard. S'il y avait bien une question qui revenait sans cesse dans son esprit, c'était celle de leur future maison. Bien entendu, ils ne pouvaient pas être séparés aussi Noel n'envisageait pas un seul instant qu'ils puissent se retrouver dans des maisons différentes, on ne pouvait pas séparer des triplés, ça ne se faisait pas. Heureusement, le train s'arrêta totalement pendant qu'il finissait de d'enfiler son uniforme, ce qui signifiait que l'incertitude était bientôt terminé. Il attrapa Njut, qui dormait paisiblement sur un siège, et le fourra négligemment dans son sac dans un Shhhh mécontent. Il savait très bien qu'il fallait laisser bagages et animaux dans le train, que les gens de l'école allaient s'en occuper à sa place... Mais c'était difficile. Il n'aimait pas beaucoup l'idée de laisser son chat à des mains inconnues, d'autant plus qu'il était encore tout petit... Il jeta un dernier regard à sa boule de poils et se glissa dans l'unique couloir du train, avec January et Snow.

« J'ai hâte de voir notre dortoir ! » adressa t-il à son frère tandis qu'ils avançaient doucement vers la sortie, emportés par le flot des élèves. « Enfin une chambre sans fille ! »

A peine eut-il terminé sa phrase qu'il reçut une claque derrière la tête. Il sursauta et se frotta instinctivement. Il n'avait pas besoin de se retourner pour savoir de qui cette attention venait, et il afficha un sourire satisfait. Il aurait pu mettre sa main à couper quant à la réaction de sa sœur, c'était tellement évident qu'elle allait prendre la mouche et lui faire savoir son mécontentement... C'était toujours amusant de l'enquiquiner, elle ne marchait même plus, elle courrait. Systématiquement... Elle en profita pour lui rappeler qu'elle avait des oreilles et il ne put s'empêcher de rire de concert avec Snow. Il n'eut pas le temps de répliquer qu'il fallait descendre du train. Il le fit prudement et tendit machinalement sa main à sa sœur pour l'aider à en faire de même avant de se diriger là où on appelait les première année. Sur les rives du lac... Drôle de tradition. Là, des petites barques les attendaient et ils y prirent place sans un mot, se contentant de faire comme le reste des élèves. Au loin, il voyait les plus grands s'avancer vers des calèches, mais rapidement, il n'eut plus rien à faire des plus grands tant le spectacle qui s'offrait à lui était merveilleux. Un immense château, comme ceux des chevaliers, percé d'une multitude de minuscules fenêtres venait de se dresser d'un coup à l'autre bout de l'étendue tranquille. On entendait des murmures émerveillés s'élever des autres barques, et le jeune garçon ne pouvait que comprendre pourquoi... Malheureusement, la balade eut une fin et leur embarcation s'arrêta sur l'autre rive. Noel sauta à bas de celle-ci, avec la vague aide de son frère, et leva les yeux, grisé par le vertige que lui procurait la vue de la gigantesque école. Il n'eut pas le temps de s'attarder bien longtemps que la foule se pressait dans un souterrain en pente, qui montait au travers de la roche. Le château était à portée de main ! Dans quelques secondes à peine ils y seraient enfin !

« Vous croyez que c'est vrai qu'ils disaient quand on attendait la barque ? Que cette année c'est plus le Choixpeau mais un truc genre une bataille contre un dragon et tout, pour savoir notre maison ? »

C'était peu probable en soi, mais l'idée était suffisamment alléchante pour qu'il daigne y porter tout l'intérêt qu'elle méritait. Il s'imaginait déjà, armé de sa baguette de laquelle il n'avait jamais rien obtenu jusque là, face à un dangereux dragon. Bien sûr, il s'en sortirait à merveille et terminerait sa scolarité à Gryffondor, comme son père, tant il aurait impressionné les juges. Jeune et inexpérimenté, il parviendrait à vaincre un dragon adulte, comme l'avait fait le célèbre Harry Potter quelques années plutôt. Après quatre ans d'études, certes... Mais ça ne faisait rien, Noel Shiver ferait mieux ! En fait, Gryffondor, ce serait bien... Snow lui fit par de son aversion pour ces créatures, ce qui le fit soupirer d'un air déçu. S'il commençait à contre-carrer ses plans d'avenir pour eux trois, il n'était pas sorti de l'auberge.

« J’ai aucune chance si c’est ça… Et si jamais on est pas ensemble ? » lâcha finalement January.

S'il ne répondit pas, il n'acceptait pas l'idée pour autant. Sa gorge se serra brusquement tandis qu'il s'efforçait de s'imaginer sans les deux personnes qui faisaient qu'il était entier. Déjà, ils seraient obligés de passer les nuits loin les uns des autres puisque même s'il en plaisantait un peu plus tôt, il lui faudrait s'habituer à l'absence de sa sœur dans sa chambre, mais s'ils n'étaient même pas dans la même maison... Il était certain que l'oxygène allait finir par lui manquer dans un tel cas ! Mais de toute façon, le Choixpeau prenait en compte ce qu'il voulait, non ? C'était une rumeur qui courait, et il était prêt à la croire sur parole pour un peu qu'elle lui permette de rester avec eux. Snow attrapa la main de la jeune fille et prononça des paroles rassurantes, disant que l'école ne les séparerait pas, paroles auxquelles il hocha la tête avant de passer un bras autour des épaules de chacun, lâchant malgré tout un soupir.

« C'est clair ! Si vous pensiez pouvoir vous débarrasser de moi comme ça, vous vous mettez le doigt dans l'oeil ! » rit-il dans l'espoir de détendre un peu l'atmosphère.

Le groupe des nouveaux arrivant émergea du souterrain et pénétra dans l'incroyable hall de l'école. Les murs interminables étaient recouverts de tableaux en tout genre, et des escaliers grimpaient dans tous les sens aussi haut qu'il pouvait le voir. C'était impressionnant. On se sentait incroyablement petit ainsi face à la grandeur de Poudlard. Insignifiant. D'un coup, la pensée inquiétante qu'il ne retrouverait jamais Njut dans un tel château lui traversa l'esprit. Au même moment, la main de January se glissa dans la sienne, comme si elle avait senti son trouble. Bien sûr, c'était probablement plus dû à leur entrée dans la Grande Salle juste en face d'eux qu'à l'avenir de son pauvre chat mais ça ne faisait rien. Il la serra doucement et se pencha vers elle pour déposer un baiser sur sa joue. Dans quelques secondes, ils sauraient si leur destin allait être brisé ou non. Il n'y avait pas trop cru avant que les craintes de sa sœur ne résonnent dans le souterrain, mais maintenant qu'elle en parlait... Des élèves étaient assis de chaque côté d'eux et les regardaient avancer dans la pièce comme s'il s'agissait de bêtes de foire. Il avait l'habitude d'être sous les feux des projecteurs, si bien que ça ne le dérangea pas outre mesure mais l'angoisse qui commençait à monter quant à l'issue de cette cérémonie l'empêcha totalement de profiter du décor qui s'offrait à eux. Ils s'arrêtèrent finalement devant un petit tabouret sur lequel attendait un vieux chapeau tout rapiécé. Dommage, il n'y avait pas la moindre trace de dragon... Même pas d'un bébé dragon...

« Ça va être qui en premier ? »

D'un signe de tête, accompagné d'un sourire désolé, il lui fit comprendre que c'était elle qui s'y collerait la première... Ensuite, ce serait à lui de monter les quelques marches et de s'installer sur le siège qui se présentait à eux tout en priant tout ce qui pouvait exister de grand et fort dans l'univers pour terminer dans la maison où elle aurait atterri... Encore faudrait-il par la suite que Snow les rejoigne... L'espace d'un instant, ça lui parut impossible. C'était comme si l'évidence venait de lui tomber sur la tête : ils ne seraient pas ensemble. Les larmes lui montèrent aux yeux et il serra un peu plus la main de sa sœur dans la sienne. L'appel commença, et une fillette blonde monta d'un air apeuré. Qu'il la comprenait ! Son cœur battait à tout rompre, au point de lui faire mal, comme s'il voulait fuir son corps pour ne pas assister à ce qui allait suivre. Bien sûr, il restait encore pas mal d'enfants à répartir mais tout de même ! Si c'était pour être séparés de ses deux tiers, le temps passait de toute façon bien trop vite.

« Je vous aime très très fort. »

Ils répondirent à sa déclaration, ce qui lui tira un sourire rassuré. Tout irait pour le mieux, parce qu'ils étaient là, et qu'ils y seraient pour toujours. Les élèves continuèrent de passer sur le tabouret et lorsque ce fut le tour d'une rouquine, plutôt jolie d'ailleurs eut-il l'occasion de remarquer malgré le stress qui nouait son estomac, Snow et January se mirent à chuchoter mais il n'y prêtait pas attention. Muquelquechose qu'elle s'appelait. M donc... Il restait N, O, P, Q, R... Cinq lettres avant qu'ils ne soient appelés les uns après les autres. Cinq lettres, ça allait affreusement vite. Il commençait à se sentir un peu nauséeux et un poids était tombé sur sa poitrine, l'empêchant de respirer à son aise. C'était un peu le bazar... Il voulait rentrer à la maison. Sa magie lui suffisait largement, pas besoin d'apprendre à utiliser un morceau de bois ! Plus les enfants étaient envoyés dans les différentes maisons, plus il s'accrochait à la main de sa petite sœur. Malheureusement, il lui faudrait bientôt se résoudre à la lâcher, et cet affreux instant se présenta plus rapidement qu'il ne l'aurait jamais imaginé...

« Shiver, January Holly ! » appela t-on enfin.

Ce n'était pas la première fois qu'il entendait le nom de sa sœur prononcé à haute voix mais ce fut la première qu'il manqua de défaillir. Il lui lança un regard qu'il voulait rassurant mais qui trahissait toute la panique qu'il pouvait ressentir à cet instant. Il tâchait de respirer calmement, de se rassurer en se disant qu'il n'aurait qu'à demander gentiment au Choixpeau de l'envoyer dans la même maison qu'elle, et comme il n'aurait pas le cœur à les séparer, il n'hésiterait pas une seule seconde... Elle s'avança dignement, comme la January qu'il connaissait depuis toujours. Elle avait l'air d'une princesse mal fagotée, parce qu'il fallait avouer que l'uniforme n'allait à personne, mais elle était finalement bien dans le décor. Après quelques secondes, le Choixpeau s'écria « Poufsouffle », et Noel suivit sa sœur du regard jusqu'à ce qu'elle aille s'asseoir à la table des jaunes et noirs. Il croisa son regard et lui chuchota un « J'arrive ! » en espérant qu'elle parviendrait à lire sur ses lèvres. Bien sûr, qu'il allait arriver ! Il n'avait pas le choix...

« Shiver, Noel Tinsel ! »

Il grimaça malgré lui et mit une petite tape sur le bras de son frère avant de slalomer à son tour entre les quelques élèves qui attendaient encore leur tour. Il grimpa les marches, se demandant comment il faisait pour rester debout tant ses jambes tremblaient. Jamais il ne s'était senti aussi mal. L'angoisse était à son apogée, il avait peur, vraiment peur. Une boule venait de se former dans sa gorge et la dernière image qu'il eut avant que le Choixpeau ne lui tombe devant les yeux fut le regard de sa sœur fixé sur lui.

« Je veux aller à Poufsouffle. S'il vous plait, envoyez-moi à Poufsouffle. Je vous en supplie, y'a ma sœur, je veux être avec ma sœur. » pensa t-il de toutes ses forces.

Il ne lui restait plus qu'à attendre que le Choixpeau Magique exauce son souhait et qu'il puisse rejoindre January à la table des Poufsouffle. Ou pas...

QUESTION DU CHOIXPEAU
Une personne pas douée tombe dans le lac noir, malheureusement, il est le seul témoin de la scène, que fait-il ? – Il plonge sans réfléchir une seule seconde et fait son possible pour la ramener sur la terre ferme.


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MessageSujet: Re: NOEL ♠ Parce que les amis, ça n'apparaît pas comme par magie.   Lun 15 Aoû - 21:51


                         
Fursy est un né-moldu, né le 18 avril 2006 à Rochdale en Angleterre. D'ailleurs il y vit toujours. Aujourd'hui, Fursy a donc 16 ans et est en sixième année. Et juste pour ta culture personnelle, sache qu'il a un rat blanc taché de beige et de noir qui s'appelle Bretzel.

Il est bon de savoir que Fursy est enthousiaste, imaginatif, curieux, cultivé, rêveur, généreux, autonome, intelligent, débrouillard  et franc mais également distrait, possessif, envahissant, violent, secret, téméraire, trop confiant, impulsif, insolant, railleur, autoritaire et pédant. Il a des goût étranges, par exemple il aime bouger, l'internat, « Pourquoi ? », sortir la nuit, rêvasser, écrire,   se sentir libre, être entouré, le football,  le Quidditch ou encore sa demi-soeur alors qu'il déteste la culpabilité, les photos de sa mère, Rochdale, rentrer à Rochdale, l'odeur du désinfectant, les vestiaires communs, être mis à l'écart, l'heure du courrier, les injustices, la vraie vie et la génétique.

Sa baguette est composée de bois de Chêne avec un coeur en ventricule de coeur de dragon et mesure 34,2 centimètres. Grâce à elle, Fursy a le malheur de suivre les cours d'Astronomie, DCFM, Étude des Runes, Potions, Sortilège et de Vol.




Fursy Garrett Overton
feat. Cameron Monaghan

ET EN VRAI ?
J'ai 23 ans, mais peut-être que tu le sais déjà parce que je suis Noel T. Shiver. Je suis arrivée sur NYL je ne sais plus comment et je devrais être là en moyenne sept jours par semaine. Avant de finir j'aimerais juste rajouter que j'avais dit "pas deux".


Tout le monde a une histoire

La première image que le monde offrit au jeune Fursy Overton fut simplement la chambre parentale de l'appartement miteux que louaient Garrett et Eliza dans un immeuble en décomposition, quelque part à Rochdale. Madame attendait que Monsieur vienne la chercher pour la conduire à la maternité mais lui n'avait pas entendu les choses de cette oreille et était fourbement arrivé entre la fenêtre et le lit. Personne ne lui en tint rigueur et cet enfant unique prit rapidement la place centrale du foyer. Il n'avait pas vu le jour dans la famille la plus riche du pays, la fin du mois commençait deux semaines après le jour de paye en général, mais il était traité comme un véritable prince au bas niveau de ses géniteurs et n'a jamais manqué de rien. Les premières années de sa vie furent absolument parfaites, il n'y avait pas la moindre ombre à son tableau, le domicile familial embaumait l'amour et le bonheur à plein nez. Malheureusement, l'image de la famille idéale se fissura quelques semaines après son cinquième anniversaire. Un soir, en revenant de l'école, il trouva la maison vide. Son père ne comprit pas tout de suite, il appela sa femme plusieurs fois, un peu plus fort à chacune d'elle mais toujours sans réponse. Il ne mit pas longtemps à faire le tour de l'appartement, réalisant avec difficulté la situation qui se présentait à lui. Eliza était partie. Son placard était vide, sa valise n'était plus sous le lit, son trousseau de clés avait été posé sur la table... Elle n'était plus là. Il tâcha de faire bonne figure devant le petit garçon qui le regardait sans comprendre.

« Pourquoi t'es triste ? Elle est où Maman ? Elle va revenir bientôt ? »

Son innocence lui faisait peine à voir mais il n'eut pas le courage de la briser ce soir-là. Maman était avec des copines, elle rentrerait plus tard. Plus tard ne vint jamais et Fursy n'eut d'autres choix que de le réaliser par lui-même. Les premiers temps, Garrett continua de s'imposer un rythme effréné pour que son fils unique ait une vie décence mais l'abandon dont il était victime également finit par le rattraper, s'imposant toujours plus fortement. Il ne parvenait pas à garder la tête hors de l'eau. Il aurait fait n'importe quoi pour cette femme, pour cette salope qui s'était tirée sans donner d'explications ! Elle n'avait même pas eu le courage de lui balancer en face, non, elle avait préféré profiter de son absence pour mettre les voiles ! L'appartement devint lentement un véritable taudis, les fins de mois duraient trente jours, il ne cherchait plus à travailler plus que le minimum sans se soucier de ce boulet qu'elle lui avait laissé dans les pattes. Le jeune garçon ne vit pas ce qui se préparait, tapi dans l'ombre, à lui sauter dessus. La vie était cruelle et il allait l'apprendre à ses dépends. Maman était partie et Papa ne l'aimait pas vraiment. Dans le fond, Maman ne devait pas l'aimer beaucoup non plus puisqu'elle ne voulait pas de lui. Et si c'était à cause de lui qu'elle était partie ? Peut-être qu'il n'était pas assez gentil, pas assez beau, pas assez intelligent, pas assez sage ? Elle devait avoir trouvé un petit garçon mieux ailleurs et ne plus vouloir de lui. La culpabilité commença doucement à s'installer dans son esprit. Et puis son père prit ses distances, plus souvent au pub qu'à la maison. Il devait avoir sept ans et passait le plus clair de son temps tout seul. Alors il restait dans sa chambre, allongé sur son lit et fixait le plafond en refaisant le monde. Dans une vie, il était entouré de frères et sœurs qu'il aimait et qu'ils l'aimaient, ils jouaient toujours ensemble, ils riaient, ils se protégeaient les uns les autres. Dans une autre, ses parents étaient toujours ensemble, toujours avec lui, ils étaient heureux et ils parlaient de se marier, lui allait devoir danser avec sa cousine Carry qui n'était pas franchement jolie et il n'aimait pas beaucoup l'idée. Parfois il était un valeureux chevalier, ou un astronaute en mission, un aventurier sans peur ou un super héros infaillible... Il était n'importe qui, n'importe qui qui n'était pas vraiment Fursy, et venait de n'importe quelle famille, n'importe quelle famille qui n'était pas la sienne. Quand il ne rêvait pas, il lisait, il se plongeait dans des bouquins que lui prêtait la vieille voisine qui lui pinçait toujours les joues quand elle lui disait bonjour. Il se fichait pas mal de ce que c'était, ça faisait passer le temps.

Un soir, Garrett rentra plus saoul que d'ordinaire et plus irritable peut-être aussi. Son livre dans les mains, le garçon arriva le plus naïvement du monde avec tout un tas de questions qui lui semblaient importantes mais auxquelles il n'avait pas réussi à trouver la moindre réponse au bord des lèvres. Il commença à les lâcher une à une, comme il le faisait tout le temps face à un homme très rapidement dépassé par la culture et  la capacité de réflexion de ce chieur en culotte courte. Il lui demanda de se taire une première fois mais Fursy continua, il haussa la voix pour le lui répéter une seconde mais Fursy continua, il commençait à avoir une migraine affreuse et il voulait du calme mais Fursy continua, il lui hurla d'arrêter mais Fursy continua. La suite le dépassa totalement. Sa main s'abattit violemment sur la joue de son fils qui chancela et se rattrapa de justesse au canapé. Il voulut lui dire qu'il était désolé mais rien ne sortit et puis de toute façon, la porte de la chambre du fond claqua avant même qu'il n'ait pu remarquer que sa progéniture avait débarrassé le plancher. Il se trouva toutes les excuses du monde et s'assura qu'il ne recommencerait pas. Pourtant, ce devint rapidement un rituel apaisant dès qu'il le contrariait, dès que quelque chose n'allait pas comme il l'aurait souhaité ou que sa journée n'avait pas été à la hauteur de ses attentes. Ce n'était pas de sa faute si ce môme stupide faisait toujours tout pour le mettre hors de lui, quand même, si ?! Le respect qu'il avait pour son père ne changea pas et il comprit de lui-même qu'il ne fallait rien dire ainsi il était devenu l'enfant le plus maladroit de Rochdale et probablement même de l'Angleterre toute entière ! Malgré tout, il commençait à fuir le domicile familial, plus en sécurité dehors qu'à l'intérieur. Il se mit à traîner avec les jeunes de son quartier, souvent aussi délaissés qu'il pouvait l'être lui-même, découvrant un peu par hasard les joies du sport et le bien-être qu'il pouvait ressentir après s'être défoulé. Le temps qu'il ne pouvait plus passer à lire, il le passait sur le terrain de foot aux cages branlantes qui se tenait en bas de son immeuble, enchaînant les parties jusqu'à n'en plus finir. Tout était bon à prendre pour repousser d'une heure ou deux le moment de passer la porte d'entrée...

L'arrivée d'un hibou sur le rebord de la fenêtre de la cuisine ne fut pas accueillie dans de grandes effusions de joie. Tout d'abord, Garrett marmonna quelque chose qu'il ne comprit pas en déchirant le parchemin avant de le fourrer rageusement dans la poubelle et de partir « travailler ». Une autre lettre arriva le lendemain et elle subit le même sort sans que le destinataire ne puisse y poser un seul regard. Il réussit à intercepter la troisième et resta hébété face à son contenu. S'il aimait bien s'évader en pensées plus souvent qu'il ne l'aurait dû, il ne fallait pas non plus le prendre pour un abruti de première catégorie ! La magie, ça n'existait pas. Et encore moins des écoles pour apprendre à la pratiquer. Il ne savait pas trop qui s'acharnait avec cette blague pas drôle mais il ne tomberait pas assez bas pour y répondre quoi que ce soit. Quelques autres lettres plus tard, on vint sonner à la porte. Un homme habillé bizarrement se tenait sur le seuil et se présenta comme un représentant du Ministère de la Magie venu pour leur expliquer la situation. Il entra sans que personne ne l'y ait invité et s'installa sur le canapé mal-en-point comme si c'était tout à fait normal. La soirée qui suivit reste gravée dans sa mémoire comme la pire de son existence. Son père n'avait visiblement pas accepté que son morveux de gamin, en plus d'avoir fait fuir sa mère, ne soit pas simplement normal. Un sorcier ! Et puis quoi encore ?! Comme s'il avait besoin d'apprendre des tours de magie dans une école hors de prix ! La question resta en suspend pendant des jours et des jours mais, dans un sursaut de lucidité, Garrett finit par décider de l'y envoyer malgré tout, parce que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Il méritait mieux que la vie qu'il vivait avec lui et il en avait parfaitement conscience. A défaut de devenir le père qu'il aurait dû être, il fallait l'éloigner d'ici...


Famille et compagnie

Garrett Overton, quarante-trois ans, ne brille pas par son savoir ou sa bonne éducation. Il ne brille pas du tout, en réalité... Issu d'une famille nombreuse aux parents démissionnaires, il n'a jamais fait d'études, peine encore à lire convenablement aujourd'hui, il a toujours dû se débrouiller et y est parvenu tant bien que mal. Une fierté, dans le fond. Employé d'une usine minable, payé une misère pour effectuer des tâches répétitives et sans intérêt, il aimerait dire qu'il fait de son mieux pour élever son fils mais il sait pertinemment que ce n'est pas le cas. Ca l'a été un jour, pourtant. Avant le départ inexpliqué d'Eliza, alors qu'ils étaient heureux tous les trois. Il n'hésitait pas à enchaîner les heures supplémentaires, à trouver des petits boulots supplémentaires pour que sa famille ne manque de rien, soucieux de leur bonheur. Et puis elle est partie. Il s'est doucement laissé aller, d'abord il s'est contenté de son job détestable, puis il a commencé à aller parier le peu d'argent qu'il réussissait à mettre de côté autour d'une bière – ou plusieurs, souvent plusieurs d'ailleurs – s'est mis à rentrer de plus en plus tard, de plus en plus éméché. Que le gamin soit seul à la maison, totalement livré à lui-même, ne lui posait pas le moindre problème. Finalement, un soir, la mauvaise humeur, la fatigue et l'alcool n'aidant pas, il a perdu patience face à ce môme insupportable, toujours en train de poser des questions stupides auxquelles il n'avait pas la moindre réponse, il lui a offert une gifle magistrale qui a résonné dans tout le minuscule salon. La première d'une interminable série. Bien sûr, il culpabilise, bien sûr, il se rend compte de l'enfer qu'il fait vivre à son garçon mais c'est plus fort que lui. Il se jure à chaque fois qu'il ne lui lèvera plus la main dessus, plus jamais, que c'est terminé, qu'il se rattrapera et sera enfin un père respectable mais dès qu'il pose les yeux sur lui et son air las, ses bonnes résolutions s'envolent aussitôt...

Eliza Hobbs, trente-neuf ans, n'a plus de mère que le titre que Fursy accepte encore de lui donner par principe. Il avait cinq ans quand elle est partie. Partie sans rien dire, sans même un au revoir, sans un dernier bisou, rien. Un soir, ils sont rentrés de l'école avec son père et elle n'était plus là. Ses affaires avaient disparu, ses clés avaient été abandonnées sur la table et la porte était simplement claquée. Garrett avait fouillé la maison dans l'espoir de trouver une lettre, quelque chose, mais il avait dû se rendre douloureusement à l'évidence : elle n'avait même pas pris cette peine. La réalité fut d'autant plus dur à accepter qu'elle n'avait rien laissé présager. Mère et femme douce, aimante et attentionnée, elle se répandait en câlins en tout genre dès qu'elle en avait l'occasion, gardait en permanence un sourire tendre et rassurant sur les lèvres et avait toujours le mot qu'il fallait, en toute circonstance. Un ange, un être d'une perfection rare, voilà ce qu'elle avait été pendant ces cinq délicieuses années. Et puis l'ange était tombé. Ils savent aujourd'hui qu'elle est partie pour rejoindre son amant dans une ville voisine, un homme plus beau, plus riche, le rêve de la femme vénale et intéressée qu'ils n'auraient jamais pu soupçonner en vrai. Il ne voulait pas s'encombrer du fils d'un autre alors elle l'a laissé derrière elle, sans un regard. Peut-être qu'elle le regrette à présent ? Personne n'en a la moindre idée, ils ne sont pas suffisamment en contact pour cela. Quoi qu'il en soit, ça ne l'a pas empêché de refaire sa vie, comme si homme et enfant n'existaient pas...

America Dickinson, neuf ans, est une source intarissable d'amour et de joie de vivre. Jamais ils n'auraient dû se rencontrer et pourtant, le hasard semble en avoir décidé autrement. Fursy s'en souviendra toute sa vie : c'était un jeudi pendant les vacances de Noël, il n'avait pas encore onze ans et s'ennuyait à en mourir. Il avait enfilé ses gants, mis son bonnet et s'était traîné jusqu'à la maison de ses grands-parents maternels, à quelques rues de chez lui. Il n'avait plus le droit de les voir, son père le lui avait fait comprendre plus d'une fois et tâchait de lui faire regretter ses visites dès qu'il avait le malheur d'en apprendre une mais il n'avait pas cédé, il ne voulait pas céder, et continuait d'y retourner de temps en temps. Ils n'avaient jamais accepté la manière dont Eliza les avait abandonnés. Bien sûr, ils n'avaient jamais vu en Garrett le genre idéal mais voyaient malgré tout qu'il n'avait toujours voulu que le bonheur de leur fille, si bien que son dévouement sans faille estompait les défauts qu'ils lui trouvaient à la pelle. La porte s'était ouverte, sa grand-mère avait paru gênée puis une tornade avait déboulé dans le petit corridor : America, sa demi-sœur inconnue, celle qui le remplaçait à présent. Il aurait dû la détester, lui faire payer le simple fait d'exister mais il n'en avait rien été. Cette môme se fichait bien de qui il était, elle avait posé ses grands yeux sur lui, lui avait souri d'un sourire édenté et l'avait attrapé par la main pour aller jouer, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Il avait passé l'après-midi le plus extraordinaire de sa vie et n'avait plus jamais cessé de voir cette gamine. Avec le temps, elle avait fini par comprendre le lien qui les unissait mais rien n'avait changé. C'est le rayon de soleil de ses journées à Rochdale, la seule lueur de bonheur qui plane sur ses vacances, un bonheur interdit par une famille déchirée et pourtant... Ils en gardent le secret et leurs grands-parents également, cette maison un peu défraîchie pour seul témoin de leur fraternité fusionnelle.


La première fois ici

Les portes du train se refermèrent bruyamment avant que celui-ci ne s'ébranle et n'avance lentement le long des rails interminables. Comme la plupart des mômes présents à bord, Fursy regardait toutes les mains parentales s'agiter dans une joyeuse tristesse. Il pouvait le comprendre, dans le fond, ils devaient tous être contents de voir leur progéniture prendre enfin le chemin de Poudlard sans avoir un seul instant envie de les savoir loin d'eux pendant une année toute entière. Il resta là quelques secondes de plus, fixant cette marée humaine en enviant un peu les autres enfants qui lui répondaient en pleurnichant à moitié, puis il soupira et rentra dans le compartiment où il avait déjà déposé sa valise un peu plus tôt. Il essayait de voir le bon côté des choses : comme il n'avait pas eu à perdre du temps dans des adieux larmoyants, il n'allait pas avoir besoin de tirer sa valise pendant des heures avant de trouver une place de libre. Oh non, ça, il n'avait pas perdu une seule minute... Son père l'avait accompagné à la gare et quand il avait compris qu'il fallait traverser un mur – le traverser pour de vrai, passer au travers, comme si c'était qu'une illusion – il avait levé les mains en signe d'abandon et lui avait fait savoir que c'était trop pour lui, qu'il n'irait pas plus loin. Il lui avait ébouriffé les cheveux d'un geste maladroit en lui souhaitant bon courage et n'avait même pas attendu qu'il ait disparu des voies neuf et dix pour faire demi-tour. Bien sûr, il ne lui en voulait pas. Après tout, il avait fait beaucoup d'efforts depuis que cette lettre était arrivée. Ils avaient même passé le week-end à Londres pour qu'il puisse faire tous les achats dont il avait besoin. D'aussi loin qu'il se souvenait, c'était la première fois qu'ils s'offraient des « vacances », même si c'était loin de la mer dont tout le monde parlait à chaque rentrée scolaire... C'était mieux que rien, non ?

Alors qu'il avait sorti un bouquin de ses bagages, histoire de passer le temps comme il pouvait, une tête brune se glissa dans son compartiment, jetant un regard intéressé à l'intérieur. Il releva les yeux vers elle en fronçant un peu les sourcils et assista impuissant à l'installation de deux gamins sur la banquette face à la sienne. Ils eurent du mal à mettre leurs valises dans les filets, se disputant à moitié à mi-voix avant d'y parvenir enfin. Pas un mot n'avait été échangé, ils étaient simplement entrés comme s'il n'était pas là et avaient fait leur vie le plus normalement du monde. Le rouquin ferma doucement son livre et le posa sur le siège à côté, observant avec un air vaguement moqueur le spectacle qui s'offrait à lui. Les deux garçons soupirèrent d'un même mouvement, visiblement ravis d'avoir réussi à s'installer, et se laissèrent tomber sur la banquette. L'un des deux, le plus âgé sûrement, posa enfin les yeux vers lui et se redressa brusquement dans un sursaut. Il paraissait le remarquer seulement maintenant. Il lui tendit la main, qu'il s'empressa de serrer en souriant amicalement, rapidement suivi par le second garçon. C'était la première fois qu'il rencontrait des sorciers de son âge et il ne put s'empêcher de penser qu'ils avaient l'air tout à fait normaux. Enfin, rien à voir avec les gens habillés bizarrement qu'il avait croisé dans les magasins du chemin de travers – ou quelque chose comme ça. C'était des enfants qu'il aurait très bien pu connaître dans son école d'avant, à Rochdale. Bon, ils étaient peut-être un peu trop normaux pour venir de Rochdale, en fait, mais c'était l'idée quoi...

Ils se présentèrent rapidement, lui expliquant aussitôt que leurs parents avaient fait leurs études à Poudlard également, à Gryffondor plus précisément, et que si l'aîné n'avait pas eu la chance d'y mettre les pieds il croisait les doigts pour que son frère y aille à sa place, l'autre avait hoché la tête avec espoir et devant son air perdu, ils s'étaient étonnés de voir qu'il ne savait pas ce qu'était Gryffondor avant de se donner pour mission de lui expliquer brièvement le fonctionnement de l'école. Les maisons, les points, les cours... Tout ça lui semblait irréel. Ca n'avait aucun sens, dans le fond, n'est-ce pas ? Il allait sûrement entendre d'une minute à l'autre son réveil et son paternel qui s'époumonerait dans la cuisine pour qu'il se bouge plus vite, tout ça ne serait qu'un rêve bizarre qu'il continuerait distraitement en cours de maths... D'un autre côté, il avait tellement envie que ce soit vrai, vraiment vrai, que cette histoire insensée soit la plus belle de son existence. Ca se pouvait, non ? Après tout, il avait été à Londres, il n'avait pas pu le rêver, ça, si ? Non, non. Tout ça se passait pour de vrai et il allait aller dans une maison dont il ne savait rien mais il s'y sentirait comme chez lui, parce que ça pouvait pas être pire de toute façon. Oui, c'était comme ça que ça se passerait ! Et ce serait absolument merveilleux.

« Comment tu t'es fait ça ? » lui demanda le plus jeune en pointant du doigt sa joue droite. Fursy passa machinalement la main dessus, grimaçant légèrement lorsque ses doigts frôlèrent le bleu violacé qui s'étendait sur sa pommette puis haussa les épaules avec un air totalement désintéressé. « J'me suis pris un ballon en jouant au foot. » Ils rirent bêtement en disant qu'il fallait vraiment avoir la poisse, ce à quoi il acquiesça sans broncher. Ce n'était pas si faux que ça, en réalité, il avait vraiment été jouer au foot avant de rentrer un peu trop tard, trop peu silencieusement et sans avoir pris la peine de boucler sa valise avant de partir alors que son père le lui avait ordonné. C'était de sa faute, il le savait bien, mais c'était long et chiant de ses bagages alors quand ses amis s'étaient mis à caillasser sa fenêtre pour lui signaler qu'ils allaient sur le terrain, il avait préféré tout planter et profiter de l'absence de son géniteur pour les rejoindre et s'amuser. C'était bien mieux que de faire une valise, franchement ! Ca aurait très bien pu être un ballon. La vague évocation du sport lança les deux frères dans une discussion sur le « qui dit che » à laquelle il essaya de comprendre quoique ce soit sans y parvenir pour autant. Ca parlait de balais, d'une coupe, de matchs... En soi, il connaissait tous les mots mais ensemble, ça ressemblait à rien... Un éclair de bon sens frappa les gamins qui se souvinrent finalement qu'il ne connaissait rien à la magie au point de pas connaître les maisons de l'école alors ils commencèrent à lui expliquer les règles du « qui dit che » tous les deux en même temps, visiblement aussi fan l'un que l'autre mais d'équipes différentes, sans se rendre compte que leur brouhaha était particulièrement insaisissable. Malheureusement pour les trois garçons, ils n'eurent pas le temps de reprendre leur explication que le train ralentissait. Il fallut enfiler les uniformes. Un drame dans sa journée qui avait si bien commencé. S'il garda son tee-shirt sous sa chemise blanche, il dût abandonner son jeans et offrir une vue sur les multiples traces qu'il pouvait avoir sur les jambes à ses deux camarades de voyage. Heureusement, ils ne parurent pas remarquer quoi que ce soit, trop occupés à batailler sur les résultats des « canons de chute de lait » pour faire attention à lui.

Une fois dehors, l'un des deux frangins les abandonna alors qu'on menait les première année vers des petites barques. Des barques sans rame. Il les regarda, un peu suspicieux, mais suivit néanmoins le mouvement. Les premiers mômes montèrent et dès que la petite embarcation fut pleine, elle se mit en marche le plus normalement du monde sous les yeux émerveillés du jeune Fursy. Il embarqua à son tour avec son camarade, ainsi qu'une fille blonde juste devant eux. Il laissa sa main glisser à la surface de l'eau pendant que son « ami » le prévenait qu'il y avait un calmar dans le lac. Comme si ça faisait peur, un calmar... Il allait ricaner et le traiter de poule mouillée quand le château apparut soudainement devant eux. Comme par magie... Il en oublia totalement de se moquer du jeune garçon et s'émerveilla silencieusement face à toutes ces petites fenêtres allumées, face à la grandeur du bâtiment, face à la beauté du paysage. C'était ça, l'école ? Un château ? Un vrai vrai château ? Comme ceux qu'on visitait partout dans le monde ? Eux, ils allaient habiter dedans, vraiment ? Quand il dirait ça à sa sœur, elle n'en reviendrait pas ! Il allait vivre dans un château ! Manque de chance, la traversée du lac eut une fin et il fallut quitter Poudlard des yeux pour s'enfoncer dans les sous-sols de l'école. Tout le monde parlait et les voix de tous ces gamins résonnaient dans le souterrain, on ne pouvait pas en comprendre un mot mais ça ne l'empêchait pas d'essayer quand même de tout écouter en même temps. Il voulait tout apprendre de cette école bizarre, il voulait pouvoir dire qu'il avait sa place parmi tous ces sorciers même si ce n'était pas franchement gagné...

Le petit groupe s'arrêta devant d'immenses portes en bois, et une femme coiffée d'un grand chapeau pointu vint leur annoncer que la cérémonie de la Répartition allait commencer d'une minute à l'autre, elle reprit les explications que les deux frères lui avaient déjà faites quant aux maisons de l'école et son fonctionnement global, si bien qu'il hochait la tête comme s'il avait toujours su de quoi elle parlait. Puis les portes s'ouvrirent et ils pénétrèrent dans une salle immense où se tenaient quatre tables interminables et des centaines d'élèves. Son visage trahissait sans mal le flot de sentiments contradictoires qu'il ressentait devant tout ça : la hâte, la joie, l'inquiétude, la curiosité, un peu de peur peut-être aussi... Il leva les yeux et resta idiot face à ces bougies qui flottaient toutes seules, et l'absence totale de plafond. C'était le ciel ! Genre le ciel était dans la salle à manger... Mais quand il pleuvait, ils faisaient comment ? Ils mangeaient où ? Il voulut demander à son voisin mais un vieux chapeau se mit à chanter. C'était pas une école en fait, c'était un asile et il était en train de délirer, c'était ça ? Les chapeaux, ça ne chantait pas ! Pourtant, à part un ou deux autres élèves qui avaient l'air aussi déboussolé que lui, tout le monde semblait trouver ça parfaitement normal... Il avait envie de les secouer pour qu'ils réagissent enfin. C'était pas normal ! C'était un vêtement, il devait rester là et servir à rien, pas le pousser la chansonnette ! Quand il eut fini, la femme déroula un long parchemin et commença à appeler les enfants. Elle mit le chapeau sur la tête de la blonde qui partageait sa barque et celui-ci hurla « Poufsouffle ! ». Il sursauta et recula d'un pas tandis que tout le monde applaudissait et qu'elle rejoignait l'une des tables où tous les élèves avaient une cape avec une doublure jaune. Les élèves se succédèrent les uns après les autres, toujours sous les applaudissements de leurs camarades et puis enfin...

« Overton, Fursy Garrett ! »

Il déglutit difficilement, respira un grand coup et monta les quelques marches avant de s'asseoir sur le tabouret et de voir la pièce disparaître de sa vue. Le chapeau se mit à parler, évoquant ce qu'il voyait « dans sa tête ». Ses doigts se resserrèrent sur les bords du siège. Il n'était pas du genre à flipper pour rien, mais là c'était vraiment pas possible ! Il voulait que ça se termine vite ! Après quelques secondes qui lui parurent durer des heures, le couvre-chef lui offrit la délivrance en hurlant...

QUESTION DU CHOIXPEAU
Une personne pas douée tombe dans le lac noir, malheureusement, il est le seul témoin de la scène, que fait-il ? – Il agite sa baguette en direction du futur cadavre, histoire d'essayer de le sortir de là à temps. Quelque chose comme Mobilicorpus devrait faire l'affaire, non ?


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MessageSujet: Re: NOEL ♠ Parce que les amis, ça n'apparaît pas comme par magie.   Lun 15 Aoû - 21:52


Rioghbhardan, moi quoi, est un sang-mêlé, né le 16 septembre 2004 à Ballycastle en Irlande du Nord. D'ailleurs je n'y vis plus puisque j'ai déménagé à Lucan en République d'Irlande. Aujourd'hui, j'ai donc 17 ans et suis en 6ème année puisque j'ai redoublé ma quatrième.

Il est bon de savoir que je suis protecteur, bon comédien, à l'aise, débrouillard, attentif, attentionné, soigné, persévérant et patient mais également immature, prétentieux, charmeur, blessant, opportuniste, vénal, superficiel, beau parleur et de mauvaise foi. J'aime Ballycastle, le Quidditch, l'argent, faire la fête, plaire, les jolies filles, être loin des miens, parler de mon père, être le centre du monde, le jus de tomate, la photographie, être un sorcier ou encore le regard de ma mère alors que je ne supporte pas Lucan, avoir redoublé, mon beau-père, ma demi-fratrie, qu'on pense le contraire, être ignoré, faire mes devoirs, l'uniforme, les endives, mes prénoms, partager mon dortoir, les films romantiques et les araignées.

Ma baguette est composée de bois de lierre avec un cheveu de Vélane et mesure 21,3 centimètres. Capricieuse, difficile à manier mais très efficace dans les sortilèges de protection. Grâce à elle, j'ai le malheur de suivre les cours de Botanique, Étude des Moldus, Histoire de la Magie, Métamorphose et de Vol.


Rioghbhardan O'Callaghan
feat. Dylan O'brien

ET EN VRAI ?
J'ai 23 ans, mais peut-être que tu le sais déjà parce que je suis Noel T. Shiver et Fursy G. Overton. Je suis arrivée sur NYL je ne sais plus comment et je devrais être là en moyenne sept jours par semaine. Avant de finir j'aimerais juste rajouter que vous n'allez pas vous débarrasser de moi facilement.


Tout le monde a une histoire

février 2008 – Ma chambre était plongée dans l'obscurité, il n'y avait que la petite veilleuse en forme de nounours pour me rassurer. La petite veilleuse et la présence de mon père, assis sur le bord de mon lit. C'était l'heure de dormir mais je n'avais pas sommeil. Je n'avais jamais sommeil quand c'était lui qui venait me border de toute façon. Sa main glissa entre mes mèches sombres avant de remonter la couverture sur moi, cachant les petites étoiles fluorescentes de mon pyjama. « La suite, s'il te plaît ! Dis oui, dis oui, dis oui ! » Je crus voir un sourire étiré les lèvres paternelles alors qu'il soupirait avec une exagération toute particulièrement. Nous venions d'arriver au moment où le jeune Harry entrait à l'école de magie et c'était une véritable torture d'attendre le lendemain soir pour en savoir plus sur « le château » comme il l'avait si bien décrite. Depuis le début de la semaine, il s'était mis en tête de m'inventer l'histoire d'un jeune sorcier pour m'endormir le soir, et il fallait bien reconnaître que c'était un échec tant j'avais envie d'en apprendre davantage. Je faisais traîner ce petit rituel tant que je pouvais, réclamant encore et toujours une suite que je n'obtenais malheureusement pas à tous les coups. « Demain, Trésor. C'est l'heure de dormir. » J'essayai de bouder mais sans succès. Mon père se leva, vérifia que ma couverture était correctement mise et déposa un baiser sur mon front alors que je l'entourais de mes petits bras. « Fais de beaux rêves. » Je hochai la tête et regardai l'ombre qui lui appartenait fuir vers la porte entrebâillée. Il n'eut pas le temps de disparaître que je repris l'air de rien. « Papa ? Elle existe pour de vrai de vrai l'école ? » Il eut un petit rire attendri, avec le recul j'imagine qu'il était gêné également, et je le vis hocher discrètement la tête à son tour. « Evidemment qu'elle existe. » Il me sourit de plus belle et tira la porte derrière lui. Quelques chuchotements s'élevèrent de derrière la planche de bois puis un petit bruit sourd, comme une petite tape amusée. « Arrête un peu avec tes histoires, il va finir par y croire. » Mon père se défendit mais je n'entendis pas comment, Morphée venait de me rejoindre et m'emmenait avec lui...

novembre 2010 – J'étais assis sur la petite table de la cuisine, regardant ma mère préparer le dîner avec de grands yeux émerveillés. J'avais toujours aimé observer ma mère, elle était belle, elle avait l'air heureuse, elle souriait toujours d'un air absent qui me faisait sourire également. Elle posa le plat de pâtes à côté de moi et retourna à ses fourneaux le temps de préparer la sauce pour les accompagner. J'attendis quelques secondes et plantai sauvagement la fourchette abandonnée à proximité dans les pauvres macaronis avant d'enfourner le tout dans ma bouche le plus vite possible pour ne pas me faire prendre en flagrant délit. Trop tard. Ma mère se tourna vers moi, l’œil inquisiteur pointant vers moi sa cuillère pleine de tomate comme la plus dangereuse des armes. « Non mais eh ! On attend ton père, j'ai dit ! » Elle rit de bon cœur, en m'attaquant avec le torchon, tandis que j'avalais ma bouchée trop grosse aussi rapidement que possible. Mon air innocent ne devait pas être très efficace parce qu'elle me fit comprendre d'un geste amusé qu'elle me surveillait mais n'eut pas le temps de mettre ses menaces à exécution que le téléphone sonnait dans le salon. Elle tourna rapidement le bouton, arrêtant le gaz sous la casserole et me rappela de ne pas y toucher avant d'aller répondre. « Allô...? » Ce fut tout ce que je pris la peine d'écouter, préférant de loin me réintéresser aux pâtes et à mon estomac qui commençait à crier famine. Un gémissement étouffé et le combiné du téléphone tomba au sol. Je ne compris pas mais mon cœur s'était accéléré malgré tout. J'avais peur, en réalité. Je suis descendu de mon siège improvisé, quittant la cuisine en quelques pas pressés. Ma mère était recroquevillée au pied du mur, les larmes dévalant ses joues sans un bruit. La première chose que j'eus le réflexe de faire fut de ramasser le téléphone. « Maman, pourquoi tu pleures ? » Elle m'a attrapé par la main en m'attirant contre elle, se fichant pas mal de manquer de me faire tomber au passage. Elle me serra de toutes ses forces et je sentis ses larmes mouillées mon pull. Nous sommes restés là un long moment sans qu'elle n'ait trouvé la force de m'expliquer ce qu'il se passait. Au bout d'une bonne heure au moins, elle a appelé ses parents qui sont venus nous chercher et ont pris le temps de mettre des mots d'enfant sur ce qu'ils venaient d'apprendre. Mon père m'avait abandonné. Il nous avait tous abandonnés. Un accident l'avait emporté et il ne nous reviendrait jamais...

mars 2012 – Le soleil parvenait à percer au travers des nuages gris de ce début de printemps. Un bruit de fond constant emplissait le restaurant et commençait à me donner un peu mal à la tête. Cela faisait plus d'une demi-heure qu'on attendait, ma mère et moi, assis près de la fenêtre à regarder les gens continuer leur vie dehors. Elle pianotait sur son téléphone toutes les deux secondes, un sourire d'adolescente étirant ses lèvres laquées de rouge. Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vue comme ça. Depuis que Papa était parti, en vérité, et je n'étais pas certain d'apprécier l'idée. « Il sera là dans deux minutes ! » me dit-elle en relevant les yeux vers moi, visiblement au comble de l'excitation. Elle se redressa, attrapa le col de ma chemise qu'elle lissa correctement, me recoiffa légèrement et s'assit à nouveau. Son regard enfantin se posait partout autour de nous, comme si elle s'attendait à chaque seconde à « le » voir sortir de nulle part. Moi, je n'étais pas aussi pressé qu'elle. Le portrait qu'elle m'avait fait de Patrick était flatteur, il faut bien le reconnaître, mais pas suffisamment pour effacer l'idée qu'elle voulait qu'il remplace mon père et que je ne le voulais pas. Finalement, il passa la porte dans un tintement à peine audible mais qui suffit à ma mère pour se lever d'un bond et l'accueillir à bras ouverts. Ses lèvres cerises se posèrent sur celles de l'inconnu et mon cœur loupa littéralement un battement. Je n'aimais pas ça, mais alors vraiment vraiment pas. Il finit par se tourner vers moi et me tendit la main avec sérieux, comme s'il me prenait pour son égal. « Toi, tu dois être Rioghbhardan. C'est ça ? » Je hochai la tête d'un air grave alors que je toisais cette main tendue puis mes prunelles sombres glissèrent jusqu'à ma mère qui me fit comprendre d'un regard qu'elle espérait que je ne fasse pas de vagues, alors je la serrai sans grand entrain. « Ta mère m'a beaucoup parlé de toi, tu sais ? » Encore heureux ! « Et de mon père, elle t'en a parlé aussi ? » Ma mère s'offusqua en prononçant mon nom d'un ton désapprobateur alors que Patrick me souriait doucement. « Oui. Elle m'en a parlé aussi. » Mes yeux d'enfant se plongèrent dans les siens un instant, les soutenant comme pour lui faire savoir que je ne le laisserai pas prendre sa place aussi facilement mais il finit par m'ébouriffer les cheveux et s'asseoir comme s'il était le bienvenu à notre table...

juin 2012 – J'avais dû boucler ma valise quelques heures plutôt et dire adieu à l'appartement que j'avais toujours occupé. Ma mère avait décrété quelques semaines plus tôt qu'il était temps pour nous de déménager. Il n'était pas seulement question de déménager, en réalité, mais de rejoindre Patrick à l'autre bout du pays ou presque. Je lui avais dit que je ne voulais pas y aller, que je voulais rester à la maison et continuer à voir Papy et Mamie tous les week-ends mais elle n'avait rien voulu entendre. « Arrête de penser qu'à toi. » qu'elle avait dit. Parce que c'était pas ce qu'elle faisait, elle, peut-être ? Ce fut comme ça qu'on se retrouva sur le palier d'un immeuble perdu au beau milieu d'une ville trop grande que j'avais décidé de ne pas aimer au moment-même où j'y avais posé le pied pour la première fois. Le doigt de ma mère se posa sur la sonnette et quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit tout grand sur ledit Patrick derrière lequel se cachaient une fille qui devait avoir à peu près mon âge et deux garçons plus petits. On m'avait arraché brutalement à mon univers pour me balancer dans celui d'autres gamins que je n'avais même jamais vu de ma vie. « Entrez, entrez ! On vous attendait ! » Il se poussa pour nous laisser entrer, ses mômes accrochés aux jambes et me fixant comme si j'étais une bête curieuse. Si vous voulez mon avis, ils ne donnaient pas franchement l'impression d'attendre autre chose que mon départ très prochain. Et je l'attendais au moins tout autant... La main de ma mère me fit comprendre qu'il était temps de passer la porte, ce que je fis à contre-coeur, m'arrêtant net deux pas plus loin, au beau milieu du petit couloir. « Ne sois pas timide, c'est chez toi maintenant. » Son sourire se voulait rassurant mais il se fana un peu en voyant mon regard assassin. « Non. » Ça avait le mérite d'être clair et il faut bien reconnaître que ça a jeté un froid dont je n'étais pas peu fier. Je sentis ma mère exercer une pression sur mon épaule, sûrement pour évacuer le stress que je lui apportais, puis je soupirai en avançant jusqu'au salon minuscule, tirant ma valise derrière moi sans un regard pour l'appartement. « Rioghbhardan ? » Je relevai machinalement la tête alors que je terminais de déboutonner ma veste en jean. « Je te présente Shawna... » La gamine se redressa bêtement alors que je la toisais sans un mot. Elle soutint mon regard sans ciller, comme pour me défier de mettre son monde en pièce. J'acceptai silencieusement le défi alors que ma mère reprenait. « ...Jackson... » Un môme plus jeune que la première me fit un petit signe enthousiaste de la main alors qu'il m'offrait un sourire radieusement édenté. « ...et Brady. » Le troisième était encore un bébé et s'agrippait aux jambes de son père. Je ne lui accordai pas plus d'une seconde d'attention. « Tu vas partager la chambre des garçons, tu vas voir, vous allez bien vous amuser ! » Son enthousiasme sonnait faux et je voyais bien qu'elle peinait à le garder face à mon air dédaigneux. « C'sera jamais chez moi, j'les aime pas et j'veux rentrer à la maison. » Le ton était donné et malgré tout, ils ont été adorables tous autant qu'ils étaient. J'ai entendu Patrick expliquer à ses mioches que c'était pas facile pour moi et qu'il fallait me laisser du temps. Ils pouvaient me laisser toute la vie s'ils voulaient, ça ne suffirait jamais...

juillet 2013 – L'été n'en finissait pas alors qu'il venait à peine de commencer. Rester toute la journée avec les enfants de Patrick et ma mère affreusement enceinte, c'était une torture sans nom. Ça faisait plus d'un an que j'étais coincé là, et malgré mes tentatives de fuite (j'avais appelé mes grands-parents pour qu'il vienne me chercher, ils avaient refusé, j'avais essayé de fuguer, on m'avait rattrapé au bout de la rue) j'y étais toujours. Je commençais à comprendre que ça ne serait pas si simple de mettre les voiles et que personne ne me filerait un coup de main. Pourtant, je mettais une mauvaise volonté incroyable pour tout, tout le temps. Mais ils avaient tous l'air de m'apprécier au moins un peu, ce que je ne comprenais pas. La porte s'ouvrit et les concerts de pas qui suivit me fit soupirer. Patrick avait embarqué son troupeau en balade et comme j'avais refusé d'y aller, ça m'avait permis de profiter d'un après-midi de tranquillité, seul avec ma mère. Laquelle j'entendis parler de débarbouillage en riant gaiement. Quelques coups contre la planche de bois qui me séparait bien mal du reste du monde se firent entendre sans que je daigne relever les yeux de mon dessin. « Dan ? T'es là ? » C'était Shawna, ce qui me fit soupirer de plus belle. « Non. Va embêter quelqu'un d'autre. » Elle n'obéit pas et entra comme si elle était chez elle, un bocal en verre entre les mains. Elle referma machinalement derrière elle et vint s'asseoir à côté de moi, un regard un peu supérieur posé sur mon dessin. Je retournai ma feuille et attendis qu'elle m'éclaire quant à sa présence indispensable ici. « Regarde, avec Papa, on a attrapé un papillon. » Elle me mit fièrement sous le nez son bocal ridicule, avec son papillon qui l'était tout autant. « Je m'en fiche. C'est un truc de filles, les papillons. » Il se mit à bouger dans le bocal, agitant frénétiquement les ailes sans voler pour autant. Nous étions comme hypnotisés. Puis, sans prévenir, il se mit à noircir, à se replier sur lui-même, à avoir de grandes pattes... A se transformer en une énorme araignée. Shawna hurla, lâchant violemment le bocal qui se fracassa sur le sol, alors que nous grimpions sur mon lit en nous poussant sur la petite échelle pour parvenir en haut le plus rapidement possible. « Tu... tu la vois ? » Prudemment, je me penchai par-dessus la barrière pour jeter un œil dans la pièce. Elle était là, gigantesque, montant contre le mur. Nous étions pris au piège. J'ai attrapé sa main et l'ai forcée à se mettre à l'autre bout du lit, loin du monstre, alors que nous hurlions de plus belle pour qu'on vienne nous sortir de là. La poignée de la porte se mit à bouger sans que celle-ci ne s'ouvre pour autant. « Rioghbhardan ! Qu'est-ce que tu fais à ta sœur ?! Ouvre cette porte tout de suite ! » Je ne me défendis pas, je ne le repris même pas sur le fait qu'elle n'était pas ma sœur, continuant seulement de lui demander de venir vite en pleurnichant à moitié. Un bruit sourd et la porte gisait sur le sol, à côté des bris de verre. L'araignée, elle, accéléra sa cadence, presque à notre hauteur. « Là ! Là ! » Les doigts de Shawna se resserrèrent sur le dos de mon tee-shirt. Elle devait sûrement essayer de se cacher pour ne pas voir. Patrick ne se démonta pas, attrapa une chaussure qui traînait dans la pièce et massacra littéralement l'horreur à huit pattes avant de jeter son cadavre par la fenêtre. Son regard se posa sur le bocal brisé puis sur nous, serrés l'un contre l'autre au bout du lit. « Qu'est-ce qu'il s'est passé, ici ? » demanda-t-il d'une voix sévère. Shawna resserra son emprise sur mon tee-shirt alors qu'elle reniflait bruyamment. « C'est... c'est le papillon ! » Il s'éloigna de mon lit, cherchant à mieux nous voir. « Quoi le papillon ? » Il n'avait pas l'air de comprendre. « L'araignée ! C'est le papillon ! » Il ne semblait pas nous croire. Shawna se traîna jusqu'au bord, passant la main entre les fines planches pour attraper celle de son père. « J'te promets Papa ! On l'a vu ! C'était un papillon et puis il est devenu ça ! C'est vrai ! J'te jure, c'est vrai ! » Ça n'était pas dur de voir dans son regard qu'il était loin d'être convaincu par notre histoire mais il ne rajouta rien et nous fit signe de descendre, juste au moment où ma mère débarquait, Brady encore plein de mousse dans les bras et Jackson sur les talons. « Tout va bien ?! » Elle nous regarda descendre de mon lit, attendant sûrement des explications que nous n'étions ni l'un ni l'autre en mesure de lui donner. « Oui, ça va. C'était... juste une araignée... » Il n'y croyait toujours pas, même en le disant, si bien que ma mère n'y crut pas davantage. Tant de cris, de larmes et une porte défoncée, c'était beaucoup pour une simple araignée...

décembre 2014 – Un grand sapin était dressé dans le petit salon, le rétrécissant davantage encore alors qu'il n'en avait pas besoin, coloriant les murs de ses lumières clignotantes. Noël flottait dans l'air chargé d'odeurs délicieuses. Mon troisième Noël à Lucan, déjà... Ma mère, qui était retombée enceinte presque aussitôt délivrée de Gally, mettait la table en chantonnant, aidée d'une Shawna tirée à quatre épingles. Je dois reconnaître que sa robe en velours bordeaux, semblable à celle bleu nuit que portait ma mère, lui allait affreusement bien. Je ne la trouvais pas souvent jolie, je l'aimais trop peu pour ça, mais ce soir-là, il était difficile de dire le contraire et même toute la mauvaise foi du monde ne suffisait pas. Le bruit des couverts étouffé par la nappe se mêlait à l'émission de télé que regardaient Jackson et Brady et moi, au milieu de tout ça, je ne suivais rien du tout. Ni les préparatifs du réveillon ni les aventures de Tom et Jerry. Une clé se glissa dans la serrure et la porte d'entrée s'ouvrit dans un grincement significatif. Je me redressai machinalement pour voir Patrick, couvert de neige, détacher son manteau sombre. Son regard croisa le mien et je m'avachis à nouveau dans le fauteuil que j'occupais. Il entra dans le salon avec enthousiasme et ouvrit grand les bras. « Ça me fait tellement plaisir de retrouver mes enfants après cette loooongue journée ! » s'exclama-t-il joyeusement alors que ses trois gamins se jetaient littéralement sur lui. Ma mère rit aux éclats, achevant d'installer les verres sur la table, puis remarqua que je n'avais pas bougé, les yeux toujours rivés sur la bande-dessinée que je lisais avant qu'il ne fasse son entrée ridicule. « Dan ? » Je ne tournai même pas la tête vers elle, me contentant de changer de page avec une lenteur affolante. « Pas concerné. » Le verre qu'elle tenait fut posé un peu plus brutalement que les précédents. « Qu'est-ce que tu racontes encore ? » Elle jouait les innocentes, elle savait très bien où je voulais en venir. Ça n'était pas la première fois et ça n'était pas non plus la dernière. « Pas son fils. » Finalement, Patrick lâcha ses mômes et vint à ma hauteur, me forçant à refermer mon livre. « Eh ! Mais j'ai pas fini ! » Il feignit de ne pas m'entendre et je soupirai bruyamment. « Mais t'es comme mon fils, Rioghbhardan, je te compte toujours quand je parle de mes enfants. » Mon regard noisette se planta dans le sien alors qu'un sourire désabusé étirait mes lèvres. « Mais, toi, t'es pas comme mon père et tu le seras jamais. Je veux pas être ton fils, tu comprends, ça ? » Je vis l'envie de me gifler se peindre réellement sur ses traits et mon sourire s'agrandit davantage, le défiant de le faire. Il se retint. Derrière lui, Shawna avait plaqué ses mains sur sa bouche grande ouverte de surprise. « Dans ta chambre ! Je veux plus te voir ! » Ma mère n'attendit pas que j'y aille docilement pour m'attraper par le bras et me lever brutalement avant de me pousser dans le couloir. Je haussai les épaules, lissai mon pull et disparus derrière la porte que je fis claquer, par principe.

décembre 2014 – Les rires traversaient les murs, me faisant bien comprendre qu'à côté la soirée était chouette. Plus chouette sans moi, il fallait bien l'avouer. Ma mère était venue me voir un peu avant le dîner en me demandant d'aller présenter des excuses à mon beau-père. J'avais refusé, le ton était monté et j'avais finalement été consigné dans ma chambre jusqu'au lendemain. Puisque je ne voulais pas faire partie de cette famille, et bien je n'avais qu'à rester tout seul, qu'elle avait balancé avant de quitter la pièce. J'avais beau me répéter que je m'en fichais, que c'était même mieux comme ça, je n'y croyais pas vraiment. Pas du tout, en réalité. C'était Noël et je me retrouvais  étendu sur mon lit à attendre que le temps passe. Sauf qu'il ne passait pas. Dehors, la neige s'était arrêté, même elle ne paraissait pas décider à me faciliter la tâche, comme pour me faire regretter de m'être comporté comme le petit con que j'étais (et que je suis sûrement toujours, d'ailleurs). On était venu poser une assiette sur mon bureau, je n'avais pas daigné regarder de qui ça venait ni pris la peine de dire merci. De toute façon, je n'avais pas faim. J'avais fini par me calmer, ruminer dans mon coin m'avait épuisé. Les secondes s'étaient écoulées plus lentement encore, le bruit de fond que m'offrait le réveillon auquel je n'étais pas invité me berçant sans le savoir. Je fus réveillé je ne sais pas combien de temps plus tard par un poids affaissant mon matelas. Puis un second. J'avais mis un moment à émerger, comprenant difficilement ce qui se passait mais finalement, j'avais ouvert un œil pour tomber nez à nez avec Shawna et Jackson qui chuchotaient sans remarquer que je ne dormais plus. Le petit garçon fut le premier à le réaliser, si bien qu'il arracha la part de bûche au chocolat que tenait sa sœur pour me la tendre, tout sourire. Il faut bien avouer que je me sentis particulièrement bête à ce moment-là. « M...merci... » Je finis par m'asseoir en acceptant le dessert. Que celui qui sait résister à une bûche au chocolat me jette la première pierre ! « C'est la part à Shawna, Papa et Maman savent pas. Maman met le pyjama à Brady et Papa lit une histoire à Gally, alors on est venus. » m'expliqua-t-il en hochant la tête alors que la jeune fille lui mettait un petit coup de coude dans les côtes. « Bah quoi ? C'est pas vrai ? » Elle marmonna quelque chose en haussant les épaules, visiblement mal à l'aise, mais acquiesça malgré tout. C'était plutôt le genre de Jackson de me tirer des mauvais pas dans lesquels je me mettais tout seul, de négocier la fin prématurée de mes punitions parce que « lui aussi était puni de pas pouvoir jouer avec moi », pas vraiment celui de Shawna... Ce qui me rendait forcément plus réceptif à son geste. Sans trop savoir pourquoi, je déposai un baiser sur sa joue, la faisant rougir sans le vouloir, et comme la situation était vraiment trop bizarre, je réitérai l'expérience avec son frère qui se contenta d'avoir l'air de toucher enfin au but ultime de sa brève existence : ma reconnaissance. Des pas se firent entendre dans le salon, forçant les deux gamins à redescendre rapidement de mon lit. Le benjamin disparut en un rien de temps en prétendant avoir été aux toilettes. « Et ta sœur ? » Il était trop loin pour que j'entende correctement son mensonge. Shawna, elle, s'arrêta sur le pas de la porte et se tourna vers moi, l'esquisse d'un sourire maladroit illuminant son visage qui avait retrouvé sa blancheur habituelle. « Bon appétit. » Elle resta là une seconde supplémentaire et referma silencieusement derrière elle. C'était à la fois le meilleur et le pire réveillon que j'avais passé à Lucan. Le meilleur et le pire réveillon que j'y ai jamais passé...

mars 2015 – Des confettis jonchaient le sol du salon tandis que des verres abandonnés attendaient patiemment qu'on termine le champomy qu'il restait dedans. Aujourd'hui avait eu lieu la fête d'anniversaire de Shawna, à laquelle elle avait invité la majorité de sa classe et, fait étrange, Jackson et moi. Quand elle nous avait donné les invitations, parce qu'elle avait tenu à faire ça correctement, j'avais demandé à ma mère pourquoi ils l'avaient forcée à m'inviter alors qu'ils savaient très bien que je n'avais pas envie d'y aller. Elle avait prétendu que c'était l'idée de la jeune fille elle-même et qu'ils n'y étaient pour rien du tout. Je n'y avais pas cru et avais déclaré que je n'irai pas. Inutile de préciser qu'on ne m'avait pas vraiment laissé le choix et qu'une partie de mon argent de poche durement économisé avait été dilapidé dans un cadeau stupide. Je n'étais pourtant pas au bout de mes peines... Assis sur le canapé, j'observai silencieusement Patrick et ma mère faire défiler les photos que j'avais prises de la fête. On m'avait confié la lourde de tâche d'immortaliser l'après-midi et je devais bien avouer que, après quelques protestations, je m'étais laissé prendre au jeu. Parfois, ils chuchotaient en regardant le minuscule écran, un sourire idiot et attendri accroché aux lèvres. « Ils sont mignons sur celle-là ! » Mon beau-père hocha la tête et releva les yeux vers moi, visiblement ravi, avant de continuer sa découverte. J'avais eu des modèles coopératifs et je ne pouvais plus compter le nombre de fois où toutes les filles présentes s'étaient mises à poser dès que j'étais dans les parages pour être sûres d'être jolies (c'était une question de point de vue) si jamais j'avais le malheur d'appuyer sur le déclencheur. Ça avait été amusant, bien plus que la fête en elle-même, et je ne regrettai pas qu'on m'ait confié cette mission. « C'est du beau boulot ! » lâcha-t-il en éteignant l'appareil. « Quand j'te disais qu'on pouvait lui faire confiance, tu vois ! » Le regard victorieux qu'il lança à ma mère me fit sourire légèrement alors qu'une fierté que je connaissais rarement me prenait pour cible. Il avait insisté pour que je m'occupe de ça malgré les doutes de ma génitrice, qui n'avait pas arrêté de lui répéter que j'allais encore faire n'importe quoi, qu'on aurait pas une photo correcte et qu'à part ennuyer Shawna, ça ne servirait à rien. Elle n'avait pas tort, ça avait été ce que j'avais prévu de faire tout d'abord. Et puis sans trop le réaliser, mes plans avaient changé. « Pour une fois... » Elle m'adressa néanmoins un sourire soulagé et déposa un baiser sur mon front avant de disparaître dans la cuisine. Patrick lui emboîta le pas. J'hésitai une seconde puis le rattrapai rapidement, tirant sur sa manche pour attirer son attention. « Dis... Je pourrai recommencer ? » J'avais vraiment bien aimé jouer les apprentis paparazzis après des amies de Shawna et j'espérai de tout cœur que ça ne serait pas la seule et unique fois. Sans que je ne comprenne pourquoi, il passa son bras autour de mes épaules et m'embarqua jusqu'à son ordinateur. « Je récupère les photos et tu gardes l'appareil, qu'est-ce que t'en dis ? » Il prit même la peine de m'expliquer comment faire pour les transférer, histoire que je puisse me débrouiller par la suite. Pour la première fois depuis que j'avais déménagé, je l'écoutai religieusement, heureux d'apprendre quelque chose venant de lui. Mon air concentré le faisait sourire et, à la fin de la leçon, il tint sa parole en me laissant son bien entre les mains avant de partir rejoindre ma mère, visiblement satisfait de sa fin de journée...

juillet 2016 – La grosse horloge en plastique qui pendait négligemment au dessus de la porte de la cuisine affichait dix heures trente. Ma mère servait le petit-déjeuner, demandant toutes les trois secondes qui voulait quoi pour être certaine de ne pas se tromper tandis que Patrick lisait distraitement le journal en écoutant Gally raconter une histoire à Aoibheann qui, assise sur sa chaise haute, semblait boire ses paroles. La journée commençait sous les meilleurs auspices, sauf pour Jackson et moi, qui avions passé la plus grande partie de la nuit à nous livrer un combat acharné (plusieurs, pour être honnête) sur Pokémon. Mes yeux menaçaient de se fermer tout seul et mon bras ne paraissait pas vouloir tenir ma tête bien longtemps au-dessus du bol de céréales auquel je n'avais pas encore touché. Je bâillai à m'en décrocher la mâchoire et attrapai enfin ma cuillère en soupirant comme si ce simple geste me demandait tous les efforts du monde. A côté de moi, mon camarade de galère fixait ses tartines avec un air de zombie tout ce qu'il y avait de plus crédible. Ça allait être impossible de tenir éveillé jusqu'à ce soir ! Ma cuillère plongea dans le lait, tenta vainement de sauver une boulette de maïs de la noyade mais voyant que ça ne servait à rien, elle s'échappa de ma main et alla se reposer sur le bord. « Allez les garçons, on se réveille. » La voix de ma mère était chantante, sa bonne humeur aurait pu être contagieuse si seulement nous avions été en mesure de la remarquer vraiment. Elle nous ébouriffa les cheveux et me remit la cuillère dans la main pour m'encourager à avaler quelque chose. Shawna ricana et je l'entendis vaguement me traiter de bébé. J'avais envie de lui faire regretter d'avoir osé mais la seule chose dont je fus capable de faire fut de soupirer bruyamment. Pas effrayant pour un sou, malheureusement. Elle ricana de plus belle et finit par se lever. « Je vais chercher le courrier ! » Je pensais très fort que ce serait bien si elle pouvait se faire enlever par le facteur et mis enfin quelques céréales dans ma bouche, sans grand entrain. La tête de Jackson s'abandonna sur mon épaule mais je le virai d'un geste machinal qui eut au moins le mérite de le réveiller un peu plus alors qu'il grimaçait en se frottant les yeux. L'affreux tee-shirt rose de Shawna réapparut dans mon champ de vision tandis qu'elle tendait le petit tas d'enveloppes à son père. « Facture... Facture... Ah, ma sœur nous écrit de Madrid, visiblement il fait beau et elle vous fait de gros bisous à tous ! Facture... Qu'est-ce que...? » Je l'entendis retourner une enveloppe puis il finit par la tendre dans ma direction. « Tiens Dan, c'est pour toi. » Je relevai les yeux, ma curiosité piquée au vif, avant d'attraper la lettre. L'écriture soignée et l'encre verte ne me disaient rien du tout, pas plus que le cachet de cire rouge qui fermait le tout. Un cachet de cire, sérieusement ? Je finis par déchiqueter l'enveloppe pour en sortir un papier étrange recouvert de la même encre verte. « Collège Poudlard, école de sorcellerie...? » Je m'arrêtai aussitôt et relevai les yeux vers ma mère qui n'avait pas l'air plus avancée que moi. Une école de sorcellerie... Ça ne m'était pas totalement inconnu mais je n'arrivais pas à me souvenir où est-ce que j'avais entendu ça. « C'est tout ? » Je secouai la tête et repris ma lecture. « Cher Mr. O'Callaghan, nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficier d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard... La rentrée est le premier septembre, et y'a une liste de fournitures sur l'autre feuille. » Ce nom, Poudlard, me disait vraiment quelque chose. « Ça existe vraiment les écoles de sorcellerie ? » s'étonna Jackson qui était bien réveillé à présent. Ma mère rit légèrement en secouant la tête. « Bien sûr que non. Ton frère est juste encore en train de se rendre intéressant, n'y fais pas attention et finis tes tartines. » Pourtant, sa question me rappelait quelque chose, comme une vieille conversation... Avec mon père. « C'est pas vrai ! J'ai rien fait du tout ! Regarde si tu me crois pas ! » Je m'étais levé si brusquement que ma chaise était tombée. Ma mère attrapa la lettre que je tenais et la survola brièvement. « Papa a dit que ça existait, les écoles de magie ! Il m'a même raconté plein de trucs sur le sujet quand j'étais petit, tu te souviens pas ? C'est peut-être celle-là ! » Je n'y avais jamais vraiment cru, et jusqu'à aujourd'hui, j'avais même oublié l'existence de ces histoires. Mais j'avais envie de penser que c'était vrai. Quel meilleur moyen de me rapprocher de lui que de vivre ce dont il m'avait parlé pendant des années ? « Ne sois pas idiot, tu sais très bien qu'il inventait ça juste pour t'endormir le soir. La magie, ça n'existe pas, ça se saurait sans quoi ! » Ou pas... Quelques heures plus tard, on frappa à la porte, un homme d'une quarantaine d'années qui se présenta comme un employé du « Ministère de la Magie », tout ça n'était pas une plaisanterie de mauvais goût et pour prouver ce qu'il racontait, il agita une branche qu'il sortit de sa poche et fit voler toutes les peluches d'Aoibheann, laissant toute la famille (moi compris) entre l'admiration et l'effroi, même s'ils étaient finalement plus proches de l'effroi qu'autre chose...

août 2016 – C'était la première fois que nous quittions, tous autant que nous étions, notre Irlande natale et je crois qu'aucun d'entre nous n'avait imaginé le faire un jour pour se retrouver dans une ruelle bizarre, peuplée de boutiques qui n'avaient aucun sens et de gens tout droit sortis d'un autre monde. Cette plongée dans le surnaturel était à la fois excitante et angoissante. J'avais eu envie de tout voir, de tout apprendre et pourtant, il fallut se rendre à l'évidence : on se contenterait du nécessaire avant de disparaître aussi vite que possible de là. M'envoyer dans cette école étrange n'avait pas été une décision facile à prendre. Ma mère avait tout d'abord refusé d'en entendre parler, prétendant que son fils n'était pas un demeuré qui irait faire des tours de magie à l'autre bout du monde mais Patrick avait réussi à nuancer un peu son raisonnement, mettant en avant le fait que ça ne pourrait pas me faire de mal d'avoir une vie à moi. Ils avaient bien remarqué que je faisais tout mon possible pour garder encore mes distances, pour ne pas qu'on m'assimile trop facilement à cette famille sans fin et ces mômes trop nombreux et cette école, aussi surprenante qu'elle puisse être, était le moyen rêvé de m'offrir l'occasion de me retrouver un peu. Il espérait même, je l'ai su qu'après, que l'éloignement me ferait prendre conscience de l'attachement que j'éprouvais pour eux et que je reviendrais plus adorable que jamais. Ce fut fort de ces espoirs un peu utopistes qu'ils nous embarquèrent pour l'Angleterre, Londres et son (soi-disant) célèbre Chemin de Traverse. Une vraie galère à trouver ! Mon beau-père avait gardé ma liste de fournitures et avait décrété qu'ils iraient, Shawna, Jackson, Brady, Gally et lui, chercher mes livres puisque c'était très certainement à leur portée, pendant que ma mère, Aoibheann et moi nous chargerions de ma baguette magique. Elle n'avait pas paru très enthousiaste à cette idée mais avait consenti à suivre le mouvement, se laissant emmener jusqu'à la boutique. Je ne mis pas longtemps à ouvrir la porte, la tenant même à ma mère et à ma sœur (puisqu'elle l'était à peu près, celle-là), avant de m'avancer jusqu'au comptoir et de taper sur la petite sonnette qui résonna dans la pièce. « Bonjour jeune homme, Mesdames. » Un homme venait de sortir de nulle part et s'approcha de moi avec un sourire avenant qui me mettait plutôt mal à l'aise. « B...bonjour. » Il sortit un mètre de couturière de la poche de sa veste et me fit signe de tendre le bras. Je m'exécutai, docile et inquiet, puis l'observai silencieusement mesurer toutes les parties possibles de mon bras tendu. Finalement, il partit chercher des boîtes sur des étagères surchargées pendant que le mètre continuait de prendre tout un tas d'autres mesures qui me semblaient pas avoir de rapports avec une possible baguette magique. Ma mère avait attiré Aoibheann contre elle, comme si elle risquait quelque chose. Le vieil homme revint juste au moment où son instrument achevait son travail et me tendit une première branche. « Alors... J'imagine que celle-ci devrait vous convenir. » Mes doigts se refermèrent sur le manche qu'il me tendait et j'attendis bien sagement qu'il se passe un truc. « Et bien, qu'est-ce que vous attendez ? » Je relevai les yeux vers lui sans comprendre. « Servez-vous-en ! » M'en servir ? Mais je savais pas me servir de ça, moi, c'était bien le but d'aller à l'école de magie, non ? Je l'agitai un peu bêtement dans l'air, tâchant de reproduire le geste qu'avait fait l'homme du Ministère quelques semaines plus tôt. Ce fut un échec cuisant mais le vendeur ne s'en formalisa pas, me l'arrachant seulement des mains. « Non, visiblement pas... Essayez celle-ci. » Il m'en mit une deuxième dans les mains et je recommençai mon numéro ridicule sans plus de succès. Il regarda les boîtes et en ouvrit une nouvelle, me tendant la baguette qu'elle contenait. « C'est n'importe quoi... » s'impatienta ma mère derrière moi alors que je bougeai à nouveau le poignet, sans trop d'espoir. Pourtant, je ressentis une chaleur agréable et mon morceau de bois projeta des étincelles argentées. Aoibheann applaudit joyeusement en me demandant de recommencer mais je n'eus pas le temps de le faire que l'homme avait déjà récupéré la baguette que je tenais. « Bois de lierre et cheveu de Vélane, vingt-et-un centimètres virgule trois. C'est une baguette capricieuse, difficile à manier mais très efficace dans les sortilèges de protection. Il va falloir vous armer de patience pour l'apprivoiser. » déclara-t-il avec sérieux alors qu'il emballait ma nouvelle acquisition, sans prendre la peine de nous demander si c'était bien celle-là qu'on voulait. Et entre nous, j'étais pas très sûr de vouloir un truc capricieux qui allait me demander des efforts ou quoi que ce soit du genre... Mais visiblement, ici, on avait pas le choix. Étrangement, ni ma mère ni moi n'avions trouvé le courage de demander ce que c'était qu'un vélane, j'avais imaginé qu'il s'agissait d'un animal qui ressemblait à l'âne commun mais sans trop de conviction. « Voilà. Sept gallions s'il vous plaît. » Ma mère déposa avec méfiance les pièces sur le comptoir et m'attrapa l'épaule pour me pousser vers la sortie. « Ne recommence jamais ça à la maison, c'est compris ? » Encore groggy par cette parenthèse vraiment bizarre dans ma journée qui l'était déjà beaucoup, je ne pris pas la peine de la contredire et hochai simplement la tête. J'avais fait mon premier tour de magie. Ça n'était pas une blague, j'étais un vrai sorcier...

juillet 2017 – Les parents de Patrickavaient accepté de rester à la maison pour garder Aoibheann et Gally quelques heures supplémentaires. Ils nous gardaient déjà tous depuis la veille, arrivés peu après que ma mère ait décrété avec un calme surprenant qu'il était temps d'aller à l'hôpital s'ils ne voulaient pas qu'elle accouche dans la voiture. Ils les avaient appelé en urgence et le couple avait débarqué, tout sourire, comme il l'avait fait les deux fois précédentes. La mécanique commençait à être rodée et j'espérais sérieusement que ce serait la dernière fois qu'ils auraient à l'utiliser. « Je monte devant ! » Je ne laissais pas le temps aux trois autres de répliquer que je claquais la portière derrière moi. Nous étions de sortis, direction la maternité où nous attendait notre petit frère. Dire que j'avais vraiment envie d'y aller serait mentir, je savais à quoi ressemblait un bébé, nous avions déjà connu ça avec les deux derniers, et honnêtement, ils se ressemblaient tous. Mais quand Patrick avait débarqué en nage et des étoiles plein les yeux en déclarant qu'il était né, je n'avais pas eu le courage de faire ma mauvaise tête. On pouvait bien dire ce qu'on voulait, je n'étais pas un ange mais je n'étais pas non plus le diable en personne. J'avais un cœur, parfois. Shawna avait essayé de savoir le prénom mais son père lui avait répondu qu'il ferait les présentations une fois sur place et n'avait pas craché le morceau. Heureusement, le trajet ne fut pas bien long et il ne nous fallut pas beaucoup de temps pour nous retrouver à errer dans les couloirs trop blancs du bâtiment. Dans la chambre, ma mère allongée sur son lit, l'air épuisée mais heureuse. A côté d'elle, un gros bébé dans un pyjama jaune et bleu dormait dans un petit lit transparent. Il bougea doucement le bras à notre arrivée, comme s'il nous avait entendus. Peut-être, j'avoue que je n'y connais pas grand chose en bébé, malgré tout. Ma mère se redressa et nous adressa un sourire rayonnant que je ne pus m'empêcher de lui rendre. Non, bien sûr, je n'avais pas franchement envie de ce nouveau gamin dans les pattes (deux mois par an c'est trop, si vous voulez mon avis) mais son bonheur était communicatif. « Regarde, Maolsheachlann. Regarde qui est là. » souffla-t-elle d'une voix douce alors qu'elle attrapait la minuscule mains de son fils. Le regard que nous échangions, Shawna, Jackson et moi, en disait long. « Maquoi ? » Pendant ce temps, Brady essayait de prononcer correctement l'horreur qu'ils prétendaient être un prénom. « Maolsheachlann ! » C'est qu'il avait l'air fier, en plus ! Jackson rit nerveusement tandis que sa sœur s'agitait à côté de moi. Se moquer n'était pas bien venu, bien sûr, mais il fallait reconnaître qu'ils le cherchaient un peu. « Rioghbhardan, Gallchobhar, Aoibheann et maintenant Maoltruc... Vous les aimez vraiment pas en fait ! » Je lui mis une petite claque alors que les nouveaux (ou presque) parents riaient, un peu mal à l'aise, à sa remarque. Ils devaient bien se rendre compte qu'il n'avait pas tort. Je m'approchai prudemment du bébé, sous le regard protecteur de ma mère, et soupirai avec exagération. « Ouais, tu verras le monde est cruel. Surtout tes parents... Faudra être fort, gamin... » Elle se mit à rire à nouveau et m'envoya en pleine tête le nounours qu'il y avait dans le petit lit. « Eh ! Vous allez le monter contre nous à ce train-là ! » Finalement, on a décidé de l'appeler Mal et tout le monde arrive à le prononcer correctement à la maison...

septembre 2017 – Aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres. C'était mon anniversaire et j'avais treize ans. Ça n'était pas exceptionnel, bien sûr, ça ne changeait pas le cours de mon existence mais tout de même ! C'était le deuxième anniversaire que je passais loin de Lucan et même si j'aimais prétendre que c'était les meilleurs de ma vie, ça n'était pas si vrai que ça. Ma mère ne venait pas me réveiller me chantant cette chanson stupide, Jackson ne grimpait pas sur mon lit pour me forcer à lui faire un câlin et Shawna ne se mettait pas aux fourneaux en rentrant de l'école pour préparer un gâteau digne de ce nom pour le dessert. Même Patrick et le reste du troupeau me manquaient le jour de mon anniversaire... Pourtant, ce fut de bonne humeur que je quittai ma salle commune pour rejoindre la Grande Salle. Je me laissai tomber en souriant sur le banc, près de mes camarades de dortoir qui étaient descendus juste avant. « Joyeux anniversaire, vieux ! » Mon sourire s'agrandit alors que j'attrapai un part de cake au chocolat et le pichet de jus de citrouille. Je n'eus même pas le temps de répondre qu'une armée de hiboux passa les fenêtres de la pièce, survolant les tables avant de balancer leurs chargements devant les élèves concernés. Sans surprise, l'un d'entre eux rasa notre table et abandonna un petit paquet surmonté d'une lettre juste à côté de mon assiette. La lettre passa bien évidemment au second plan et j'arrachai en un rien de temps le papier coloré qui renfermait un appareil photo, en tout point semblable à celui que j'avais à la maison, mais que la boîte qualifiait de sorcier. Comprendre que le mien ne fonctionnait pas à Poudlard (je l'avais pris avec moi lors de ma première rentrée dans l'espoir de partager mon nouvel environnement en rentrant) avait été un véritable drame. Il fallait dire qu'il était devenu le prolongement naturel de mon bras ou presque et qu'il ne se passait pas une semaine sans que je mitraille avec plus ou moins de succès tout ce qui était à ma portée. J'allais désormais pouvoir le faire ici aussi. Pendant que mes amis débattaient de la nécessité d'ensorceler mon nouveau jouet pour qu'il se déclenche tout seul dans les toilettes des filles, histoire de récupérer des clichés intéressants, je m'intéressai enfin à l'enveloppe. Tous y avaient été de leur petit mot, me souhaitant tant un joyeux anniversaire qu'une bonne journée, ma mère regrettait de ne pas me voir grandir et se plaignait de ne pas m'avoir à ses côtés alors que Patrick espérait avec humour que le vendeur du Chemin de Traverse ne les avait pas arnaqués en voyant leur inculture totale. Il y avait même un gribouillis affreux et multicolore qui venait sans le moindre doute de la main inexpérimentée d'Aoibheann. Ils étaient loin, certes, mais j'avais l'impression qu'ils étaient tous plus proches que jamais et je me garderai bien de le leur dire, bien sûr...




Dernière édition par Noel T. Shiver le Jeu 25 Aoû - 15:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: NOEL ♠ Parce que les amis, ça n'apparaît pas comme par magie.   Lun 15 Aoû - 21:52


Moi, j'ai une longue histoire

juillet 2019 – Je venais à peine de rentrer de l'école, ma valise reposait en plein milieu de ma chambre (ou devrais-je dire de « notre chambre ») sans que personne n'ait encore pris la peine de la vider et le dîner avait été expédié en vitesse. La nuit était tombée depuis un moment, comme à chaque fois que je rentrais, et si Shawna s'efforçait de garder les yeux ouverts en regardant avec une fatigue évidente les épisodes multirediffusés d'une série pourrie, le reste du troupeau avait rejoint les lits depuis longtemps. « Mais je te jure que c'est Papa ! » J'avais repoussé une feuille vers ma mère qui soupira de plus belle, l'air plus troublé qu'elle ne voulait l'avouer. Ces derniers mois à Poudlard m'avaient fait aller de découverte en découverte. Tout était parti d'une lecture idiote d'un numéro quelconque de la Gazette et d'un minuscule article concernant le « regretté batteur des Chauves-souris de Ballycastle », pour l'anniversaire de je ne sais plus quel match ou quel événement de l'équipe. Pourtant ça n'avait fait aucun doute, l'homme chevauchant un balai qui souriait joyeusement pour la photo ne m'était pas inconnu. Et la légende m'avait donné raison puisqu'elle le nommait en toute lettre, tuant sans mal les hésitations qui auraient pu subsister encore : il s'agissait bel et bien de Cillian O'Callaghan. De mon père. Le choc avait été plus brutal que prévu et j'étais resté là, au beau milieu de la Grande Salle, à relire encore et encore les quelques lignes qui semblaient en connaître bien plus que moi au sujet de mon propre géniteur. Le regard clair de Shawna avait quitté la télévision pour la table du salon autour de laquelle nous étions installés, ma mère, Patrick et moi. Lorsqu'il croisa le mien, elle se leva sans un mot et vint se poster derrière ma chaise pour regarder ce qu'il se passait. « Arrête un peu de dire n'importe quoi, tu veux ? Je te l'ai déjà dit, ton père n'était pas un sorcier. » Je sentis mes muscles se raidir à son ton froid. Patrick ouvrit la bouche mais elle le fit taire d'un regard. Je ne m'étais pas contenté d'un vague article. Le reste de mon année n'avait été là que pour me permettre d'en apprendre davantage sur lui et j'avais réussi à mettre la main sur quelques interviews et de nombreuses photos que je sortis d'un geste brusque qui fit sursauter tout le monde. « Ah ouais ? Et tout ça, alors ? C'est quoi ? Hein ? Une coïncidence ?! Ose me dire que c'est pas lui ! Vas-y ! » Ses mains, un peu tremblantes, se saisirent de quelques feuilles tandis que celle de Shawna se posait sur mon épaule. Ma mère se referma, ses yeux balayant ce qu'elle tenait à une vitesse incroyable. Les articles, les photos, tout ce qui lui tombait sous la main subissait le même sort alors que son visage pâlissait de plus en plus. Elle me croyait, maintenant ? « Il était pas chauffeur de bus... Mais joueur de Quidditch. J'suis sûr qu'on peut apprendre plein d'autres trucs ! Et il avait une famille, on peut peut-être essayer de leur écrire, ou d'aller les voir, non ? J'aimerais bien connaître mes grands-pa... » J'avais parlé sans prêter d'attention à ma mère, trop occupé à fixer à l'envers et sans les voir vraiment les sourires radieux que m'offrait la version papier glacé de mon père. « Tais-toi ! Je ne veux plus en entendre parler. Tu racontes n'importe quoi. Tu racontes toujours n'importe quoi ! » Elle ne m'avait pas laissé finir et avait quitté la table sans un mot de plus, sans même se retourner. Je relevai la tête vers Patrick, le seul à me faire face à présent, et n'eus même pas le courage de répondre à son sourire désolé. « J'te jure que c'est vrai, c'est pas n'importe quoi, c'est... c'est vraiment mon père ! » Shawna resserra discrètement son étreinte avant de m'abandonner à son tour pour aller éteindre la télé. « Je sais, Dan. Je te crois. Et ta mère le sait aussi. Laisse lui juste le temps d'encaisser la nouvelle. Ça ira mieux après. En attendant, filez au lit tous les deux, vous arriverez pas à vous lever demain matin. » J'ai soupiré alors qu'il m'ébouriffait les cheveux, déposant quelques secondes plus tard un baiser sur la joue de sa fille. « Papa a raison, tu sais, ça ira mieux après... » Je hochai la tête plus par politesse qu'autre chose et me levai à mon tour, sans grand entrain. Je les avais crus, ce soir-là, convaincu que ça serait l'affaire de quelques jours mais nous nous étions tous les trois lamentablement plantés...

décembre 2019Jackson termina de lisser correctement le glaçage au chocolat que nous avions versé sur la bûche et alla la ranger tant bien que mal dans le frigidaire. Les années avaient beau passer, le dessert de Noël, lui, restait inchangé. Et cela ne déplaisait à personne, pas même à moi qui avais consenti à mettre la main à la pâte, pour une fois... Il commença à mettre les ustensiles utilisés dans le lave-vaisselle tandis que Shawna allait s'occuper de réveiller Aoibheann et Mal qui achevaient leur sieste. Je finis par quitter la cuisine à mon tour, traversant le salon où Brady et Gally étaient en train de choisir le film que nous allions regarder en « famille » avant qu'il ne soit l'heure de dîner sans prendre la peine de m'arrêter avant de me glisser silencieusement dans le couloir, à la suite de Shawna. Si elle alla jusqu'au bout de celui-ci, où se tenaient nos chambres, je m'arrêtai un peu avant et toquai doucement à la porte de celle de ma mère. Pas de réponse. J'entrouvris discrètement et passai la tête à l'intérieur. Il faisait plus sombre que dans le reste de l'appartement. Les volets étaient fermés, les rideaux tirés par-dessus. L'obscurité quasi-totale était seulement dérangée par la lumière du couloir et me rendait difficile l'observation de quoi que ce soit. Pourtant, je parvins à distinguer une silhouette étendue sous les couvertures. Elle me tournait le dos. Je finis par entrer, non sans une boule au ventre. Les choses avaient dégénéré plus que nous ne l'aurions jamais imaginé. Déjà, avant que je ne retourne à Poudlard, elle n'était plus aussi souriante, plus aussi radieuse que d'ordinaire mais personne ne s'en était inquiété plus que ça. On avait tous mis ça sur le compte de la guerre silencieuse qui s'était déclarée entre elle et moi au sujet des révélations que j'avais eu sur mon père mais même après mon départ, ça n'avait fait qu'empirer. Aujourd'hui, elle ne se levait plus, passait son temps à pleurer et refusait de nous rejoindre pour dîner. Patrick travaillant toujours autant, c'était à Shawna de prendre un rôle qui ne lui revenait pas : celui de maman. Et il fallait bien avouer que du haut de ses seize ans, elle s'en sortait vraiment bien. Depuis le début des vacances, je faisais ce que je pouvais pour l'aider, n'hésitant pas à préparer le dîner ou à baigner les plus jeunes en attendant que leur père rentre enfin. Je m'estimais heureux de ne pas vivre ça au quotidien autant que je culpabilisais de les abandonner la majeure partie de l'année. C'était un mélange étrange et perturbant. Pour la première fois de ma courte vie, je me sentais appartenir pleinement à leur famille, parce que c'était ma mère et qu'ils se retrouvaient tous aussi perdus sans elle que je pouvais bien l'être. Je m'approchai du lit et m'assis sur le bord. Elle ne bougea même pas, pas plus lorsque je posai ma main sur son bras. « Maman ? » Ma voix était calme et douce, en contradiction totale avec le cataclysme intérieur que je pouvais bien ressentir. Ma mère était là, dans un état presque végétatif, reniflant comme si elle sanglotait encore et moi, j'étais responsable de tout ça et particulièrement impuissant. Elle émit un petit couinement pathétique que je pris comme une invitation à continuer. « On a fini la bûche. On va manger dans pas très longtemps. On attend Patrick. » Elle renifla une fois de plus et remonta la couverture, cachant presque totalement son visage. « Les garçons choisissent un DVD, on va le regarder tous ensemble... » Je repoussai tant bien que mal la couette, ma mère gémissant plaintivement à mon geste. « Viens le voir avec nous... Allez... Ce sera bien... Tu... Tu nous manques, Maman... » Elle se mit à pleurer de plus belle et m'arracha le tissus des mains, s'ensevelissant entièrement dessous. « Va-t-en ! » Sa voix me parvenait péniblement, ses pleures et la couverture n'aidant en rien. « J'suis une mauvaise mère... Je vous mérite pas... Je suis désolée... Pardon... » Sur quoi elle me repoussa et recommença à me hurler de partir. Mes jambes eurent le bon sens de me porter jusqu'à la sortie où m'attendait Shawna, visiblement aussi choquée que je pouvais bien l'être. J'eus à peine le temps de fermer la porte qu'elle m'attirait contre elle, m'enlaçant comme aurait dû le faire ma génitrice. J'enfouis mon visage dans son cou alors qu'elle me frottait le dos dans un geste rassurant. « Tout est de ma faute... » Ses lèvres se posèrent sur mon front alors que je resserrai mon étreinte sur sa taille fine. « Ne dis pas ça... Papa dit que c'est la coïncidence. T'y es pour rien. » J'allais protester mais elle ne m'en laissa pas le temps. « T'y es pour rien... » Elle me força doucement à relever la tête, ses yeux verts se noyant dans le chocolat des miens. Elle souriait, un peu tristement mais elle souriait. Je dus prendre sur moi pour le lui rendre alors qu'elle essuyait maladroitement mes joues. « Ce soir, on y pense plus, d'accord ? Au moins pour les petits. Faut qu'on soit tous contents. C'est Noël. C'est bien, Noël, non ? » Je hochai la tête, pas très convaincu. Elle dut le remarquer puisqu'elle me mit une petite claque sur la joue en ricanant nerveusement avant de me serrer à nouveau contre elle. « Allez, viens. Y'a Les Cinq Légendes qui nous attendent... » Sur quoi elle m'attrapa la main et m'entraîna jusqu'au salon où le reste de la fratrie était déjà installé sur le canapé. Je jetai un dernier regard à la porte derrière laquelle s'était retranchée ma mère puis suivis docilement Shawna. Je soulevai Aoibheann pour lui piquer sa place et la laissai s'installer sur mes genoux en échange. Elle avait raison, dans le fond, ce soir, c'était Noël et il fallait que nous en profitions au maximum que notre mère soit là ou pas...

juillet 2020 – La fin de l'année n'avait pas été mieux que son début. Patrick m'avait traîné de force jusqu'au Poudlard Express pour que je retourne à l'école mais mon esprit était resté à Lucan. La ville me manquait autant que je la détestais, je voulais retourner auprès des miens autant que j'étais d'ordinaire ravi de les quitter. Ma mère n'allait pas bien et moi, j'étais contraint de jouer les dégénérés qui faisaient des tours de magie. Courant févier, j'avais reçu une lettre m'expliquant qu'ils avaient été obligés de la faire interner, elle refusait catégoriquement de se soigner et son état se dégradait de plus en plus. Si je comprenais qu'ils n'aient pas eu le choix, je n'ai jamais accepté qu'ils me laissent moisir à Poudlard. « Tu es bien mieux là-bas » répétait mon beau-père à chaque fois que j'avais le malheur de lui demander d'écrire à McGonagall pour que je puisse rentrer ! Je n'ai jamais compté le nombre de lettres envoyées pour rien, le nombre d'heures passées à espérer qu'il finirait par changer d'avis. Honnêtement, mon année s'est terminée le jour où la nouvelle est tombée. Je n'étais plus bon à rien, je n'arrivais plus à me concentrer, mes notes déjà pas brillantes étaient en chute libre... Il n'y avait plus rien d'autre qui comptait que l'état de ma mère et le pétrin dans lequel était le reste de la famille, pétrin que me cachait Patrick mais que me dévoilait Shawna dans son dos. Elle devait avoir besoin d'une oreille attentive et moi d'une taupe. Jamais nous ne nous sommes autant écrit que durant ces quelques mois... Lorsque, enfin, je fus de retour, ma mère attendait bien sagement à la maison. Elle semblait avoir vieilli et son regard était plus triste que jamais. Je regrettai presque d'être revenu. On m'avait prévenu qu'il fallait la ménager un peu, que nous ne devions pas la brusquer. Et je vous assure que c'était dans mes plans. Tout le mois de juillet, j'avais été un fils modèle, le gamin idéal. Ni heurts ni cris, du moins pas lorsqu'elle était dans les parages. Je me pliais sagement aux tâches ménagères et m'occupais de mes frères et sœurs comme le faisait d'ordinaire notre aînée. Il fallut attendre que le hibou apporte ma liste de fournitures pour que l'image parfaite que je renvoyais alors n'éclate en mille morceaux. « Rioghbhardan O'Callaghan ! » tonna ma mère depuis la cuisine alors que je terminai de m'habiller. Je me suis raidi d'un coup, sentant arriver l'embrouille. Jackson qui venait de sortir de la douche et trempait le sol de notre chambre en restant planté au beau milieu de celle-ci sans avoir pris la peine de se sécher avant me fixait comme si on venait de lui annoncer que j'étais coupable de meurtre. « Grincheux a fait une grosse bêtise, on dirait ! » Je le poussai sur son lit un peu plus violemment que je l'aurais cru. « Rho, la ferme. » Mes doigts achevèrent d'attacher mon pantalon et je quittai la chambre pour rejoindre ma mère. « Qu'est-ce qu'il y a ? » Si ses yeux avaient pu lancer des éclairs, je serais mort sur le champ. « C'est quoi ça ? » Je pris la lettre qu'elle me tendait et la survolai rapidement. J'ai le regret de vous annoncer qu'aux vues de vos résultats, nous sommes dans l'obligation de vous faire redoubler votre quatrième année au collège Poudlard blablabla... L'encre verte et l'écriture soignée ne trompaient pas. Ça n'était pas une mauvaise blague, je n'avais même pas été fichu d'obtenir la moyenne cette année... « On paye une fortune, ton père et moi, pour qu... » J'avais froissé la lettre sans m'en rendre compte. « C'est pas mon père ! » Patrick arriva à cet instant précis, comme s'il avait compris qu'il était devenu indirectement le sujet de notre conversation. Son air attristé me mit mal à l'aise. Lorsqu'il nous demanda ce qu'il se passait, je me contentai de lui fourrer la lettre froissée dans les mains. « Norah... Il a eu une année difficile, lui aussi, tu le sais. Il va se reprendre et à la rentrée ce sera bon. N'est-ce pas, Dan ? » Hébété, je hochai la tête alors qu'il me rendait la mauvaise nouvelle. « Et puis, les économies qu'on fera avec ses fournitures, ce sera toujours ça qu'on pourra dépenser dans celles de Mal ! » Il adressa un sourire rassurant à ma mère et alla l'embrasser tendrement avant de se préparer à partir travailler. Il n'avait pas eu besoin de faire la moindre remarque pour que je me sente idiot. Peut-être qu'il n'était pas mon père, pas vraiment, mais je n'étais même pas sûr que le mien en aurait fait autant pour moi et se serait montré allié à ce point...

août 2020Shawna était vautrée sur le canapé avec une de ses amies, une petite grosse avec laquelle la puberté n'était pas tendre. Elles gloussaient bêtement en regardant une comédie romantique avec je ne savais pas trop quel acteur « trop canon » pendant qu'à leurs pieds, Ciara était en train de jouer avec ses cubes. Ma mère était partie rendre visite à ses parents pour le week-end et Patrick devait faire l'inventaire du magasin, si bien que nous nous retrouvions, elle et moi, à jouer les baby-sitters (une fois de plus). Dès que je relevais les yeux des corps explosés des zombies que je venais de tuer sur ma console, je croisais le regard bovin de la copine qui m'offrait son plus beau sourire métallique en rougissant bêtement. Elle se penchait parfois vers Shawna qui lâchait la télévision deux secondes pour s'intéresser à moi et haussait les épaules avec toute l'indifférence du monde. Je ne savais pas si c'était agréable ou non. Sans me vanter, pas trop, ça n'était pas la première fois que ces demoiselles me faisaient part de leur intérêt. Après une période très ingrate durant ma pré-adolescence, je devais bien avouer que je m'en sortais à présent pas trop mal. Suffisamment en tout cas pour me faire réaliser que j'avais les moyens d'en jouer un peu. Là... Elle était décidément trop moche pour en tirer une quelconque satisfaction et le dédain que me portait Shawna en sa compagnie n'arrangeait pas les choses. Non, ça n'était pas agréable en fait. Je reportai finalement mon attention sur le massacre dont j'étais l'auteur, bien plus esthétique que les deux baleines échouées devant la télé. Nous étions plutôt tranquille, cet après-midi là, Brady était chez un copain de classe alors que Jackson s'était dévoué pour aller au parc avec Aoibheann et Maolsheachlann. Il ne restait que Gally, en train de lire, de dessiner ou n'importe quoi d'autre qui se faisait en silence. C'était tellement simple d'oublier son existence... Ciara, elle, en revanche nous la rappela sans la moindre honte en se mettant à brailler à pleins poumons, nous faisant sursauter tous les trois d'un même mouvement. « Faut la changer, je crois. Tu veux bien t'en charger, s'il te plaît ? » Je ne pris même pas la peine de relever les yeux de ma console, m'adossant simplement plus confortablement contre le dossier de ma chaise. « Peux pas. Pas fini ma partie. » Elle soupira. « Et t'en as pour longtemps ? » Je ricanai discrètement et haussai les épaules alors qu'un zombie venait de se prendre une balle en pleine tête. « Ouais. » Elle soupira de plus belle et le son de la télévision se coupa, signe qu'elle avait capitulé et mis pause. Malheureusement, à peine eut-elle disparu avec la pleurnicheuse que la copine se levait à son tour et venait regarder par dessus mon épaule ce que j'étais en train de faire. « T'as l'air doué. » Sérieusement ? C'était vraiment pourri comme technique d'approche ! « Ça va. » Elle se pencha un peu plus pour observer ce qu'il se passait sur ma console mais sentir son souffle dans mon cou me fit lamentablement tirer de travers et ma partie se termina aussi lamentablement d'ailleurs. Génial... Elle ne parut pas déranger plus que ça de m'avoir fait rater puisqu'elle se redressa en rejetant arrière ses cheveux ternes et vaguement blonds. « Ma cousine se marie le week-end prochain. Tu veux bien m'y accompagner ? » Je sursautai plus brusquement encore que lorsque ma sœur s'était mise à hurler mais je ne me laissai pas démonter, un sourire moqueur étirant mes lèvres. « Ça dépend ce que j'y gagne. » Elle eut l'air soulagé, ce qui me fit sourire davantage encore. Non mais quelle idiote ! « Ça veut dire oui ? » « Non. Ça dépend de ce que j'ai en échange. » Le sourire qui s'était installé sur son visage se fana aussitôt. « J'en sais rien moi... Ma reconnaissance éternelle ? » J'ai ricané en secouant la tête alors qu'elle soupirait discrètement. « Vingt euros ? » Je dus avoir l'air surpris parce qu'elle vira écarlate et baissa les yeux. Elle était désespérée au point d'être prête à me payer pour l'accompagner à un mariage ? Elle pouvait pas demander à quelqu'un d'autre ? Je la toisai un instant. Non, évidemment... « Cinquante. Pas moins. » Elle grimaça et se tortilla sur place. Si elle essayait de m'amadouer, c'était raté, ça me donnait juste envie de lui indiquer l'emplacement des toilettes. « Tu te fais passer pour mon petit-ami pour ce prix-là, alors ! » Je ne pus m'empêcher de rire, un peu cruellement d'ailleurs. « Compte pas dessus. C'est un trop gros sacrifice que tu m'demandes là, t'es gentille mais j'ai une fierté quand même. » Elle parut blessée mais je ne m'y fis pas attention. Avec un peu de chance, elle allait finir par laisser tomber l'idée. « Et pour quatre-vingt, tu le fais ? » Cette fille était complètement folle. Mais j'étais fauché... Et c'était plutôt bien payé pour avoir à lui tenir la main pendant quelques heures... Shawna revint à ce moment-là, Ciara visiblement calmée dans les bras. J'adressai un sourire ravi à ma nouvelle cliente, sourire qu'elle me rendit avec méfiance. « Je dois être chez toi à quelle heure ? » Mon aînée manqua de s'étouffer et sa copine avoua qu'elle m'enverrait un texto ce soir pour me le dire, sur quoi elle s'empressa de noter mon numéro avant de retourner devant leur film ridicule. Oui, il fallait vraiment se dire que c'était bien payé pour le peu que j'allais avoir à faire...

décembre 2020 – Alors que j'avais imaginé que mon job d'escort boy se résumerait à une seule et unique cliente, ce qui me suffisait vu la cliente en question, le bouche-à-oreille avait fonctionné plus que bien durant mon absence et me forçait à revoir mes plans. Quelques anciennes camarades d'école et une ou deux filles du quartier, les plus moches de Lucan à n'en pas douter, avaient réussi à extorquer mon numéro à l'amie de Shawna et ne s'étaient pas dérangées pour me proposer de les accompagner à toutes les fêtes qu'elles pouvaient bien avoir dans leurs emplois du temps en prenant néanmoins la peine de préciser qu'elles ne s'attendaient pas à ce que je fasse quoi que ce soit bénévolement. Je ne savais pas trop si je devais en rire ou en pleurer. Parce que j'avais eu la bêtise de le faire une fois, rien qu'une, j'avais une réputation détestable parmi une partie de la gent féminine de la ville ! C'était d'une injustice profonde. Mais une occasion en or malgré tout... J'avais seize ans et devant moi les moyens de multiplier sans trop d'efforts mon argent de poche. Prétendre que je n'ai pas hésité serait mentir, d'accord, mais j'ai fini par accepter autant qu'il m'était possible de le faire sans attirer l'attention de ma mère ou de Patrick. Je disais avoir renoué avec d'anciennes connaissances (qui irait vérifier ce qui se disait sur Facebook ?) ou rejoindre des amis de Poudlard. Si bien que je pus jouer les petits-amis temporaires de quatre demoiselles différentes sur les vacances... Je venais d'achever la soirée du nouvel an avec une autre, une fille avec qui j'avais été en primaire et dont la mère avait toujours tenté (avec l'aide et le soutien de la mienne) de nous faire tomber éperdument amoureux dès notre plus jeune âge. Ce qui avait été un échec lamentable. De mon côté du moins... La pauvre avait un peu trop bu et ricanait toute seule depuis de longues minutes déjà alors que nous tentions tant bien que mal d'arriver jusqu'à chez elle. Il avait été décidé que je la ramènerai jusqu'à la porte de son appartement, sûrement parce qu'elle prévoyait de ne pas être en état de rentrer toute seule, après quoi je serai libéré de mon devoir et pourrai enfin aller me coucher. Je m'étais ennuyé comme un rat mort toute la soirée, à écouter des gens que je ne connaissais pas lui demander tous les détails de notre « couple », à quoi elle répondait avec une conviction troublante qui me laissait presque croire que tout cela était réel. Ça n'aurait pas dû être autorisé de mentir aussi bien. Elle finit par s'appuyer contre le mur de son palier avant de me tendre ses clés. « J'arriverai jamais à viser la serrure. » Et elle gloussa de plus belle tandis que j'ouvrai à sa place. Ses parents étaient en voyage et l'avait laissé passer les fêtes de fin d'année sans personne, ce qui expliquait sûrement son envie d'en profiter au maximum. « Voilà Mademoiselle ! C'est ici que nos chemins se séparent... » Elle gloussa de plus belle et se rapprocha de moi. Son souffle chaud empestait la vodka. « Passe la nuit avec moi... J'suis toute seule, j'aime pas être toute seule... Allez Dan, s'il te plaît... » Je la repoussai doucement en secouant la tête. « Il était juste question que je t'accompagne et que je te ramène... On était d'accord. » Elle fouilla dans son sac et en sortit un billet de cent euros qu'elle me fourra dans la main, refermant mes doigts dessus avec un sourire enjôleur. « On peut peut-être revoir les termes du contrat, maintenant, non ? » Mon cœur s'était mis à battre plus fort. Si je voulais bien jouer les cavaliers, il n'avait jamais été question que ça aille plus loin... D'un autre côté, j'avais surpris une conversation entre ma mère et mon beau-père à propos de dettes accumulées depuis son internement et cent euros supplémentaires seraient sûrement les bienvenus à la maison... Je me suis détesté au moment où j'ai fini par glisser le billet dans ma poche et ma main dans la sienne. Mes limites venaient d'être explosées et je n'étais plus certain que c'était aussi innocent que je me l'étais laissé croire durant l'été...

juillet 2021 – La nuit était tombé depuis un moment lorsque je finis par me relever, quittant la chambre sur la pointe des pieds. Le calme était toujours agréable tant il était rare. Toute la maison dormait et il n'y avait pas de meilleur moment dans la journée. Je me traînai péniblement jusqu'au frigidaire, attrapant une bière sans trop y faire attention avant de me glisser sous le volet roulant à moitié fermé de la baie vitrée qui menait à l'unique et minuscule balcon de notre appartement. Le vent soufflait un peu mais ça n'était pas dérangeant le moins du monde, il faisait bon malgré tout. L'été s'était installé et refusait de nous quitter, même le soir. Malgré la douceur que nous offrait la météo, la soirée n'avait pas été aussi délicieuse que je l'avais espérée. Ma mère et Patrick s'étaient disputés à mi-voix dans la cuisine au beau milieu du repas, espérant sûrement qu'on ne les entendrait pas, Aoibheann avait posé sur moi ses yeux énormes et brillants de larmes en me suppliant de lui dire qu'ils n'allaient pas divorcer (ce que j'avais fait avec une certitude qui m'avait moi-même étonné) et Shawna ne m'avait pas adressé le moindre mot... C'était sûrement ce dernier point que me dérangeait le plus même si je refusais clairement de l'avouer. Que nous nous toisions en boudant était monnaie courante mais pour une fois, je n'avais strictement rien fait. Nous nous étions vaguement embrouillés parce que je l'avais réveillée en rentrant trop peu discrètement trop tôt à son goût (trop tard d'après ma mère) mais comme je m'étais sagement excusé, elle n'avait pas bataillé davantage et avait filé rejoindre des copines en nous souhaitant à tous, moi compris, une bonne journée. C'était entre son départ et son retour qu'il y avait eu un problème... Un soupir et je portai la bouteille à mes lèvres alors que des pas se faisaient entendre de l'autre côté du volet. Un arrêt, un silence puis la tignasse rousse de la jeune femme se glissa dans le petit espace comme je l'avais fait juste avant. « Hey... » Pas de réponse, seulement son regard clair braqué sur moi. S'il avait pu lancer des éclairs, je serais probablement mort sur le champ. Elle restait là, debout à quelques pas de moi, à laisser passer au fond de ses prunelles toutes les tortures violentes et douloureuses qu'elle me réservait secrètement. « C'est vrai ce qu'on raconte ? » Sa voix était plus blessée qu'en colère, ce qui me perturba davantage. Mon cœur loupa un battement. Je ne savais pas que ma vie était vraiment publique mais vue la petite notoriété que j'avais réussi à obtenir dans les environs de Lucan, je n'avais aucun mal à imaginer de ce dont il s'agissait. Je haussai les épaules et bus une nouvelle gorgée pendant que Shawna se laissait glisser à côté de moi. Elle m'arracha la bouteille des mains et se servit comme si c'était la sienne. « Ça dépend de ce qu'on raconte. » Son regard se fit plus dur. « Que des filles te paient pour... pour... » Sa voix se brisa et elle ne termina jamais sa phrase. Elle n'en avait pas besoin, elle le savait. Je récupérai notre bière sans un mot et en avalai une nouvelle gorgée, les yeux rivés sur l'immeuble d'en face. Mon absence de réponse valait tous les aveux du monde et le couinement qu'elle émit sans le vouloir vraiment me glaça le sang. J'aurais parié qu'elle allait me gifler et disparaître mais elle n'en fit rien. « Mais pourquoi ? » « C'est un job comme un autre. » Son poing s'abattit sur mon épaule sans grande force puis y posa sa tête en reniflant discrètement. Ma main attrapa la sienne avant que nous soupirions à l'unisson. « Elles sont désespérées et on a besoin d'argent, écoute, ça arrange tout le monde. » Ses ongles s'enfoncèrent dans ma chair, me faisant grimacer sans un bruit. Elle renifla de plus belle, comme si elle se retenait de pleurer, et se blottit contre moi. J'aurais préféré qu'elle me reproche de la laisser se débrouiller avec les gamins, de ne jamais la prendre au sérieux ou de piquer son téléphone quand elle avait le dos tourné. N'importe quoi plutôt de voir combien je pouvais la décevoir. « On ? » Je haussai à nouveau les épaules et elle râla à mon geste. « Je partage avec les parents. » Elle se releva brusquement, manquant de faire tomber la bouteille que j'avais posée entre nous deux au passage. « Parce qu'ils sont au courant ?! » Je secouai la tête, presque hystérique, paniqué à l'idée qu'elle aille balancer quoi que ce soit. « Évidemment que non ! Enfin, je crois pas. Officiellement j'ai une vie sociale bien remplie, rien d'autre. Mais ça m'empêche pas de filer un coup de main comme je peux. » Son regard se fit insistant. Elle voulait que je m'explique davantage et, moi, je voulais qu'elle me fiche la paix. « La boîte de lait en poudre en haut du placard de la cuisine ? » Un bruit sourd nous fit sursauter tous les deux, suivi d'un « aïe » qu'on eut aucun mal à attribuer à Jackson. Il s'était visiblement cogné la tête dans le volet et allait arborer une jolie bosse d'ici demain. « Fallait pas lui dire ! Elle va surveiller maintenant ! » Il attrapa la bouteille abandonnée juste avant que Shawna ne lui assène une petite tape derrière le crâne. « C'est quoi cette histoire ? » « Un truc entre Dan et moi, cherche pas. » Le regard de la jeune femme se posa sur moi alors que je levai les mains en signe d'innocence. Elle pointa son doigt dans ma direction comme une arme avant d'appuyer le bout de son ongle manucuré sur mon torse, me menaçant silencieusement d'une véritable guerre si je ne coopérais pas. « Mais... » « Balance ou t'es dans la merde. » Je reculai machinalement alors que Jackson se redressait, soudainement beaucoup plus intéressé par mon secret que par la sécurité du nôtre. « Tu ferais pas ç... » « J'attends. » Le plus jeune poussa légèrement sa sœur pour entrer dans mon champ de vision à son tour. « Qu'est-ce que t'as encore fait, Grincheux ? » Il allait avaler une nouvelle gorgée quand je lui arrachais la bouteille des mains pour le faire à sa place, juste histoire de gagner du temps. Manque de chance, leurs regards ne me lâchaient pas. « Patrick laisse de l'argent dans cette boîte, pour les factures et tout. C'est Jack qui l'a trouvée. » Celui-ci grommela quelque chose que je ne compris pas puis me traita de traître avant de reprendre notre bière comme si je ne la lui avais jamais retirée. « Et ils se rendent compte de rien ? » Je haussai les épaules une fois de plus juste avant que l'adolescent me balance un coup de pied maladroit. « Parce que t'as été balancé que j'me servais ? Mais quel connard ! » Je frottai machinalement mon tibia endolori pendant que Shawna accusait difficilement le coup. « Attends... Tu... tu te sers ? T'es en train de dire que tu voles nos parents, là ? Mais tu te prends pour qui, sérieusement ? Tu crois qu'ils en font pas assez comme ça ?! Tu vas avoir des ennuis toi, c'est moi qui te le dis. File dans ta chambre, on réglera ça demain. » Jackson avait tout d'abord rougi avant de perdre tous les couleurs qu'il avait récupérées. Il avait l'air honteux mais je pense plutôt qu'il regrettait juste de s'être vendu tout seul. « Allez, dégage ! Dans ta chambre, j'viens de te dire. » Il finit par obéir, emportant ma boisson avec lui. Le silence reprit ses droits sur le minuscule balcon. J'étais mal pour lui, mine de rien. Je n'avais jamais eu l'intention de le trahir et j'aurais préféré qu'il évite de le faire également. Même si c'était pas très honnête, cette histoire. « C'est Maman qui s'occupe des comptes, et tu sais comment elle est... Elle se fiche pas mal de savoir d'où ça vient tant que c'est là. » Elle hocha brièvement la tête, perdue dans ses pensées. J'en profitai pour me relever, m'étirant péniblement, et l'enjambai tant bien que mal avant de déposer un baiser sur son front. « Je retourne au lit... Traîne pas trop. » Je n'eus même pas le temps de passer sous le volet roulant qu'elle bougeait à son tour. « Eh... Dan ? » Je me retournai juste à temps pour lui rendre l'étreinte qu'elle m'imposa. « Arrête. S'il te plaît. Tu vaux mieux que ça. » Je ne répondis rien. Ses lèvres se posèrent sur ma joue puis elle passa devant moi et disparut dans le couloir. Je valais mieux que ça, hein ? J'étais loin d'en être véritablement convaincu...

décembre 2021 – Je n'avais pas écouté Shawna. Je n'avais pas arrêté. Pire encore, j'avais fini par sympathiser avec une fille qui en vivait réellement, qui se contentait de se faire entretenir par une poignée de vieux riches prêts à se saigner pour ses beaux yeux (et il fallait bien avouer qu'il n'y avait pas que ses yeux qui l'étaient). Elle avait vingt-cinq ans et une allure de déesse qui faisait se retourner tout le monde sur son passage. Elle prétendait qu'elle n'avait jamais rien fait d'autre dans sa vie, ni études ni travail, et que, depuis presque dix ans maintenant, tout n'était plus que luxe et volupté. Impossible de savoir si c'était vrai, impossible de savoir quoi que ce soit en réalité. Elle était insaisissable. Et je m'en fichais. Je ne voyais en elle ni une amie ni une amante, seulement une sorte de modèle qui me distillait ses conseils avec une fierté (fausse peut-être) qu'elle peinait à cacher. Nous avions mis le cap sur un bar branché de Dublin, un de ceux dont les véritables clients ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Elle m'avait expliqué qu'on la connaissait plus que bien là-bas et qu'il y avait des chances énormes pour qu'on réalise sans le moindre mal que j'étais comme elle rien qu'en nous voyant ensemble. L'étais-je réellement ? Ça n'était sûrement pas très important. Elle était en train de rire à gorge déployée, seulement pour attirer l'attention, lorsque le barman se rapprocha de nous avec un sourire un peu pervers. Lui aussi devait avoir des vues sur elle. Lui comme le reste du monde. Peut-être même que j'aurais pu en faire partie, si la situation avait été différente. Pourtant, ça ne fut pas d'elle qu'il s'approcha mais de moi, déposant sur le comptoir une coupe de champagne. Personne ne m'avait demandé ma carte d'identité et je croisais très fort les doigts pour que personne ne me la demande. Je n'avais que dix-sept ans et vivais déjà ma vie comme un grand. « De la part de la demoiselle, juste en face. » Intrigué, je relevais les yeux. La demoiselle en question m'adressa un signe timide de la main, comme une gamine qui croiserait le regard de son amoureux pour la première fois. C'était particulièrement troublant. Désagréable. Prometteur... Ses amies gloussèrent alors que je levais mon verre pour la saluer, la faisant rougir sans le vouloir. C'était tellement étrange de voir cette femme (qui aurait pu être ma mère, sans le moindre doute !) agir comme une adolescente. S'en suivit tout un jeu de regards aussi enjôleurs qu'entendus. Je ne savais pas encore ce que ça allait me rapporter mais je n'avais aucun mal à comprendre que ma nuit se passerait loin de Lucan. Son cadeau ne fit pas long feu, pas plus que la compagnie de ma voisine. Un homme était passé derrière elle, lui avait distraitement caressé la hanche et ça avait suffit pour la faire se lever, me dire au revoir en quatrième vitesse avant de le suivre. Je me retrouvai là, au beau milieu d'un bar douteux, dévoré des yeux par une quarantenaire en manque. L'espace d'une seconde, j'ai amèrement regretté cette histoire. Toute cette histoire... D'avoir accepté de jouer les escorts boys rien qu'une fois, d'avoir recommencé, d'avoir accepté de coucher rien qu'un soir, d'avoir recommencé, d'avoir rencontré cette fille, de l'avoir suivie et d'être à deux doigts d'oublier que je m'étais promis de m'en tenir aux filles de mon âge qui se servaient de moi pour avoir l'impression de se rebeller contre des parents trop stricts... Pourtant lorsque son regard croisa le mien une fois de plus avant de me désigner la sortie avec une hésitation exagérée, il n'y avait plus doutes ni regrets. Après tout, je n'étais pas là pour rien... Je passai la porte sans un regard en arrière, convaincu qu'elle me suivrait après avoir pris congé du club du troisième âge qui l'accompagnait. Ça ne loupa pas. Sa main se posa sur mon épaule alors que j'attendais, adossé au mur de l'établissement, le vent glacial de cette fin d'année me cinglant le visage comme ma mère aurait sûrement voulu le gifler si elle avait su ce que son fils aîné faisait au lieu d'être, comme il l'avait dit, à l'anniversaire d'un camarade de classe... « Tu attends quelqu'un, on dirait... » Sa voix était exagérément douce, presque mieilleuse. « Toi, ma belle. » Elle gloussa, ses longs doigts fins glissant comme une araignée dans sa chevelure faussement blonde. « Je t'en prie, appelle-moi Helen ! » Je lui rendis son sourire et baisai respectueusement sa main. Elle rougit de plus belle et s'agrippa à mon bras avant de m'entraîner dans la rue. Sa voiture était garée quelques pas plus loin et je m'installai sur le siège passager comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. La portière claqua et je laissai sur le trottoir ce qu'il pouvait me rester encore d'estime pour l'ado stupide dont la vitre impeccable me renvoyait l'image...


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MessageSujet: Re: NOEL ♠ Parce que les amis, ça n'apparaît pas comme par magie.   Lun 15 Aoû - 21:53


Mon père, Cillian

Autant le dire, trouver des informations vraies sur mon père, Cillian, n'a pas été de tout repos. Il avait caché son sang sorcier à ma mère, si bien qu'elle ne m'a pas été d'une très grande aide. Je suis pas sûr qu'elle m'aurait vraiment filé un coup de main de toute façon. J'ai donc eu deux versions totalement différentes de son histoire et de sa vie. D'après ma mère, il avait passé son enfance à l'orphelinat, ses parents l'ayant abandonné quelques mois après sa naissance, il n'avait jamais réussi à obtenir le moindre diplôme mais avait dégoté un job de chauffeur de bus. Il passait donc, soi-disant, ses journées à sillonner les routes du coin pour un salaire incroyable dont elle n'a visiblement jamais pris la peine de s'inquiéter. Vous auriez trouvé ça normal, vous, qu'un chauffeur de bus puisse vous faire avoir un train de vie de star ou presque ? Bah elle oui... C'est à peu près tout ce qu'elle savait de son passé et de la vie qu'il menait hors de la maison. Ça ne fait pas bien lourd, je suis parfaitement d'accord...

Heureusement, une fois arrivé à Poudlard, les choses ont commencé à changer et l'image que j'avais de mon père s'est étoffée. Alors oui, Cillian O'Callaghan était un sorcier et pire encore, un sorcier issu d'une famille au sang prétendu pur. J'ai appris par la suite qu'il ne l'était pas tant que ça, mais c'est une autre histoire... Sans surprise, il a fait sa scolarité à Poudlard et a été réparti à Serpentard. De ce que j'ai cru comprendre, c'était un élève correct, il n'était pas l'élève le plus brillant de sa promotion mais il se maintenait dans la moyenne sans trop de mal, et puis ça n'était pas très grave parce qu'il excellait dans un autre domaine : le Quidditch. J'ai réussi à trouver quelques anciennes interviews dans lesquelles il parlait de son parcours sportif lorsqu'il était encore à l'école... Batteur de sa maison dès sa deuxième année, il disait survoler littéralement les matchs et je crois que je n'aurais pas aimé faire partie de ses adversaires. La pitié n'a vraisemblablement jamais existé dans son jeu, pas plus que la culpabilité d'ailleurs ! Il a gardé son poste tout au long de sa scolarité et il a plaisanté plusieurs fois en prétendant qu'il n'avait jamais pris la peine de compter le nombre de lits à l'infirmerie qui avaient été occupés par sa faute mais qu'il était de toute façon pas certain de savoir compter aussi loin. Vous voyez le genre ? Finalement, il a eu des notes tout juste potables à ses ASPICs, de celles qui suffisent pas à avoir un vrai travail techniquement, mais comme il était vraiment doué sur un balai, il n'a pas eu besoin d'autres choses que de son O en Vol pour obtenir une place parmi les Chauves-souris de Ballycastle. J'ai vu beaucoup de photos de lui à cette époque-là et, sans mentir, il en imposait mon père !

Il a rencontré ma mère un peu par hasard de ce qu'elle m'en a raconté. Elle venait de sortir du lycée et riait avec des copines lorsqu'elle a loupé un trottoir et a atterri dans les bras d'un « bel homme » : mon père. Pour n'importe qui de normalement constitué, ça se serait arrêté là mais pas pour eux. Ils sont retournés plusieurs fois dans cette rue-là dans l'espoir de se croiser à nouveau et au bout de trois semaines, ça a fini par se produire et il l'a invitée à boire un verre dans un pub pas loin. Elle a toujours parlé de coup de foudre. J'imagine que s'il lui a menti, c'était pour la protéger et éviter de la faire fuir. C'était sûrement plus simple de dire qu'il était orphelin que de lui expliquer qu'il venait d'une famille de sorciers qui auraient sûrement essayé de la découper en morceaux dans son sommeil pour avoir osé croiser son chemin. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de lui, moi, en revanche, mais je garde l'impression du meilleur père du monde. Oui, c'est ça, il a toujours été un père adorable... Je n'ai jamais manqué de rien, ni cadeaux ni câlin, je me faisais engueuler quand il le fallait et il était le premier à me féliciter quand je faisais quelque chose de bien, il veillait vraiment sur moi. Je me rappelle des heures passées dans l'allée devant chez nous, à essayer de me faire tenir sur mon vélo « de grand » sans les petites roues, de ses yeux brillants quand je suis revenu de l'école en étant capable de lire un petit texte et des histoires de magie qu'il inventait (il les inventait pas tant que ça en réalité) pour m'endormir le soir...

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et la vie de Cillian en a eu une aussi... J'avais six ans et mon monde s'est effondré. Ma mère m'a dit qu'il était mort dans un accident de voiture et j'imagine que c'est vraiment ce qu'elle croyait. En réalité, il a perdu le contrôle de son balai lors d'un voyage entre l'Irlande et la Grande-Bretagne et ne s'en est pas sorti. C'était brutal et même encore aujourd'hui, j'ai du mal à accepter totalement la réalité. Je ne compte plus les fois où je me réveille en pleine nuit en l'entendant m'appeler, c'est bizarre parce que je suis pas capable de me souvenir de sa voix pour de vrai... Enfin, c'est la vie.


Ma mère, Norah

Ma mère, Norah, est une moldue tout ce qu'il y a de plus moldue au monde. Elle a grandi dans la banlieue de Ballycastle, auprès de parents merveilleux qui l'ont toujours traitée en véritable petite princesse. De ce qu'ils m'ont raconté, elle n'aimait pas beaucoup l'école et il fallait toujours la pousser pour qu'elle se lève le matin ou qu'elle fasse ses devoirs, ses bulletins étaient une catastrophe et elle passait toujours de justesse, parce qu'elle se réveillait comme par miracle au dernier trimestre. Par contre, quand il s'agissait de sortir, il y avait toujours du monde ! Il lui est arrivé souvent de faire le mur pour sortir avec des copines, fréquentant toutes les soirées qui étaient à sa portée, rentrant au beau milieu de la nuit, parfois dans des états lamentables... Non, il n'y a pas à dire, je crois qu'elle a vraiment mené la vie dure à mes grands-parents ! Mais ils n'ont pas l'air de lui en tenir rigueur et en parlent toujours avec un sourire un peu nostalgique. Ils ont l'air de regretter qu'elle ait grandi. Ou grandi trop vite, en tout cas... Parce qu'il faut reconnaître que je suis arrivé très tôt. Lorsqu'elle a rencontré mon père, Norah avait dix-sept ans. Quelques mois plus tard, elle annonçait sans prévenir qu'elle était enceinte et qu'elle partait vivre avec l'homme de sa vie. Un choc pour tout le monde, bien sûr ! Ils l'ont forcée à rester chez eux jusqu'à ce qu'elle ait atteint sa majorité, beaucoup de cris et de larmes d'après ma grand-mère, mais elle n'a pas attendu un jour de plus pour s'enfuir.

Je crois qu'elle a toujours été sincèrement amoureuse de mon père, vous savez. Il n'y a qu'à voir les étoiles qu'elle a encore dans les yeux quand elle en parle... Comme je vous le disais juste avant, pour elle, c'était véritable un coup de foudre, c'était son premier amour et j'imagine qu'elle pensait vraiment qu'il était « l'homme de sa vie ». C'était encore une enfant et de voir qu'un homme comme lui (ils avaient un peu moins de dix ans d'écart) s'intéressait à elle devait combler absolument toutes ses espérances. Elle ne s'est jamais posée la moindre question, visiblement. Elle se contentait de profiter du luxe qu'il lui offrait sans se demander comme il pouvait le lui offrir avec son salaire de chauffeur de bus, elle n'a sûrement jamais remarqué les différences de culture qu'il devait y avoir entre eux, à moins qu'il soit incollable sur le monde moldu ce à quoi je ne crois pas trop... Je sais pas, c'est un peu étrange. Ça fait très scénario bas de gamme d'un film romantique à petit budget, non ? Genre la gamine aveuglée par l'amour qui n'est pas capable de se rendre compte qu'on se fout clairement d'elle depuis le début et qu'on lui ment sur toute la ligne... Ou alors elle ne voulait juste pas le voir ? Franchement, j'en ai pas la moindre idée et je le saurai sûrement jamais. En tout cas, sa mort a été un drame sans nom. Elle a eu beaucoup de mal à s'en remettre, tellement même qu'on a été obligés de s'installer chez mes grands-parents pendant quelques temps. Elle n'était plus capable de rien, ni de s'occuper de moi, ni de s'occuper d'elle, elle passait son temps à pleurer, elle refusait de quitter sa chambre... Je lui en ai voulu pendant longtemps, en plus d'avoir perdu mon père, j'étais en train de perdre ma mère. Mais avec le temps, ça a fini par passer et je comprends. Enfin, elle a fini par sortir la tête de l'eau et c'est le principal !

L'héritage qu'elle a touché de mon père n'était pas aussi important qu'elle pouvait l'espérer, et comme elle ne travaillait pas, il ne lui a pas fallu longtemps pour le faire disparaître totalement. Elle n'a jamais travaillé, ma mère... Je l'ai connue être « femme de mon père » même s'ils n'étaient pas mariés, puis « femme de mon beau-père » (ils se sont mariés cette fois), et enfin « mère au foyer ». Son CV doit être vide de chez vide et ça n'a jamais paru la déranger. Faute de trouver un job, elle a réussi à trouver un homme pour l'entretenir. Enfin, « entretenir » est un bien grand mot, si vous voulez tout savoir ! J'avais sept ans et je n'ai pas compris pourquoi elle voulait à tout prix que j'ai un nouveau papa alors que j'aimais toujours le mien même s'il me manquait affreusement. Elle est sortie avec quelques semaines, me l'a fait rencontrer deux ou trois fois et nous quittions Ballycastle et ses parents pour nous perdre à Lucan, dans un appartement pourri que je déteste particulièrement, histoire de rejoindre un gars que je n'aime pas davantage. C'est à partir de là que notre relation a commencé à se détériorer. Elle me reprochait de ne pas faire d'efforts et de vouloir tout foutre par terre (ce qui était vrai) et je lui reprochais de remplacer mon père et de me préférer son nouveau compagnon (ce qui était vrai aussi d'ailleurs). Si vous rajoutez mes premiers signes de magie et l'impression que j'étais clairement un monstre, ou au moins possédé, le fils du diable, un truc comme ça, vous pouvez vous imaginer le tableau. Entre ma mère et moi, c'était une guerre ouverte. Je pleurais, elle criait, je boudais, elle criait, je cassais tout dans ma chambre, elle criait, j'appelais mes grands-parents en douce pour qu'ils viennent me chercher, elle criait en l'apprenant... La joie.

Les choses ne se sont pas arrangées avec le temps, malheureusement. On s'éloignait et elle tombait enceinte tous les neuf mois ou presque. Plein de mioches se sont mis entre nous, alors c'était difficile de renouer quoi que ce soit. Et puis j'ai fini par recevoir ma lettre de Poudlard et ce fut la fin de tout. J'ai appris un peu par hasard que mon père n'était pas personne, je lui en ai parlé en rentrant et j'ai cru que la terre s'était arrêtée de tourner. Pour elle, je suis le seul et unique responsable de tout ça. Parce que j'ai hérité des pouvoirs de Cillian, parce que j'ai voulu en apprendre davantage, parce que j'ai réussi à ternir l'image qu'elle en avait, parce que « tout est toujours de ma faute » de toute façon... Je crois qu'elle m'en veut vraiment alors qu'elle ne lui en veut pas du tout à lui, en revanche. C'est lui qui lui a menti, pas moi ! Enfin... On arrive quand même à avoir des moments agréables, tous les deux. C'est idiot mais j'ai pris l'habitude de lui filer un coup de main pour étendre le linge quand je rentre pour les vacances (c'est le seul moment où il n'y a pas un microbe pour lui chouiner dans les jupes ; la peur d'être de corvée, probablement) et elle reprend naturellement son rôle de mère. Même si elle ne comprend pas trop ce que je fais le plus clair de l'année, elle s'intéresse à mes amis, à ma vie à Poudlard en général, à ce que je compte faire pendant l'été... Mais lui parlez pas de magie, malheureux, ou alors elle me plante là avec le linge mouillé dans les bras et m'adresse plus un mot avant la prochaine lessive ! Et puis vous devriez voir le regard qu'elle pose sur moi dans ces moments-là. J'ai l'impression d'être le roi du monde. Je sais que je ressemble énormément à mon père et que c'est lui qu'elle voit quand elle me regarde mais c'est toujours plaisant d'avoir l'impression d'être la seule personne qui compte pour sa mère, non ?


Mon beau-père, Patrick

Patrick, puisque c'est comme ça qu'il s'appelle, a rencontré ma mère sur Internet. Un site de rencontre minable à l'inscription gratuite qui promettait finalement plus de plans cul que de grands amours. Et pourtant... J'aurais vraiment aimé prétendre qu'ils ne s'aiment pas, que c'est juste pour ne pas être célibataires mais il faut bien reconnaître qu'avec tout ce qu'ils ont traversé, ils se seraient séparés depuis longtemps. Et Dieu sait à quel point j'ai prié pour que ça arrive un jour ! Enfin... Toujours est-il que son profil promettait une grande famille et des bons petits plats, ce à quoi il s'est tenu. C'est pas une publicité mensongère, ce gars-là, c'est toujours ça ! Ça aurait été cool s'il était le descendant d'ancêtres incroyables, avec un métier de dingue et de quoi en mettre plein la vue aux filles rien qu'en prononçant son nom, mais il faut bien avouer que c'est loin d'être le cas. Si ma mère avait su viser haut sans le savoir avec mon père, là, elle joue au ras des pâquerettes. Fils d'ouvriers, ayant grandi dans les quartiers populaires de Lucan, il a réussi néanmoins à grimper les échelons pour se retrouver à la tête du supermarché qu'il y a à côté de chez nous. Ouais, responsable de magasin, ça en jette, hein...? Dans le fond, c'est un job comme un autre, d'accord, et il gagne même plutôt bien sa vie, mais avant de faire des mômes à la chaîne, on s'arrange pour avoir une augmentation, si vous voulez mon avis, parce qu'avec huit gamins à la maison, ça fait vite juste. Vous avez bien lu. Huit. Vous commencez à voir le problème ? Enfin, on reviendra là-dessus après.

Après, il faut être honnête, Patrick est sûrement le beau-père idéal, celui dont tout le monde rêve. Tout le monde sauf moi. Il n'a jamais fait la moindre différence entre ces propres mioches et moi, a toujours fait en sorte que je me sente à ma place dans cette immense famille (ce qui a toujours été un échec), il a tenté de prendre le rôle d'un père en fait. Un rôle qui ne lui appartenait pas, ce que je me suis toujours fait un devoir de lui rappeler. Il faut bien reconnaître que je lui en ai fait voir de toutes les couleurs, et je continue encore tant que possible dans l'espoir un peu irréaliste qu'il finisse enfin par me foutre la paix, pourtant il est toujours présent, il prend toujours mes patins quand ma mère me tient pour responsable de trucs qui me dépassent totalement et essaye encore vainement de tisser de vrais liens entre nous. Il me fait un peu de peine, parfois, c'est vrai. Le voir galérer en sachant très bien que ça sert à rien, avoir l'impression qu'il est vraiment triste quand je l'envoie sur les roses ou quand je lui rappelle qu'il n'est pas mon père, c'est bizarre. Je me demande parfois si je suis pas le môme le plus indigne de l'univers tout entier, avant de me souvenir que j'ai finalement rien demandé à personne et que, tout ça, on me l'a imposé sans savoir si j'en avais envie. A eux d'en assumer les conséquences, non ? D'accord, j'exagère un peu... Mais je fais des efforts, parfois, je vous assure. Les jours où je rentre, par exemple. C'est lui qui vient me chercher à King's Cross, et il a toujours un sourire rayonnant comme si c'était le meilleur moment de sa semaine, alors j'ai pas le courage de ruiner ça et je joue les fils modèles l'espace de quelques heures, le temps qu'on rentre. Je peux vous le dire, à vous, ça fait un bien fou d'avoir un père rien que deux jours par an...

D'ailleurs, qu'il vienne me chercher à King's Cross n'est pas un hasard. Apprendre que j'étais un sorcier lui a fait un choc, c'est vrai, mais dans le bon sens. Il a refusé de m'approcher pendant trois jours avant de se faire à l'idée, j'avoue, mais après ça il n'a plus jamais eu l'air dérangé par ce « détail ». Bien au contraire. C'est toujours le premier à me faire subir un interrogatoire sur le trajet du retour, il veut tout savoir. Ce que je fais en cours, comment les gens se comportent, s'il y a des vraies différences entre la vie moldue et la vie sorcière... Vous auriez dû voir sa tête le jour où je lui ai rapporté des photos sorcières ! Il a essayé de faire entendre raison à ma mère sur ce point, de lui expliquer que je n'y étais pour rien et que ça n'était finalement pas un mal, mais je crois qu'elle ne s'y fera jamais. C'est probablement pas tant ma condition qui la dérange, en réalité, c'est plus le fait que tout ça lui renvoie la trahison de mon père. Enfin, ma mère, c'est pas le sujet. Ce que je veux dire c'est que c'est un peu ça, Patrick, en réalité. Toujours prêt à tout accepter pour que sa progéniture s'épanouisse au mieux, toujours à se tuer à la tâche pour pouvoir les élever comme il faut, sans jamais râler parce que ça n'est pas à eux de payer les conséquences d'une vie un peu pourrie... La présence paternelle que le monde entier devrait m'envier, je vous le dis. Si seulement j'en faisais le même portrait à tout le monde... Et qu'on se le dise, c'est loin d'être le cas.


Ma fratrie à rallonge

Alors là... C'est le vrai problème de mon existence. Je vais pas rentrer tout de suite dans les détails, bien sûr, mais en gros, j'ai été fils unique pendant un peu plus de sept ans, le centre du monde qu'il s'agisse de mes grands-parents ou de mes parents. Il y avait moi et rien d'autre. Juste moi... Et du jour au lendemain, on m'impose trois gamins que je ne connais pas, avant d'en pondre quatre autres dans la foulée comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Vous l'auriez bien vécu, vous ? Et puis, faut bien avouer qu'ils ont un avantage que je n'ai pas : le nombre. Ils ont des vrais frères et sœurs, eux, moi j'en ai juste des demis... Des demi-frères, des demi-soeurs, un demi-père... Je trouve que ça fait bien trop peu de choses entières, si vous voulez mon avis... Bon, maintenant que vous voyez un peu le tableau, on va faire les présentations. Ô joie !

Tout d'abord, il y a Shawna. Mon « aînée » comme aime le dire tout le monde. En réalité, elle et ses frères, ils sont personne pour moi, juste les enfants de Patrick. Donc, je disais... Shawna a un peu plus d'un an de plus que moi et le courage de me supporter. Il faut dire qu'ils ont tout fait pour qu'on soit proches, pour qu'on s'aime bien. Et je crois qu'ils ont réussi à moitié : elle semble bien m'aimer. Ok, ok, je l'aime un peu bien aussi, de temps en temps. C'est un peu la mère poule de la famille, toujours prête à câliner tout le monde, à aider tout le monde, à filer un coup de main à ma mère pour tout et n'importe quoi... Et sans délaisser ses études, s'il vous plaît ! Elle est entrée à l'Université, elle veut être professeur d'arts plastiques. Elle en a les capacités, évidemment, mais je fais ce que je peux pour qu'elle pense le contraire. Parfois, j'ai presque l'impression que ça marche ! Entre elle et moi, ça a toujours été explosif. Je crois qu'il n'y a pas une journée sans qu'on finisse par s'engueuler. Généralement pour rien d'ailleurs. Mais à côté de ça, c'est sûrement ce qui se rapproche le plus d'une sœur. On se retrouve souvent sur le minuscule balcon de l'appartement l'été, une fois que toute la maison dort, pour rêvasser l'avenir qu'on aura un jour. Le calme, à la maison, c'est rare et on fait ce qu'on peut pour en profiter. C'est avec elle que mes pouvoirs se sont déclarés pour la première fois, d'ailleurs. Ça  nous a traumatisé autant l'un que l'autre. J'avais huit ans et on a pas du tout compris ce qui nous arrivait. Et personne ne nous a cru, surtout. Allez expliquer à des moldus que le papillon dans le bocal s'est transformé comme par magie en araignée...

Puis arrive Jackson, trois ans plus jeune que moi. Je l'ai toujours eu dans les pattes jusqu'à ce que je rentre à Poudlard. Il passait son temps à m'imiter, à dire à qui voulait l'entendre qu'il me ressemblerait plus tard... C'était vraiment l'horreur ! Visiblement, il était « content d'avoir un grand frère parce que les filles c'est nul » sauf que j'ai jamais été son grand frère et que j'ai toujours essayé de lui faire comprendre. Ce qui fut un échec lamentable. Toujours le premier à m'accueillir quand je reviens avec son habituel « Grincheux est de retour » et son air d'abruti heureux... Ils ont un problème dans cette famille, c'est moi qui vous le dit ! On partage notre chambre depuis qu'on a déménagé chez eux et il a jamais eu l'air de m'en vouloir d'empiéter sur son territoire. Même encore aujourd'hui, il s'accroche souvent à la barrière de mon lit pour venir me raconter sa vie. Les filles, les compétitions de basket, les filles, l'impression que les parents comprennent rien, les filles... Ouais, c'est un peu répétitif, on est d'accord. Mais bon, à quatorze ans ou presque, on peut pas lui en demander beaucoup plus... C'est le genre de môme qui se met toujours dans des situations pas possibles mais sans le vouloir vraiment. Il a dû se casser tous les os du corps, et même en inventer d'autres juste pour pouvoir les casser aussi. Les parents en ont passé des heures à l'hôpital à cause de lui et on suppose qu'il y en aura encore beaucoup beaucoup beaucoup d'autres !

Brady, c'est le petit dernier des enfants de Patrick. On a six ans de différence et je l'ai toujours vu comme un insupportable pleurnichard. On peut jamais rien lui dire sans qu'il aille chouiner dans les bras de ma mère comme quoi on est méchants, que c'est pas juste et qu'il nous aime pas. Si seulement il savait à quel point c'est réciproque ! Si je reconnais volontiers que j'apprécie à peu près les deux plus grands (à peu près, hein, n'allez pas non plus vous faire des idées), lui c'est juste pas possible. Manque de chance, pas la peine d'espérer m'en débarrasser, parce qu'il dort juste en dessous de moi depuis bien trop longtemps maintenant. Je compte plus le nombre de fois où il s'est réveillé en pleine nuit, braillant comme si c'était la fin du monde, parce qu'il avait fait un cauchemar ou qu'il était persuadé qu'il y avait un monstre sous son lit. Et on le laissait brailler en avouant quand même que s'il continuait, le monstre se ferait un malin plaisir de venir le bouffer. Oui, « on », parce que Jackson n'a jamais été le dernier pour m'accompagner là-dedans, au grand dam de leur père. Il paraît que j'ai une mauvaise influence, parfois... Enfin, qu'importe. Aujourd'hui, Brady a onze ans et se comporte comme une véritable balance.  N'espérez pas faire le mur ou ramener une copine à la maison s'il est dans les parages, vous pouvez être sûrs que les parents seront au courant en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Il mérite des baffes, ce morveux.

Maintenant, on commence à parler de gens qui ont un vrai lien avec moi, puisque ce sont les enfants de ma mère. Mais n'allez pas croire que j'en suis plus proche pour autant, il n'y a rien de plus faux au monde... Enfin, vous comprendrez sûrement que je vais passer plus vite sur eux, parce que je les connais pas vraiment. Je suis parti à Poudlard peu après leur naissance ou bien j'y étais déjà quand ils sont arrivés donc c'est pas en les voyant deux mois par an que je vais trouver de quoi vous raconter à leur sujet.

A peine a-t-on eu le temps de nous installer vraiment à Lucan que ma mère nous apprenait qu'elle était enceinte de Gallchobhar. Oui, les prénoms pourris doivent venir d'elle... Donc Gally, comme on l'appelle couramment, est le premier de mes demi-frères et sœurs. Le premier avec à peine moins de neuf ans d'écart tout de même. C'est pas un mauvais gamin, rien à voir avec Brady. Il est calme, discret, toujours un peu à l'écart. Parfois, on oublie même son existence et ça n'a pas l'air de le déranger plus que ça. De ce que j'ai cru comprendre, c'est pareil à l'école. Il est complètement invisible, il a pas ou peu d'amis, passe le plus clair de son temps à regarder les autres jouer à la récréation sans se mêler au groupe. Il est censé voir un psy, à la rentrée, sur conseil de sa maîtresse. Je suppose que ça servira à rien mais après tout, ils peuvent toujours essayer. L'année d'après naissait Aoibheann, ou Sourire d'Enfer. Cette gamine, elle a vraiment pas été gâtée par la nature ! Elle a des yeux énormes, des dents à faire peur (pire encore depuis qu'elle a un appareil dentaire), une voix de crécelle et en plus elle zozote ! Sérieusement, ils l'ont complètement foiré celle-là. Mais ils ont bien fait de la faire, c'est drôle de la charrier, mine de rien ! Quelques semaines après ma première rentrée à Poudlard, j'ai reçu une lettre de Patrick m'annonçant avec une fierté ridicule que ma mère était encore enceinte. Quand je suis rentré pour l'été, elle ressemblait à une baleine et nous offrait peu de temps après le bonheur (ironie, quand tu nous tiens) de compter une nouvelle bouille dans la famille. Maolsheachlann. Non, ma mère ne nous aime vraiment pas. C'est le dernier petit gars, enfin pour l'instant en tout cas, et du coup mon dernier colocataire. Cinq dans une chambre, ça fait beaucoup, mais on arrive à tenir. Difficilement certes, et il faut souvent éviter les tentatives de meurtres. Franchement, j'ai rien à dire sur lui. Il a cinq ans, je l'ai vu douze mois dans sa vie, on se parle pas, je le garde quand j'ai pas le choix... Voilà. Et enfin, Ciara, le bébé de la fratrie. Deux ans à peine et déjà chiante comme pas permis. Des caprices à tout va, des crises de larmes, des coups pour bien montrer qu'elle n'est pas contente... Si moi je suis Grincheux, elle, c'est clairement la Vilaine Sorcière ! A côté de ça, c'est vraiment une môme magnifique, rien à voir avec sa sœur ! Tout le monde est là « Oh, qu'elle est jolie ! » et dès qu'elle commence à faire sa mauvaise tête, ça lance à ma mère des regards désapprobateurs genre « faudrait l'élever, cette gamine ». Avec huit enfants, vous vous doutez bien qu'elle fait ce qu'elle peut. Même si elle peut pas beaucoup...


Mes premiers pas à Poudlard

Les portes du compartiment se refermèrent sur la foule de parents qui se pressait sur le quai. Parmi tous ces visages inconnus dont la plupart était baignée de larmes de joie, celui de Patrick me fixait avec de grands yeux attristés et un sourire encourageant. Il était le seul à m'avoir accompagné jusqu'à Londres. Ma mère avait déclaré que les enfants ne pouvaient pas louper leur propre rentrée, ce qui n'était pas forcément faux. Pourtant, même si je ne disais rien, j'aurais aimé qu'ils soient là. Que ma mère me serre contre son cœur juste avant que le sifflet ne m'impose de grimper dans le wagon, que Shawna affiche un sourire ridiculement détaché alors que son regard m'aurait imploré de rester avec elle ou que Jackson claironne à tout va qu'il me rejoindrait bien vite. Mais non, il n'y avait rien de tout cela. Juste une absence dérangeante et un beau-père qui, pour la première fois, prenait un peu la place du vrai dans ma vie. Il leva le pouce alors que son sourire s'agrandissait et je me forçai à répondre à son geste sans grand entrain. Est-ce que j'étais content d'aller dans cette école dont je ne savais rien ? Probablement... Je crois que je n'en étais pas sûr, en réalité. Un mélange d'excitation et d'appréhension avait pris possession de moi quelques jours plutôt et refusait de m'abandonner. J'avais peur. Peur de ce qui m'attendait dans les hauteurs écossaises, peur de ne pas avoir les épaules assez larges pour supporter tout ce que ce changement allait m'obliger à supporter. Je ne connaissais rien à la magie, rien au collège, rien à tous ces élèves qui se bousculaient dans ce maudit train... C'était une impression étrange que celle d'être arraché aux siens pour commencer une vie qui ne nous appartenait pas encore. Et pourtant, je suivis le mouvement des autres enfants, tirant avec peine ma valise derrière moi. Des chats miaulaient, des rats couinaient, des hiboux hululaient... C'était un joyeux brouhaha, un de ceux auxquels je n'étais pas habitué. Ce fut après une marche lente et bancale au travers de l'unique couloir que je réussis enfin à trouver une place de libre. Les compartiments s'étaient succédé, tous plein de gamins souriants et heureux de se retrouver, me forçant à réaliser que j'étais affreusement seul. Ca n'était pas quelque chose de courant, chez moi. J'avais beau prétendre à tout va que c'était ce que je voulais, qu'il n'y avait rien que je souhaitais davantage qu'être tranquille, j'appréciais le monde grouillant autour de moi et l'insupportable troupeau que m'avait imposé le destin. Là... Il n'y avait plus ni l'un ni l'autre. Rien que des inconnus à perte de vue, effrayant le môme que j'étais alors. J'avais pas encore douze ans et devais recommencé à zéro pour la troisième fois de mon existence.

J'ouvris la porte, non sans une certaine hésitation qui ne me ressemblait pas vraiment. J'étais celui qui faisait comme chez lui sans qu'on l'y ait invité, celui qui s'imposait sans gêne partout où il passait... Mais c'était trop me demander pour l'instant. J'étais en terre inconnue, probablement en terrain hostile. La prudence était de mise sans que je ne parvienne à savoir pourquoi. Le bruit du dehors qui s'était engouffré, à mon geste, dans l'habitacle suffit à faire tourner toutes les têtes qui s'offraient à ma vue. Deux filles et un garçon me fixaient sans que je ne parvienne réellement à déchiffrer leur expression. Ils devaient avoir treize ou quatorze ans et déjà cet air supérieur de l'être blasé qui connaissait la vie par cœur. « Je peux...? C'est qu'y'a pas de place ailleurs alors... » Je détestai cette petite voix intimidée au moment même où elle passait mes lèvres. Quoi de plus idiot que de donner l'impression d'être en position de faiblesse ? Pourtant, personne ne sembla m'en tenir rigueur. L'adolescent retira son sac du siège de libre à côté du sien et m'adressa un sourire amical. J'aurais été bien incapable de dire s'il était sincère ou non. « Ouais, bien sûr, installe-toi. » Je le remerciai d'un sourire mal à l'aise et me laissai aider sans broncher lorsqu'il fallut mettre ma valise dans les filets suspendus. Mes nouveaux camarades reprirent leur conversation sans plus se soucier de moi dès que je fus assis sur le siège. Ce qui paraissait les préoccuper, c'était le choix des options qu'ils allaient avoir à faire le lendemain. La divination était une blague à moins d'avoir le troisième œil mais ça n'était pas leur cas, l'étude des moldus les tiendrait éloignés des Serpentard mais ça n'était pas forcément une matière intéressante, quant à l'étude des runes et à l'arithmancie, c'était des trucs pour intello dont ils n'avaient pas envie de s'encombrer... J'étais là, bien présent, à moitié caché derrière la bande-dessinée que j'avais sortie de mon sac, écoutant leur conversation sans y avoir eu leur permission... Et je ne comprenais rien. Pas un traître mot de ce qu'ils racontaient. Je savais vaguement ce qu'était un « moldu » puisque le représentant du Ministère qui était venu nous expliquer la situation après la réception de ma lettre nous en avait touché deux mots, mais c'était bien tout. « Serpentard » ne me disait rien, pas plus que les runes ou l'arithmancie... Je n'étais pas encore arrivé que je commençais déjà à regretter de m'être embarqué dans cette histoire insensée.

Des paysages monotones, peints de verts et de bleus assombris par la nuit qui tombait et les imposants nuages qui annonçaient la pluie, défilaient devant mes yeux somnolants. Le trajet durait plus longtemps que je m'y attendais et l'enchaînement de choses étranges depuis le début de ma journée me rendait impatient d'en finir. Je voulais enfin savoir ce que serait ma vie à Poudlard. Savoir où j'allais vivre, avec qui... Les jeunes sorciers qui partageaient mon compartiment n'avaient pas daigné m'éclairer de leur plein gré et je n'avais pas osé le leur demander. Finalement, ils se levèrent lentement, étirant leurs muscles endormis. Je les regardais faire, reprenant peu à peu contact avec la réalité, mais ne trouvai pas utile de bouger à mon tour. Nous n'étions pas encore arrivés. Le train ne ralentissait même pas alors qu'il fendait la campagne dans un cahotement régulier. « Dehors. » L'une des deux filles se tenait devant moi, le doigt pointé sur la porte. Je ne comprenais pas. « Mick y va aussi. Le temps qu'on se change. Allez, dehors. » Ledit Mick me mit une petite tape sur l'épaule avant d'empêcher la fermeture du compartiment le temps que je sorte également. « Elles se changent ? Pourquoi faire ? Elles peuvent pas le faire à l'école ? » Le regard de l'adolescent se perdait dans la contemplation absente de la vitre qui nous faisait face, offrant à notre vue (comme celle qu'il y avait à l'intérieur) les mêmes images répétitives. Il n'y avait rien d'assez intéressant pour me passionner comme c'était son cas. « L'uniforme. » lâcha-t-il d'une voix lointaine. « Se changera après. Nous aussi. » Je trouvais ça vraiment bizarre d'avoir à nous changer dans le train alors que nous étions sur le chemin du collège. Certes il se ferait tard au moment où nous en passerions les portes mais tout de même... J'ouvris la bouche pour l'interroger davantage mais il ne m'en laissa pas le temps, attirant vers lui, juste devant l'endroit où se découpaient dans le paysage insignifiant les silhouettes à moitié dévêtues de nos deux camarades. « Tais-toi et admire. » Je ne pris pas la peine de le contredire et m'abandonnai à mon tour à sa rêverie.

A peine eut-on le temps d'enfiler nos uniformes à notre tour que le train ralentissait progressivement. C'était étrange de voir les doublures jaunes et rouges de leurs capes de sorcier alors que la mienne restait intégralement noire. Le garçon avait eu un sourire presque fraternel  lorsque j'avais attaché ma cravate unie avant de me glisser, la tête coincée dans son pull, qu'il fallait à tout prix que j'évite de mettre les pieds à Serpentard.  La gare de Pré-au-Lard se dessina enfin et les wagons s'arrêtèrent dans un ultime cahot. Tous descendirent en abandonnant derrière eux leurs bagages. Je les imitai, peu rassuré, et suivis le mouvement qui m'entraîna jusqu'au dehors. Il faisait nuit, les panaches de fumée de la locomotive grimpaient jusqu'au ciel, semblant vouloir se fondre avec les nuages. Il n'y avait pas d'étoiles, le temps ne s'y prêtait pas. Un vent froid s'était levé, se faufilant avec un sadisme rare jusque dans mon cou. Le brouhaha qui nous avait laissé tranquilles durant le trajet venait de reprendre ses droits sur le groupe. Impossible de distinguer quoi que ce soit, les mots se perdaient, se mélangeaient, rien n'avait de sens... Pourtant, une voix grave et forte surpassa tous les bruits des environs, appelant les première années (je supposai à raison que c'était nous) et faisant s'envoler quelques oiseaux idiots. Les plus âgés des élèves s'enfoncèrent sur un chemin un peu plus loin où semblaient les attendre des calèches. Les chevaux n'étaient pas encore attachés, c'était étrange. Ils risquaient de rester là longtemps, les pauvres ! Je n'eus pas le temps de m'intéresser davantage à mes aînés que le petite groupe des nouveaux se pressait sur les bords du lac. Des petites barques flottaient, semblant voler sur l'étendue calme. Des barques. Pour rejoindre l'école... Sur l'autre rive se dressait un véritable château comme on en voyait dans les films. Immense, impressionnant. Inquiétant, peut-être aussi... Je me souviens avoir pensé qu'il ne pouvait qu'être hanté, celui-ci. Malgré tout, j'étais incapable d'en détacher les yeux. Toutes les fenêtres allumées remplaçaient les étoiles voilées par les nuages. Sa simple présence paraissait évincer tout le reste. C'était comme s'il n'y avait rien d'autre au monde que ce château.

Chacun prit place dans une embarcation, je me retrouvai avec une rouquine qui gémissait qu'elle ne savait pas nager, un binoclard et un petit gros qui n'avait rien trouvé d'autre pour passer le temps que de faire tanguer le bateau. La fille n'arrêtait pas de brailler pendant que les autres ricanaient comme des abrutis. Je pris sa main dans la mienne et lui adressai un sourire rassurant avant qu'elle ne me broie les os jusqu'au dernier. Au moins, elle se taisait, c'était toujours ça. Plus les mètres s'effaçaient, plus j'avais l'impression d'être minuscule, insignifiant face au monstre de pierres qui m'attendait de pieds fermes et, plus encore que ça avait été le cas au départ du train, je ne pouvais m'empêcher de craindre la suite. Et si je n'étais pas à la hauteur ? Et si tout ce que j'avais laissé à Lucan, cette vie que je n'aimais pas par principe, était finalement mieux que ce que j'allais trouver ici ? La voix de mon père qui me racontait ses histoires lorsque j'étais gamin résonna à mes oreilles, assassinant sans mal les balbutiements maladroits de la fille à côté de moi. Il était venu ici. Il avait vécu ici. Je n'en étais pas certain mais j'avais envie d'y croire. Mon père, peut-être, avait été un sorcier comme celui de beaucoup d'autres enfants sur ce lac. J'essayais de me rassurer comme je pouvais mais l'inconnu qui s'étendait à perte de vue ne me rendait pas la tâche facile. « Eh ! On arrive ! On arrive ! » s'excita le petit gros alors que les premiers élèves retrouvaient enfin la terre ferme. Je sentis la fillette se détendre légèrement, la pression qu'elle exerçait sur ma main s'allégea. Elle devait voir la fin de son calvaire arriver alors que le mien ne faisait que commencer. Malgré tout, j'avais hâte. Quoi qui puisse m'attendre derrière les portes de ce château, je voulais le voir. Je voulais savoir. Quelques secondes plus tard, mes camarades descendaient de notre embarcation et je les imitai sans un mot, la main de la rouquine toujours agrippée à la mienne. « Merci. » Sa voix n'avait été qu'un souffle rendu incertain par la peur qu'elle venait d'avoir mais son regard clair brillait d'une gratitude qui me toucha sans que je ne puisse dire vraiment pourquoi. « Aucun problème. » Elle me lâcha enfin et s'éloigna pour rejoindre une de ses amies, toujours débarquée. Elle se retourna et m'adressa un signe discret que je lui rendis de la même manière puis elle disparut de mon champ de vision, me laissant seul au milieu des autres première année qui s'engageait dans les entrailles de la construction moyen-âgeuse.

Les pas des gamins que nous étions résonnaient à n'en plus finir, répercutés sans fin par l'interminable boyau de pierre que nous traversions. Les conversations s'étaient calmées d'elles-mêmes et j'imaginai sans mal que tout le monde réalisait, avec plus ou moins de craintes, que notre vie était sur le point de changer. La mienne plus que bien d'autre, probablement. Après tout, tout était nouveau pour moi. Je n'avais pas grandi aux côtés de parents rivalisant pour agiter avec grâce leur baguette magique ni dans l'espoir que je mette enfin les pieds ici un jour. Bien au contraire... Ma mère paraissait avoir du mal à se remettre de la nouvelle et personne n'avait reparlé du sort que j'avais été capable de lancer dans la boutique du « chemin de travers ». Pas même moi. J'avais été trop sous le choc pour envisager de m'en vanter auprès de Jackson et Shawna. Mon estomac s'était noué, la douleur me rappelait mon inquiétude. J'aurais aimé que Mick ou les deux filles dont je n'avais pas la moindre idée du prénom soient avec moi. Je ne les connaissais pas mais je m'en fichais pas mal, ils étaient toujours davantage que tous ces mômes. Petit à petit, notre avancée ralentit. Les premiers semblaient s'être arrêtés. J'en eus le cœur net seulement en pénétrant dans ce qui semblait être un hall immense. Des tableaux immondes comme on en voyait dans les musées étaient accrochés un peu partout tandis qu'un escalier gigantesque s'élevait jusqu'à devenir invisible. Si le château paraissait géant vu de l'autre rive du lac, là, j'avais l'impression de n'être qu'une fourmi au milieu d'un univers humain. J'allais me perdre. Je me perdrai forcément. Le brouhaha reprit péniblement, les voix enfantines de mes camarades s'épuisant dans les étages. Tout le monde y allait de son petit commentaire, et moi, j'avais seulement envie de tout abandonner pour partir à l'aventure. Je n'étais pas d'un courage à toute épreuve déjà à l'époque mais la curiosité bouillonnait dans mes veines. Un monde étrange s'offrait à moi et je voulais le découvrir. Plus je posais mes yeux fatigués par le voyage et l'angoisse qui avait été mienne, moins ce qui m'entourait me semblait inconnu. Comme si les réminiscences de mon enfance et des histoires racontées par mon père suffisaient à lever le voile sur la magie dans laquelle je venais de plonger. Si je ne connaissais rien, j'avais vaguement conscience de tout.

Une femme, plutôt âgée, sortit de nulle part et vint se poster devant nous. Elle n'eut pas à réclamer le silence que celui-ci arrivait jusqu'à elle. Si sa voix portait, je ne parvins pas à comprendre véritablement ce qu'elle disait. Elle fit référence, comme les élèves du train, à Serpentard, sans m'éclairer davantage. Il s'agissait d'une maison, qui serait comme une deuxième famille. Si seulement elle savait le chaos qui régnait dans la première... D'accord, peut-être que j'abusais un peu et que tout n'était pas aussi terrible que je voulais me le représenter. Pas assez terrible en tout cas pour ne pas me faire regretter d'être parti. En avais-je vraiment le droit ? Peut-être que je marchais à présent sur les traces de mon père, je ne pouvais pas rêver de retrouver une vie banale au possible qu'il n'avait sûrement jamais vécu alors que la sienne venait à ma rencontre ! La sorcière termina son discours et les portes en bois qui nous faisaient face et que je n'avais pas remarquées jusque là finirent par s'ouvrir sur une pièce interminable. Doucement, je pénétrai à l'intérieur à la suite des autres élèves. Quatre tables s'alignaient, s'étirant sur toute la longueur de la salle. Les adolescents qui étaient installés autour de chacune d'elle portaient une seule et même couleur. Je reconnus le rouge et le jaune de Mick et ses amies. Des vagues bleues et vertes achevaient le surprenant tableau. Face à nous, une autre table s'étendait dans la largeur, à laquelle étaient assis une poignée d'adultes que j'identifiai sans trop de mal comme étant mes futurs professeurs. Certains étaient intimidants, d'autres m'inspiraient confiance. Seules leurs tenues semblaient les ancrer dans un univers qui dénotait du mien. La femme qui était venue nous chercher me força à détourner mon attention. Elle se tenait au milieu de la petite estrade, devant un tabouret sur lequel était posé un vieux chapeau rapiécé. Entendre le couvre-chef s'exprimer ne me perturba pas autant que j'aurais pu le croire : je m'y attendais. Sans avoir jamais franchi les portes de l'école, j'avais été baigné par son histoire et, bien qu'il m'ait fallu cinq interminables années pour que cela me revienne, je retrouvais des marques que je n'avais pas conscience d'avoir.  Le chapeau se tut et la vieille femme déroula un long parchemin, appelant un à un mes camarades. Chaque appelé montait les quelques marches, s'asseyait sur le tabouret branlant et se laissait coiffer du vêtement parlant avant que celui-ci ne hurle un nom déclenchant une salve d'applaudissements à l'une des tables. Sur quoi je suivais le gamin des yeux jusqu'à ce qu'il ait rejoint l'une des vagues colorées. J'étais en train d'observer le binoclard de ma barque s'installer à la table bleue (celle de « Serdaigle » d'après les cris du chapeau) lorsque mon destin me rattrapa. « O'Callaghan Rioghbhardan Axl ! » Je ne pus m'empêcher de grimacer à l'entente de ce nom immonde et à rallonge mais ne me fis pas attendre malgré tout et rejoignis le tabouret. Le tissus me tomba devant les yeux, masquant peu à peu les visages tournés vers moi. Il ne fallut qu'un instant pour que le nom de ma nouvelle famille résonne et que les applaudissements de ses membres emplissent la Grande Salle...

QUESTION DU CHOIXPEAU
Une personne pas douée tombe dans le lac noir, malheureusement, tu es le seul témoin de la scène, que fais-tu ? – Je fais ce que je peux pour la sauver, évidemment. Pas forcément de gaieté de cœur et si quelqu'un peut le faire à ma place, je dis pas non, mais bon, je n'ai pas envie de vivre avec une mort sur la conscience...


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CE QU'IL FAUT SAVOIR
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MessageSujet: Re: NOEL ♠ Parce que les amis, ça n'apparaît pas comme par magie.   Jeu 25 Aoû - 16:41



Ta présentation

ATTENTION !
Ce qui suit est important puisque ça vous donnera toutes les indications nécessaires pour la rédaction de ta fiche de présentation alors merci de lire ce message jusqu'au bout !


Avant de pouvoir commencer à RP librement sur le forum, il va falloir passer par la douloureuse étape de la présentation. Rien de bien dramatique, c'est promis, mais néanmoins nécessaire. Afin de te faciliter au maximum la tâche, toutes les informations dont tu pourrais avoir besoin sont rassemblées dans ce message. Tout va bien se passer, ne t'inquiète pas, alors ouvre Word (ou n'importe quel autre logiciel traitement de texte, on s'en fiche), copie-colle le code que tu trouveras à la fin de ce message (attention, il y en a deux, un pour les élèves l'autre pour les adultes) et laisse-toi guider !


Particularité et Points défis


Tu as sûrement remarqué qu'on parle de "particularité" dès le début de la fiche. Il s'agit en réalité de choses qui sortent un peu de l'ordinaire (loup-garou, animagus, voyant etc... Voilà la liste complète.) et que nous avons choisi de réglementer, histoire que tout le monde soit logé à la même enseigne. Et oui, l'égalité, c'est important. Sache qu'il n'est pas possible de jouer un personnage spécial en premier compte sauf si c'est un scénario et que sa particularité est précisée dans la fiche.

Ici, ces "dons" s'achètent avec des points défis que tu récupéreras tout au long de ta vie NYLienne en RPant, en participant aux concours ou seulement en étant membre puisqu'on t'en offrira tous les six mois... Alors si jamais tu veux nous jouer un petit vampire, patience, tu finiras bien par l'avoir un jour !


Baguette magique et cours suivis


Tu verras qu'on s'intéresse également à la vie magique de ton personnage. Tu es libre de choisir les composants de sa baguette, néanmoins, si tu n'as pas d'idées voici deux trois petites choses pour te filer un coup de main...

Les baguettes:
 

Pour ce qui est des cours que ton personnage suivra à Poudlard, sache que tu n'as pas le choix en première année, il devra assister à tous les cours obligatoires. En deuxième année, tu choisis seulement s'il continue ou non le cours de vol. C'est là que ça se complique un petit peu. De la troisième à la cinquième année, il suivra tous les cours obligatoires plus deux ou trois options parmi les six proposées. Ne te sens pas obligé(e) de tout marquer à chaque fois, "cours obligatoires" suffit largement pour regrouper la quasi totalité des matières, on comprendra très bien. Et enfin en sixième et septième année, ton personnage gardera entre trois et sept matières parmi celles dont il a obtenu la BUSE (il faut généralement avoir E ou O).

Pour rappel, les cours optionnels sont l'Arithmancie, la Divination, l'étude des Moldus, l'étude des Runes, les Soins aux Créatures Magiques et le Vol.


Histoire et Répartition

La forme que tu donneras à ton histoire est totalement libre. Fais-toi plaisir, tu es là pour ça ! La seule chose que nous attendons (en plus des 300mots demandés) c'est un maximum de détails. Ton personnage a été à l'école moldue, on veut savoir comment ça se passait, il n'y a pas été, on veut savoir ce qu'il a fait à la place, il ne vit pas chez ses parents, on veut savoir pourquoi... Bref, t'as compris le principe !

Pour ce qui est de la répartition (seulement pour les personnages élèves, évidemment), elle doit prendre la forme d'un RP de 300mots minimum, comme tout ceux du forum, et devra obligatoirement s'arrêter avant le verdict du Choixpeau puisque c'est lui qui décidera de ta future maison ! Si jamais tu joues un scénario et que tu connais d'avance là où tu vas atterrir, tu peux mettre la suite de ton RP sous hide ou en spoiler si le coeur t'en dit, on ne va pas t'interdire de nous en dire davantage, tu t'en doutes !

Quant à nos futurs professeurs, on attend un exemple de cours. Qu'importe l'année ou le sujet (tant que ça reste dans la matière souhaitée bien sûr), ton choix sera le nôtre ! Pas de panique, on est pas particulièrement exigeantes ici, on veut juste avoir une petite idée de ce à quoi ressemble ton prof en action.


Fiche ELEVE


Code:
<link href="http://fonts.googleapis.com/css?family=Cookie|Hind:400,300" rel="stylesheet" type="text/css"><center><div class="fondfiche"><div class="titrefiche"><center><center><div style="width: 500px; height: 250px; overflow: hidden; background-image:url(http://i35.servimg.com/u/f35/19/52/27/72/imagev10.png);">
                         
<div class="identimg"><div class="identtexte"><div class=ident>PRENOM est un(e) <b><i>PARTICULARITE ASCENDANCE</i></b>, né(e) le <b><i>DATE DE NAISSANCE</i></b> à <b><i>VILLE DE NAISSANCE</i></b> en <b><i>PAYS DE NAISSANCE</i></b>. D'ailleurs il y vit toujours/ il n'y vit plus puisqu'il a déménagé à <b><i>VILLE DE RESIDENCE (forcément au Royaume-Uni ou en Irlande)</i></b> en <b><i>PAYS DE RESIDENCE (Royaume-Uni ou Irlande uniquement)</i></b>. Aujourd'hui, PRENOM a donc <b><i>ÂGE</i></b> ans et est en <b><i>ANNEE A POUDLARD</i></b> année. Et juste pour ta culture personnelle, sache qu'il a un <b><i>ANIMAL DE COMPAGNIE</i></b> qui s'appelle <b><i>NOM DE L'ANIMAL</i></b>.

Il est bon de savoir que PRENOM est <b><i>QUALITE</i></b>, <b><i>QUALITE</i></b>, <b><i>QUALITE</i></b>, <b><i>QUALITE</i></b> et <b><i>QUALITE</i></b> mais également <b><i>DEFAUT</i></b>, <b><i>DEFAUT</i></b>, <b><i>DEFAUT</i></b> et <b><i>DEFAUT</i></b>. Il/Elle a des goût étranges, par exemple il/elle aime <b><i>CHOSE AIMEE</i></b>, <b><i>CHOSE AIMEE</i></b>, <b><i>CHOSE AIMEE</i></b>, <b><i>CHOSE AIMEE</i></b> ou encore <b><i>CHOSE AIMEE</i></b> alors qu'il/elle déteste <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b>, <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b>, <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b>, <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b> et <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b>.

Sa baguette est composée de <b><i>BOIS</i></b> avec un coeur de <b><i>COEUR</i></b> et mesure <b><i>NOMBRE DE CENTIMETRE</i></b> centimètres. Grâce à elle, PRENOM a le malheur de suivre les cours de <b><i>matière étudiée</i></b>, <b><i>matière étudiée</i></b>, <b><i>matière étudiée</i></b>, <b><i>matière étudiée</i></b>, matière étudiée</i></b>, <b><i>matière étudiée</i></b> et de <b><i>matière étudiée</i></b>.</div></div></div></div>
<div class="nomfiche"> Prénom P. Nom </div><div class="avafiche">feat. NOM DE L'AVATAR</div>
<div class="cadrefiche"><center><b>ET EN VRAI ?</b></center> J'ai <b>ÂGE</b> ans, mais peut-être que tu le sais déjà parce que je suis <b>AUTRE COMPTE</b>, j'ai même dépensé <b>NOMBRE DE POINTS</b> points pour <b>PARTICULARITE</b> de ce nouveau personnage. Je suis arrivé(e) sur NYL <b>FACON DONT TU NOUS AS CONNUS</b> et je devrais être là en moyenne <b>NOMBRE DE JOURS</b> jours par semaine. Avant de finir j'aimerais juste rajouter que <b>PETIT MOT</b>.</div>

<div class="separ"><div class="separtitre">Tout le monde a une histoire</div></div>
<div class="textefiche">raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots</div><br><br><div class="separ"><div class="separtitre">Famille et compagnie</div></div>
<div class="textefiche">décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots  </div></br><br><div class="separ"><div class="separtitre">La première fois ici</div></div>
<div class="textefiche">c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum c'est un exemple de rp où tu raconteras ta répartition en 300mots minimum </div>
<div class="cadrefiche"><center><b>QUESTION DU CHOIXPEAU</b></center> <i>Une personne pas douée tombe dans le lac noir, malheureusement, il/elle est le seul témoin de la scène, que fait-il/elle ?</i> – écrire ici</div><br><br></div></div></center></div></div></center>

Fiche ADULTE


Code:
<link href="http://fonts.googleapis.com/css?family=Cookie|Hind:400,300" rel="stylesheet" type="text/css"><center><div class="fondfiche"><div class="titrefiche"><center><center><div style="width: 500px; height: 250px; overflow: hidden; background-image:url(http://i35.servimg.com/u/f35/19/52/27/72/imagev10.png);">
                         
<div class="identimg"><div class="identtexte"><div class=ident>PRENOM est un(e) <b><i>PARTICULARITE ASCENDANCE</i></b>, né(e) le <b><i>DATE DE NAISSANCE</i></b> à <b><i>VILLE DE NAISSANCE</i></b> en <b><i>PAYS DE NAISSANCE</i></b>. D'ailleurs il y vit toujours/ il n'y vit plus puisqu'il a déménagé à <b><i>VILLE DE RESIDENCE (forcément au Royaume-Uni ou en Irlande)</i></b> en <b><i>PAYS DE RESIDENCE (Royaume-Uni ou Irlande uniquement)</i></b>. Aujourd'hui, PRENOM a donc <b><i>ÂGE</i></b> ans et est <b><i>METIER OU ETUDES</i></b>. Et juste pour ta culture personnelle, sache qu'il a un <b><i>ANIMAL DE COMPAGNIE</i></b> qui s'appelle <b><i>NOM DE L'ANIMAL</i></b>.

Il est bon de savoir que PRENOM est <b><i>QUALITE</i></b>, <b><i>QUALITE</i></b>, <b><i>QUALITE</i></b>, <b><i>QUALITE</i></b> et <b><i>QUALITE</i></b> mais également <b><i>DEFAUT</i></b>, <b><i>DEFAUT</i></b>, <b><i>DEFAUT</i></b> et <b><i>DEFAUT</i></b>. Il/Elle a des goût étranges, par exemple il/elle aime <b><i>CHOSE AIMEE</i></b>, <b><i>CHOSE AIMEE</i></b>, <b><i>CHOSE AIMEE</i></b>, <b><i>CHOSE AIMEE</i></b> ou encore <b><i>CHOSE AIMEE</i></b> alors qu'il/elle déteste <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b>, <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b>, <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b>, <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b> et <b><i>CHOSE DETESTEE</i></b>.

Sa baguette est composée de <b><i>BOIS</i></b> avec un coeur de <b><i>COEUR</i></b> et mesure <b><i>NOMBRE DE CENTIMETRE</i></b> centimètres. Grâce à elle, PRENOM a le malheur de faire sa scolarité à <b><i>ECOLE FREQUENTEE</i></b> dans la maison de <b><i>MAISON SI POUDLARD</i></b>. </div></div></div></div>
<div class="nomfiche"> Prénom P. Nom </div><div class="avafiche">feat. NOM DE L'AVATAR</div>
<div class="cadrefiche"><center><b>ET EN VRAI ?</b></center> J'ai <b>ÂGE</b> ans, mais peut-être que tu le sais déjà parce que je suis <b>AUTRE COMPTE</b>, j'ai même dépensé <b>NOMBRE DE POINTS</b> points pour <b>PARTICULARITE</b> de ce nouveau personnage. Je suis arrivé(e) sur NYL <b>FACON DONT TU NOUS AS CONNUS</b> et je devrais être là en moyenne <b>NOMBRE DE JOURS</b> jours par semaine. Avant de finir j'aimerais juste rajouter que <b>PETIT MOT</b>.</div>

<div class="separ"><div class="separtitre">Tout le monde a une histoire</div></div>
<div class="textefiche">raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots raconte l'histoire de ton personnage en un minimum de 300mots</div><br><br><div class="separ"><div class="separtitre">Famille et compagnie</div></div>
<div class="textefiche">décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots décris la famille de ton personnage en un minimum de 150mots  </div></br><br><div class="separ"><div class="separtitre">La première fois ici</div></div>
<div class="textefiche">c'est un exemple de RP où tu présenteras un cours (que tu pourras réutiliser si tu veux) pour les professeurs ou n'importe quel passage marquant pour les autres adultes en 300 mots minimum c'est un exemple de RP où tu présenteras un cours (que tu pourras réutiliser si tu veux) pour les professeurs ou n'importe quel passage marquant pour les autres adultes en 300 mots minimumc'est un exemple de RP où tu présenteras un cours (que tu pourras réutiliser si tu veux) pour les professeurs ou n'importe quel passage marquant pour les autres adultes en 300 mots minimumc'est un exemple de RP où tu présenteras un cours (que tu pourras réutiliser si tu veux) pour les professeurs ou n'importe quel passage marquant pour les autres adultes en 300 mots minimumc'est un exemple de RP où tu présenteras un cours (que tu pourras réutiliser si tu veux) pour les professeurs ou n'importe quel passage marquant pour les autres adultes en 300 mots minimumc'est un exemple de RP où tu présenteras un cours (que tu pourras réutiliser si tu veux) pour les professeurs ou n'importe quel passage marquant pour les autres adultes en 300 mots minimumc'est un exemple de RP où tu présenteras un cours (que tu pourras réutiliser si tu veux) pour les professeurs ou n'importe quel passage marquant pour les autres adultes en 300 mots minimum</div><br><br></div></div></center></div></div></center>

Voilà voilà ! Je crois que j'ai fait le tour de ce qui pourrait te servir. Maintenant, si tu as encore des questions, n'hésite pas à MPotter l'un des membres du staff, il se fera un plaisir de te répondre ! Et si par malheur ça ne va pas assez vite à ton goût (il paraît que, même nous, nous avons une vie loin des couloirs de Poudlard) passe sur la CB, nos merveilleux membres pourront peut-être te renseigner !

Quoi qu'il en soit, bon courage et au plaisir de te lire très vite !

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MessageSujet: Re: NOEL ♠ Parce que les amis, ça n'apparaît pas comme par magie.   

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NOEL ♠ Parce que les amis, ça n'apparaît pas comme par magie.<
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